AMOR PRO FEMPRO ESA
un autre supérieur. D'ailleurs à notre époque le principe n’a guère joué. Il n’en est pas de même pour les Prêcheurs, qui ont assez souvent tenu leur chapitre dans une ville autre que celle qui était prévue. Chez eux le déplacement est fait par le maître général, avec le conseil du prieur provincial du lieu nouvellement choisi (0.F.P., 1268) et de quelques frères (O.F.P., 1306).
Le lieu ainsi déterminé est celui où se groupent les capitulants. Mais tous les membres d’un ordre sont astreints à certaines prières au moment du chapitre général de sorte qu'il est possible de considérer, à ce point de vue, le chapitre général comme étant célébré dans chaque maison de l’ordre. En cela s’atteste l’unité]| de tous ceux qui militent sous une même règle.
Section II
Membres du chapitre général
La remarque que nous venons de faire s’applique aussi à la composition du chapitre général : tous les membres d’un ordre participant aux prières et aux suffrages du chapitre sont, dans une faible mesure, membres de ce chapitre. On pourrait même dire que les étrangers participent au chapitre général, soit par les secours spirituels qu’ils lui demandent, soit par les secours matériels qu'ils lui offrent. Ils peuvent de plus assister exceptionnellement à certaines séances : c’est ainsi que rois, princes, évêques, pontifes romains sont présents au chapitre cistercien de 1119.
Il n’en est pas moins vrai que le chapitre général est composé essentiellement de certains frères qui se trouvent groupés au lieu assigné pour la réunion. En principe l’entrée de la maison choisie est refusée à toute personne étrangère à l'ordre, et même un certain périmètre autour d'elle peut être consigné. Les hôtes doivent quitter les lieux. Seul, le chapitre général pourrait les autoriser à demeurer, et encore faudrait-il une raison grave, par exemple un grand intérêt pour l’ordre vue la qualité de l'hôte. Il y a deux
raisons à cette rigueur, poussée jusqu’au refus de l’hospitalité, l’un des devoirs le plus rigoureux des moines : les exigences de la discrétion, exprimées fréquemment dans les statuts des chapitres généraux, et la nécessité d'entretenir une assemblée nombreuse et d’y faire régner l’ordre. Pour les mêmes raisons la maison et une zone avoisinante sont interdites à ceux qui, membres de l’ordre, n’ont pas une part active à la tenue du chapitre : escortes et autres religieux. 4
En ce qui concerne la composition proprement dite du chapitre général il y a lieu de distinguer les membres ordinaires et les membres extraordinaires. Parmi les premiers on peut séparer deux groupes : l’assemblée générale et le corps délibérant.
L'assemblée générale a pour principale mission d’attester par son nombre l'importance du chapitre général, d’en relever la solennité. Elle n’est cependant pas inactive car elle participe aux fonctions liturgiques du chapitre. De plus, certains de ses membres peuvent être choisis pour exercer une charge, de secrétaire par exemple ou de juge délégué.
Elle se compose de tout le corps délibérant auquel s’ajoutent d’autres religieux : ceux de la maison où se tient le chapitre général, et, dans les ordres où la province possède une organisation propre, le chapitre de la province où est située cette maison. Elle peut aussi comprendre des évêques 1 et des supérieurs d’un ordre affilié, par exemple les maîtres de la Calatrava?.
Le corps délibérant est moins nombreux, forcément, mais plus important. D'autre part, il ne faut pas prendre ce terme de délibérant dans un sens trop précis : originairement il est exact, mais avec le développement d’un ordre se fait une division du travail qui diminue considérablement le rôle du corps délibérant. Nous lui conserverons néanmoins ce titre, faute de terme plus exact. Nous examinerons successivement qui est membre de ce corps, dans quels cas on peut s’en absenter, comment on peut s’y faire représenter.