Clément VI
3. Les canonistes du xrve siècle, distinguent les monastères soumis à l’évêque et les monastères soumis au Souverain Pontife, soit immédiatement, soit médiatement. Ceux-ci sont visités par leur supérieur immédiat. — Cf., Imola-Clem., III-10, attendentes.
Hourlier 13
Ainsi la filiation, qui n’a joué jusqu’au début du XII* siècle pour ainsi dire aucun rôle dans l’organisation monastique, concourt avec le chapitre général à diminuer la responsabilité écrasante du supérieur général dans un ordre étendu : avec lui elle devient un élément dans l’organisation de l’ordre. La charge du général est répartie sur chaque abbé père, pour ses filles. Il y a deux institutions qui répondent au même besoin. Aussi l’une d’elles s’efforce-t-elle d'éliminer l’autre : c’est pourquoi le chapitre cistercien restreint l’autorité de l’abbé père en la diminuant et la précisant. Quelque chose de semblable se passe dans l’ordre du Saint-Esprit, où le grand maître est seul visiteur jusqu’à la fin du XIIIe siècle, époque à laquelle un autre visiteur désigné par le chapitre général et révocable à la fois par le chapitre et par le maître, reçoit des pouvoirs tresrétenduss
Comme l’abbé père le chapitre général peut exercer la visite. À Citeaux cette visite ne s’imposait pas, si ce n’est à titre de contrôle supplémentaire. Elle était au contraire indispensable dans les ordres où les monastères sont simplement juxtaposés, sans aucun lien de filiation, bien toutefois que la délation par les abbés voisins ait pu la rendre moins nécessaire. Chez les Chartreux la visite par le chapitre n’est organisée que par Jancelin en 1217, approuvé par le chapitre de 1222 ; auparavant, le chapitre général ordonnait bien des visites, mais accidentellement et, en principe, pour des cas graves. À Cluny la visite annuelle est réglée en 1202 par Hugues V, et complétée par des dispositions ultérieures : les visiteurs doivent être désintéressés ?; ils jurent sur l'Evangile de s'acquitter consciencieusement de leur charge, serment qu'ils se prêtent mutuellement et non à l’abbé de Cluny #; choisis parmi les moines craignant Dieu ils doivent être capables d’exercer une réelle influence #; ils vont deux par deux et si l’un tombe malade le camérier de la province où il se trouve lui donne un remplaçant 5. . Cf, Brune, p. 75.
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