chapitre particulier, annuel, des prieurs qui relèvent d’un même abbé
L’admission au chapitre général de certains prieurs atteste la participation des sujets au gouvernement de l'ordre. Mais il ne s’agit encore que de sujets ayant une autorité propre. Au XIIe siècle, au contraire, on voit des sujets participer au chapitre général en tant que sujets. Déjà Grandmont comptait dans son chapitre général, par maison, le prieur et un convers, ce qui se justifiait par le rôle primordial des convers dans l’administration des monastères 1, Les difficultés soulevées par ceux-ci obligèrent à restreindre leur activité, et à les exclure du chapitre général. A l'élection du grand maître de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem prenaient part chevalier, sergent, chapelain, donc à la fois des supérieurs et des sujets?. Saint Dominique développe cette idée par l'institution du triple chapitre, composés l’un des prieurs provinciaux, chacun avec son « socius », les deux autres de délégués des chapitres provinciaux, à raison d’un par province, chacun avec son « socius » ?. Les autres Mendiants adoptent un système voisin. Après avoir été pendant quelques temps l’assemblée de tous les frères de l’ordre, le chapitre général des Mineurs devient, en 1221,uneréuniontriennale composée, après 1239, du ministre provincialet deson «socius », d’un custode et d’un frère élus par chaque province, le ministre et le frère élu ayant seuls l’autorité de définiteur 4 De même les Ermites de Saint-Augustin, après une période d’imprécision, comptent à la fois dans leur chapitre les prieurs provinciaux, et des définiteurs élus par les provinces, auxquels s'ajoutent bientôt des frères qualifiés simplement par leur science 5. Prieurs provinciaux et représentants élus prennent aussi part au chapitre général des Carmes avec le supérieur général, son «socius », le procureur général à la Curie f. Les Servites ont une représentation plus poussée encore puisque leur chapi-
..Cf., supra, p. 113.
. Supra, p. 123.
. Supra, p. 138.
. Supra, p. 147.
Supra, p. 151.
. Supra, p. 152.
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tre général comprend le général, son «socius », les provinciaux, les prieurs conventuels et un ou deux frères élus par chaque maison !.
Ce système prend de l’extension, il est adopté par des moines : Camaldules, Silvestrins, Olivétains forment leur chapitre général à la fois des supérieurs et de représentants de chaque monastère. Il modifie même la physionomie de certains chapitres, par exemple après 1233 le chapitre arrouaisien comprend, à côté des prieurs, des chanoines élus. On peut rapprocher peut-être de ce cas la réforme de Grandmont par Jean XXII qui remplace le convers par un « socius » du prieur, profès et clerc ?.
Originairement le chapitre général représente donc l’autorité; à partir du XIIIe siècle celle-ci est contrebalancée par le nombre: d’aristocratique le chapitre général tend à devenir démocratique. [1 y a deux courants qui se compénètrent plus ou moins. Dans l’ensemble la tendance aristocratique serait plutôt celle des moines, la démocratique celle des mendiants. Ces tendances correspondent d’ailleurs au mode de division des ordres : les ordres monastiques étant des agrégations de maisons, sans hiérarchie, ou bien groupées uniquement par filiations, les ordres mendiants formant une superposition de divisions territoriales ayant chacune son organisation politique propre où se contrebalancent la force de l’autorité et celle de la masse. Humbert de Romans exprime ces idées : «Il y a certaines religions où la discrétion repose presque entièrement sur les supérieurs majeurs, tels Citeaux et autres ; aussi dans ces religions ne sont définiteurs que les supérieurs majeurs. Dans certaines autres religions la discrétion repose sur les prélats et leur nombreux sujets, tels les frères mineurs ; aussi, chez eux, sont définiteurs et les prélats, «ipso jure », et les sujets par élection, en nombre égal. Mais il y a une religion où abonde la discrétion, même chez les sujets, tel chez nous (O.F.P.) ; aussi, chez nous, sont définiteurs non seulement les supérieurs majeurs, c’est-à-dire les provinciaux, mais tout sujet par élection, en plus grand nombre $.
. Supra, p. 154.