O.S.B., Angl. Sud
2. C’est dans l’ordre de Cluny que le chapitre général s’occupe le plus de la situation matérielle des maisons.
3. Il cherche plutôt à le remplacer : vg., il examine le transfert. d’un monastère, O. Cist., 1264, ou l’échange d’une église contre un hospice, O. C1., 1261.
seraient alors simplement juxtaposées sous l'autorité du chapitre général. Mais en fait on trouve toujours une division administrative. La première est la filiation, établie par l’ordre cistercien. Autant que le chapitre général, elle constitue une nouveauté capitale. Avant le XIIe siècle l’essaimement n’établissait aucun lien institutionnel entre monastères. En 1119, sans doute le désir de maintenir dans la congrégation l'esprit primitif de Citeaux conduit à donner de larges pouvoirs à l’abbé de ce monastère sur les abbayes qui sont directement issues de lui, et par la suite sans doute pour disperser le contrôle et l’autorité et les rendre plus efficaces, tout abbé a les mêmes pouvoirs sur les abbayes qu’il à engendrées. Réciproquement, et par esprit de charité, les filles ont une part dans l'élection du père, et les quatre premières filles de Citeaux exercent de plus le contrôle du monastère principal. Dans ce système, le chapitre général n’apparaît pas : il ne lui est pas plus indispensable qu’au système du chapitre général la filiation. Cependant ils ne s’excluent pas, au contraire, ils se complètent : la filiation se place sur le plan de la hiérarchie, le chapitre général sur celui de l’unité ; celui-ci est unique pour l’ordre, commun à tous, sur qui il a directement autorité ; celle-là n’établit de lien qu'entre un petit nombre et présente une série de degrés dérivant les uns des autres depuis le monastère de Citeaux. Ce qu’elle pourrait avoir de trop particulier il le compense par son universalité, elle remédie à ce qu'il a de trop général et de trop éloigné. Tel est le système pratiqué à Citeaux, à Prémontré, au Saint-Esprit.
Nous avons déjà vu que l’autorité de l’abbé père a été diminuée au profit du chapitre général. Néanmoins la filiation a toujours été le mode de répartition des maisons dans ces ordres : les chapitres conventuels mis à part il n°y a pas d’autre assemblée que le chapitre général. Tout autre groupement serait un groupement particulier à une scission de l’ordre : il est interdit. Il dut cependant en être formés quelque uns car la défense est renouvelée !. D'ailleurs, le fait d'habiter une même région, une même province ou un même
NO: Cist 1191; 1301/1842;
état, établit un certain lien, que marque aussi la faculté de ne pas venir tous les ans au chapitre général : il y a des faits, de peu d'importance, qui établissent une solidarité. Le chapitre général est obligé de le reconnaître, c’est ainsi qu'il ordonne à trois abbés d’Angleterre de réunir les autres abbés de ce royaume chaque fois qu'ils le jugeront utile pour décider contre les entreprises qui menacent les libertés de l’ordre 1. Lorsqu'un ordre est divisé en filiations la province tend donc cependant à tenir une place dans son organisation.
A plus forte raison aura-t-elle de l'importance dans un ordre qui ne comporte pas de filiation. Elle y devient le mode normal de répartition des maisons. Il faut d’ailleurs distinguer deux sortes de provinces. Dans certains ordres la province est uniquement une division administrative, établie pour fixer un cadre à l’activité des visiteurs : telles sont les provinces de Cluny ou des Chartreux et les circaries de Prémontré. Ni les unes ni les autres n’ont d'autonomie : les seules autorités qu’on y rencontre sont les visiteurs, qui agissent pour le compte du chapitre général; le chambrier des provinces clunisiennes n’est que le représentant de l’abbé de Cluny et s’il peut réunir les supérieurs de sa province c'est uniquement pour leur communiquer les ordres de l'autorité supérieure.
Dans d’autres ordres, au contraire, la province forme un corps doué, à l’intérieur de l’ordre, d'autonomie. Elle à un supérieur et un chapitre propres. La composition du chapitre général repose sur les provinces. Ce sont elles qui nomment les membres du chapitre (0.F.P., chapitre de définiteurs), ou une partie d’entre eux (0.F.M., etc.). Leur nombre influe donc sur la nature du chapitre général. Frère Elie l'avait compris quand, pour faciliter ses tendances autoritaires, il avait multiplié à l'excès les provinces franciscaines, faisant du chapitre général un corps nombreux mais faible. Aussi le chapitre général a-t-il tout intérêt à fixer lui-même le nombre des provinces d’un ordre ; la pratique de tous les mendiants s’y conforme, et ils se montrent en
LMAOACET. 1240;
principe très prudents et très lents dans la création de nouvelles provinces, les Prêcheurs surtout. Parfois on est particulièrement sévère : chez les Mineurs il faut l’avis de tout le chapitre généralt, et l'approbation du Souverain Pontife ou du cardinal protecteur ?.
Chez les Bénédictins et les chanoines réguliers qui ne forment pas de congrégation la province est l'unité supérieure : son chapitre est général. C’est parfaitement exact puisque les monastères déjà compris dans une organisation commune, d’après le concile de Latran et d’après Benoît XII, ne font pas partie de l’organisation provinciale. La province ne comporte pas de division. Cependant lorsque Benoît XIT eut groupé ensemble bien des provinces établies en 1215 ces nouveaux groupements maintinrent une certaine importance aux anciennes divisions. Leur nom est formé par la juxtaposition des noms des anciennes provinces : par exemple Reims-Sens, Toulouse-Narbonne-Auch, etc. ; parfois le chapitre est tenu alternativement dans l’une et dans l’autre province; les présidents sont pris à chaque session dans chacune des provinces. D'autre part il se forme des unions particulières entre certains monastères, des sortes de confédérations, que le chapitre provincial peut déclarer valides 4 Nous sentons là de ces poussées qui aboutiront au XVe siècle aux congrégations particulières.
La refonte des provinces par Benoît XII coïncide avec le développement des nationalités. Ce ne fut pas sans introduire une idée de nationalité dans les ordres, ce qui présente l'inconvénient de former des unités qui seront attirées par l’état. Les résultats en peuvent être funestes à tous les religieux, particulièrement à ceux qui appartiennent à un ordre. La division en nations n'est pas foncièrement mauvaise. Elle peut avoir des avantages politiques et diplomatiques, tel fut le cas de la création de la province dominicaine de Sicile. Mais elle peut se rencontrer avec des ten-