Cf, Marquard Herrgott, Vetus disciplina, p
tenu Charlemagne 1. Les canons de ce synode ressemblent singulièrement à ceux de l’assemblée d'Aix en 817 : les moines doivent connaître la règle en l’apprenant, l’écoutant, la lisant, ils ne doivent pas rester oisifs mais lire les Pères, si possible, et ne pas cesser d’apprendre des psaumes, dans la cuisine travailler de leurs mains et laver leurs vêtements, il est défendu de jouer, qu’on s’abstienne de volailles, etc., comment recevoir les hôtes, qui accepter comme novice, l’abbé doit vivre dans la communauté, tous sont astreints à l'office réglé par saint Benoît, etc. Sa ressemblance avec un autre texte n'est pas une raison suffisante pour nier la réalité du synode : il est assez dans l’esprit de Charlemagne de s’être occupé de cette question, de même qu’il est naturel à son successeur de revenir sur ce point dans une assemblée d’abbés et dans une réunion générale de prélats et de nobles. Ce synode d’ailleurs forme la suite naturelle de la correspondance échangée entre Charlemagne et Théodemar.
Louis le Pieux ne fait que poursuivre l’œuvre de son père. Ses efforts pour le maintien de la discipline par l’organisation du clergé ont trouvé un auxiliaire de première valeur en saint Benoît d’Aniane, continuateur de saint Boniface sur le terrain monastique.
Celui-ci, après avoir vécu à la cour de Pépin et de Charlemagne, s'était retiré à Sainte-Seine, qu'il avait ensuite quittée pour fonder le monastère réformé d’Aniane, d’où il étendait son influence dans une bonne partie de la Provence et du Languedoc. Son passé auprès des grands et son zèle actuel pour la discipline le recommandaient à Louis. L’empereur l’établit dans la nouvelle abbaye d'Inde, près d’Aixla-Chapelle.
Saint Benoît d’Aniane convoque une assemblée, qui se réunit à Aix en 817. Nous ne savons pas qui la composait, le texte ? nous indiquant seulement que des abbés y assistaient en grand nombre. Il est fort probable que c’étaient les abbés réformés du Midi et de la Rhénanie, augmentés de ceux qu'un lien quelconque rattachait à l’empereur ou qui étaient soucieux de conserver la discipline. « Le Mont-
1. T. 14, col. 346 et suiv. Ce synode se serait réuni à Francfort en 794. 2. P.L., t. 97, col. 380.
Cassin, Farfa, Saint-Vincent du Vulturne y furent convoqués, mais on ne voit pas que l'Italie ait subi cette action immédiate de saint Benoît d’Aniane, dont les effets d’ailleurs ne furent ni généraux ni durables »1.
Cette assemblée rappelle avec quelques détails complémentaires divers points de la sainte Règle, spécialement les prescriptions relatives à la vie de l’abbé, et à la vie des moines : dortoir, repas, jeûnes, travail, office, etc.
Quant aux effets de ces décisions, nous ne pouvons pas les préciser. En tous cas il est certain qu’elles n’ont aucune valeur institutionnelle, car non seulement il n’est pas prévu par la suite de semblables assemblées, mais il n’est même pas convenu d’une réunion subséquente.
Cependant, afin de réaliser ce projet d'établir pour le bien de tous les monastères une seule règle, de même qu’il n’y a qu'une seule profession, saint Benoît d’Aniane prend dans son abbaye des moines étrangers, qu'il forme, et qui ensuite propageront ses leçons. D'autre part des inspecteurs, nommés par l’empereur, veillent à l'observation de l’unité des observances. Peut-être même saint Benoît a-t-il fait des visites sur l’ordre impérial et son abbaye a-t-elle joui du titre d’abbaye chef d'ordre ?.
La même année 817 Louis le Pieux avait édicté un capitulaire pris dans une assemblée plus générale d’abbés, de comtes, d’évêques #. D'autres capitulaires carolingiens s’occupent également des monastères ; tous visent principalement le temporel, et aussi l'obligation, pour l’abbé, de vivre dans la communauté, le grand problème étant alors la sécularisation des monastères.
D'autre part saint Benoît d’Aniane incite tous les moines à vivre sous la même règle et d’après les mêmes coutumes. Sans doute l'unification était déjà avancée en cequi concerne la règle, mais la variété des coutumes attestait la diversité de l’origine des monastères. Il cherche l'unification de cellesci dans la concordance des règles.
On comptait jusqu'à 26 règles, dont plusieurs attribuées