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À Prémontré bien qu'il existe des filiations, le chapitre nomme des visiteurs annuels, appelés circateurs, dont la pratique est antérieure à 1232, car à cette date (23 juin) Grégoire IX recommande de les changer chaque année et de les choisir de telle façon qu’on ne sache pas à l'avance par qui on sera visité. Les Bénédictins et les chanoines réguliers ne formant pas de congrégation particulière nomment dans leurs chapitres provinciaux des visiteurs qui doivent à peine de censuress’acquitter deleurtâche ?, visitant tous les monastères de l’ordre. Iis sont choisis par les présidents, ou par les définiteurs, parmi les religieux de l’ordre avec cette seule condition que nul ne soit nommé, dans l’année, visiteur de son propre visiteur ?. La nomination régulière de visiteurs par le chapitre général s'établit donc au XIIIe siècle : on la trouve d’abord à Prémontré à une date que nous ne pouvons pas préciser, mais antérieure à 1232; elle est adoptée par tous les ordres monastiques, sauf peutêtre à Citeaux, à notre époque, ordre qui se contente de la visite par l’abbé père et ne nomme de visiteurs que dans certains cas avec mandat précis, par exemple d’enquêter sur les perturbateurs des Feuillants et de déplacer les coupables 4, ce qui correspond plus à une commission judiciaire qu’à une visite véritable. Ce développement de la visite par délégués du chapitre est peut-être dû à une influence des ordres mendiants.
En effet nous la trouvons dès le début de ces ordres, car elle devient indispensable lorsque ce ne sont plus les maisons qui figurent au chapitre général, mais les provinces. L'organisation de l’ordre étant plus anonyme le contrôle doit se faire plus administratif. Tout chapitre provincial désigne des visiteurs, à raison souvent d’un par province, accompagné d’un «socius », qui le remplace éventuellement et qui le conseille. Les visiteurs rendent compte au chapitre
1. Cf., Martène, De Antiquis Ecclesiae Rilibus, L. III, col. 922. Les premiers instituts de Prémontré ordonnent la nomination de deux circateurs par province, parce que l’abbé père ne peut pas visiter dans l’année toutes ses filles. Ils corrigent eux-mêmes ou en réfèrent au chapitre général. En cas d'insuccès l’abbé père fera appel à leur office.