Cf., Molitor, t. I, p. 40 et suiv
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au même père ; de quelques unes on ignorait l’auteur. Parmi les principales on peut citer, outre la règle de saint Benoît, celles de saint Pakhôme, de saint Macaire, de saint Basile, de saint Jérôme, de saint Augustin, de saint Césaire, de saint Isidore, de saint Colomba, etc. Saint Benoît d’Aniane se propose de les ramener à l’unité en montrant qu’au fond elles sont semblables, se réduisant toutes assez facilement à la sainte Règle. Les chapitres sont les mêmes : introduction, l’abbé, les instruments de bonnes œuvres, l'office, les fonctionnaires, les fautes et leur correction, les biens, l’infirmerie, les vieillards et les enfants, les repas, les hôtes, le costume, le travail manuel, etc. Souvent l'importance des chapitres correspond; de nombreuses formules et tournures se révèlent identiques. Ces ressemblances ne sont pas pour surprendre puisque les différentes règles ont toutes pour but la mise en œuvre des mêmes principes ; les fondateurs ne se sont pas fait scrupule de se copier.
La « Concordia regularum »! montre qu'il seraït facile à tous les moines d’appliquer la sainte Règle, qu’ils y auraient avantage, étant données son excellence et son universalité, et, par conséquent, qu'ilserait aisé de se conformer partout aux mêmes observances.
La fin du VIIIe et le début du IX® siècles sont donc marqués par un double effort de réforme et d’unification de la vie monastique grâce au concours de l’empereur, d’évêques et de moines. Mais à la mort de saint Benoît d’Aniane (11 février 821) l’œuvre s’arrête. Est-ce manque de circonstances, ou résistance des abbés ? ? Il semble que la première raison doive être préférée. Personnellement, saint Benoît ne fait que donner un enseignement à la fois par la rédaction de coutumes, déclarations, statuts, constitutions, et par l’organisation dans son abbaye de stages pour des moines étrangers ?. Que ces stages aient pu avoir lieu suppose la bonne volonté des abbés. Il est probable que saint Benoît cherchait quelque chose de plus, une union en un corps organisé : le zèle pour la réforme comporte le
1. P\L.,t. 103, col. 394*et Suiv.;"718 et Suiv. 2. Cf., Berlière, Mélanges d'histoire bénédictine, p. 53. 8. Molitor, t. I, p. 42.
désir de garantir l'avenir. Mais il était peut-être en avance sur ses contemporains et, en tous cas, le milieu allait se trouver de moins en moins favorable à la réalisation d’une idée d’unification. L'empire décline, les forces s’émiettent, le cadre de la vie se restreint, l'horizon des esprits se limite comme l’économie, au coin de terre qui nourrit l’individu, en même temps que les monastères sont plus que jamais spoliés par les laïques.
Ce n’est pas que la discipline ne se maintienne pas. Du Languedoc la réforme est passée à Saint-Savin, puis par Saint-Maur de Ganfeuil, Autun, Baume-les-Messieurs, elle ira s'établir à Cluny, d’où elle rayonnera avec une intensité si éclatante. En Picardie saint Adélard (mort en 826) dote Corbie de statuts de réforme, puis fonde un nouveau Corbie, sur la Weser. L'empereur, lui aussi, reste parfois soucieux du maintien de la discipline : en 844Charles le Chauve envoie Loup de Ferrières réformer la Bourgogne. L'Eglise ne le cède pas à l’empereur : les moines font l’objet de décrets de réforme aux synodes de Rome 826, Paris 829, Aix 836, Germigny 843. Mais l'abondance même de ces décrets prouve la décadence. En même temps que les laïques prennent une place exagérée dans les abbayes par le fait de l’église privée et de la commende, les invasions de Normands, Danois, Hongrois, Maures, à la fois dévastent les monastères et désagrègent l'empire 1.
Lorsque nous aurons signalé qu’au IX® siècle l’abbé du Mont-Cassin réunit annuellement les chefs des maisons de sa dépendance et que l'abbé de Fulda de son côté agit probablement de même ?, nous ne pourrons plus rien indiquer comme tentative d'union entre monastères jusqu'à la seconde moitié du Xe siècle.
Après 962 l'empire reprend vie; Otton veut continuer l’œuvre de Charlemagne. S’il place dans les évêchés et dans les monastères des hommes sûrs e t dévoués à sa cause, il ne se préoccupe pas uniquement de politique mais aussi de discipline ecclésiastique. Il ne faut pas oublier que depuis plus de 50 ans Cluny est fondé ; en Bourgogne, en Lorraine, dans