Van Moe, p
conseil et le plus qualifiés ; peu à peu le chapitre ne décide que par compromis donnant toute son autorité audéfinitoire, Surtout à partir du milieu du XIIIe siècle. Néanmoins les définitions sont déclarées prises de l’avis et consentement unanimes, et les actes du chapitre sont revêtus du sceau commun. Le chapitre général est une université, une personne morale. Non seulement il est source de droit, dans les limites que lui donne l'autonomie, mais il exerce aussi le pouvoir exécutif. Lesupérieur général signe bien les actes du chapitre, ceux-Cin’en sont pas moinsexécutoires par eux-mêmes : il signe parce qu'il est le premier du chapitre et non comme organe d’un autre pouvoir. Par ses agents le chapitre général surveille l’ordre entier, se fait rendre compte, contrôle, critique, corrige, dépose. Il exerce toutes les attributions du pouvoir; il gouverne véritablement, comme un chef absolu bien qu’il soit un corps.
Nous pouvons donc donner cette définition : le chapitre général est un corps, composé de certains membres d’un ordre religieux, réuni périodiquement pour en assurer le gouvernement intérieur (en priant, instruisant, fixant ou modifiant les règles, surveillant la discipline, corrigeant les fautes de tous les membres, régissant, souvent directement le peuple et les biens) dans la mesure de l’autonomie ; il possède les moyens d'exercer ce gouvernement grâce à l’autorité, qu'il tient du Souverain Pontife, à des agents, plus ou moins directs, à un fisc.
Il faut bien remarquer que la limite de ce pouvoir est fixée par celle de l’autonomie : l’ordre est un corps dans l'Eglise ; il vit à l’intérieur d’un tout, membre de ce tout. Par conséquent, l'organe directeur de l’ordre se trouve en contact avec des forces extérieures à lui et faisant comme lui partie de l'Eglise. Nous sommes donc amenés à étudier le chapitre général dans le gouvernement extérieur de l’ordre. Historiquement et logiquement cette partie est la seconde parce que le chapitre général est né à l’intérieur de l’ordre ; il entre en relation avec les forces extérieures non par nature mais par conséquence.
1. Cette idée est exprimée dans la Charte de Charité. Elle est commentée par Panormitanus, X-111-35-7 el quod statutum.