‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 146 sur 191 · AO PP · texte numérisé non relu

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un vicaire jouit des mêmes droits que le prieur provincial, sauf la confirmation et la déposition des prieurs et des maîtres. Ces subdivisions n'étant guère dans l'esprit de l’ordre elles sont abolies trois ans après leur établissement. L'ordre de Cluny est divisé en provinces, et celles-ci en décanats 1.

On peut encore signaler d’autres divisions dans les ordres. Chez les Mineurs les fondations, assemblées distinctes de la province, ont été supprimées par Innocent IV en 1247. Chez les Ermites de Saint-Augustin les congrégations sont des réunions du chapitre provincial spéciales pour la réception de l’état annuel de la situation économique des couvents. Tout cela n’intéresse qu’indirectement le chapitre général.

En somme il y a donc deux genres principaux de division des ordres : la filiation et la province ; celle-ci a plus que celle-là de liens directs avec le chapitre général. Toutes deux sont établies avant tout pour faciliter le contrôle et le maintien de la discipline. Alors même qu'elles ont une puissance, une autonomie, elles restent soumises au chapitre général.

Si les maisons religieuses et leur répartitition présentent une grande importance pour l’ordre, celui-ci doit également prendre soin de soi-même. Tous les monastères pourraient être prospères et pourtant l’ordre se décomposer. Il doit donc assurer sa vie propre, c’est-à-dire en fait celle de ses organes, supérieur et chapitre généraux. En ce qui concerne le supérieur il n’y a pas de difficulté : lorsque celui-ci est en même temps abbé d’un monastère son existence est assurée ; s’il est uniquement supérieur général, 1l fixe sa résidence, qui peut varier souvent, selon les besoins de la

1. Le décanat voisin de Cluny est visité par les visiteurs spéciaux. O. CI.

visite. Dans un cas comme dans l’autre les ressources lui sont fournies par la maison où il se trouve.

En ce qui concerne le chapitre général il n’en est pas tout à fait de même. Nous avons étudié sa résidence et sa subsistance à propos du lieu de réunion du chapitre. Ajoutons que les frais de route sont à la charge de chaque membre et des maisons où il s’arrête. Mais à côté il y a les frais généraux de l’ordre. Le premier, historiquement, est l’aide mutuelle : si un monastère tombe dans une pauvreté intolérable son abbé intime ce fait devant le chapitre commun et chaque abbé, animé du feu de la charité, se hâte de subvenir à la pénurie de ce monastère dans la mesure des biens qu’à lui-même Dieu a confiés 1. Plus tard les ordres se développent et comme toute l'Eglise poussent leur organisation administrative ; il en découle des frais, les uns émanant de l’ordre lui-même : administration courante, par exemple expédition de lettres; procès devant diverses cours, par exemple contre un prieur récalcitrant ?; représentation à la curie * ; les autres imposés par le Souverain Pontife, taxes de chancellerie surtout # et aussi contributions diverses 5. Les dépenses des «studia generalia » se rattachent à l’une et à l’autre catégories : ils sont des maisons conventuelles, mais leurs ressources s'avèrent si insuffisantes qu'il faut les secourir d’une aide permanente ; celle-ci prend vite le caractère d’une taxe administrative.

Les ressources nécessaires pour faire face à ces dépenses, après avoir été confiées à la générosité de chacun, peu à peu ont été procurées par des contributions obligatoires. En réaction contre Cluny, Citeaux avait interdit tout cens perçu par un monastère sur un autre et d’une façon générale toute imposition. Les subsides pour un monastère détruit ne présentent pas le caractère obligatoire. Mais au début du XIIIe siècle le payement de la dime saladine oblige le chapi-

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