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Section III

Procédure

La procédure du chapitre général depuis le moment où il est convoqué jusqu’à sa dispersion a été indiquée au cours du titre II. Nous énumèrerons simplement ses grandes lignes, puis nous examinerons d’un peu plus près quelques questions, notamment celle des présidents.

En principe, le chapitre général n’a pas à être convoqué, lieu, date, membres, étant désignés à l’avance. La convocation ne s’impose que s’il y a changement de date ou de lieu ; il appartient alors au président du chapitre d’y pourvoir. Les capitulants se rassemblent la veille ou le matin de l'ouverture du chapitre, et jusqu’à la fin ils mènent la vie de communauté : c’est un principe établi par la Charte de Charité et rappelé par Benoît XII. Ils partagent leur temps entre l'office, y compris les cérémonies propres au chapitre, les réunions en séance, l'expédition des affaires qui leur sont éventuellement confiées. Le dernier jour est consacré à la lecture publique des définitions. Après la clôture du chapitre chacun retourne chez soi, à moins de n'être astreint à prolonger son séjour, soit pour purger une peine, soit pour terminer une affaire.

La langue employée est le latin, langue de l'Eglise, d’autant plus nécessaire que les capitulants viennent de tous les pays. Pour cette raison on n’élira supérieur que le religieux capable de s'exprimer en latin!. Cette obligation n’a pas été toujours respectée : on est parfois obligé de rappeler que toute discussion, et même conversation, doit être faite en latin ; seul le sermon au peuple, à la fin du chapitre, sera prononcé en vulgaire ?.

Pendant la durée du chapitre, celui-ci est le maître de l'assemblée : il détient toute autorité dans la maison où il est réuni. Par discrétion il laissera le supérieur local diriger

1AOACISL-01242; 2. O.S.B., Angl. Nord, 1290.

Hourlier

sa maison et régler le soin du chapitre, principalement em ce qui concerne les détails matériels. Mais c’est lui, le véritable supérieur ; c’est pourquoi il se permet, par exemple, de renoncer à toute pitance tant qu'il est rassemblé (O. Cist.

1119). C’est lui qui s’assure de ce qu'il n’y a pas d'étrangers dans la maison, qui fait garder les portes, confie la surveillance du sceau, intervient éventuellement pour maintenir l’ordre. Cette idée est particulièrement marquée dans les groupements à supérieurs temporaires, Où Ceux-Ci, Y COMPris le général, remettent tous leurs pouvoirs au chapitre : tels les Célestins, les Olivétains, les Servites.

Entre les divers membres, les questions de préséance sont tranchées par l’obligation pour chacun de se mettre à son rang, que détermine, sauf très rarement décision contraire du chapitre général, la date de création de sa maison, ou de sa province. Il faut remarquer que cette règle s’applique même aux ordres divisés en filiations : ainsi les abbés cisterciens se rangent dans l’ordre chronologique des fondations, et non pas en cinq troupes distinctes : c’est la marque de l'unité de l’ordre.

La durée du chapitre général est fixée par les constitutions. S'il y a lieu de le prolonger, cette décision est prise par les définiteurs, qui restent d’ailleurs très limités. A Citeaux, le chapitre général se tient pendant cinq jours, à Cluny huit jours au maximum, à Prémontré pendant trois jours auxquels peut être ajouté un quatrième. Dans tous les ordres le chapitre général est bref, aussi bien des questions restent à résoudre quand les capitulants se dispersent '. Les définiteurs prolongent alors leur séjour, ou bien une commission est nommée ; souvent l'achèvement des affaires entreprises par le chapitre est confié au général à moins que le chapitre ne les réserve pour la session suivante. Les affaires remises au général présentent un caractère disciplinaire ou judiciaire; ce qui se rapporte à la législation ne lui est laissé que rarement, s’il s’agit par

1. Le dernier jour du chapitre il est demandé que les projets négligés à ce moment soient décidés à Dijon ; une définition y est alors portée, d'autant plus volontiers que la majorité des définiteurs l’a déjà adoptée. O. Cist.. 1268. C’est un fait exceptionnel.

exemple d’une compilation de statuts, de la mise au point d’un livre liturgique, etc.

La brièveté du chapitre général est compensée par le nombre des capitulants, entre qui peut se faire une répartition du travail, du moins en ce qui concerne la préparation des résolutions de l’assemblée. Il semble qu'il se soit établie une certaine spécialisation : nous constatons ainsi en lisant les statuts des chapitres cisterciens que souvent l’abbé de Clairvaux se voit chargé d’enquêter sur une faute et de corriger ; il serait une sorte de pénitencier ; à l’abbé de Morimond sont soumises bien des pétitions, sur lesquelles il devra donner son avis ; de plus il dirige les ordres militaires.

Des commissions sont nommées à divers moments par le chapitre général. Les unes reçoivent la charge de préparer le travail du chapitre : par exemple les cinq premiers et des abbés de leur choix se réunissent tous les ans entre la Pentecôte et la Sainte-Croix pour traiter des affaires de l’ordre (0. Cist., 1209). D’autres sont établies pour étudier certaines question que leur soumet le chapitre. Il s’agit de ces réunions qui terminent les affaires que le chapitre général n’a pas eu le temps d’achever ; elles ont plus d’importance à cause de la gravité de leur objet. Ainsi la décision relative à l'introduction dans une messe de la semaine de l’oraison « Veni Sancte » est confiée à une commission (O. Cist., 1190) ; les cinq premiers et quelques autres abbés reçoivent l’ordre de décider sur la contribution aux frais de croisade (0. Cist., 1200) ; des moines sont nommés pour opérer une mise au point des statuts !. Pendant la durée du chapitre il est aussi constitué des commissions, chargées notamment d'enquêtes et de jugements ; leurs pouvoirs se prolongent aussi longtemps qu'il est besoin.

Indépendamment des commissions, le chapitre général nomme des officiers. Leur nombre se développe et leurs fonctions se précisent au milieu du XITIe siècle. I] doit y avoir toujours eu un secrétaire du chapitre, ne serait-ce que pour écrire les lettres adressées à divers personnages et pour rédiger les définitions. Plus tard, le définitoire a

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