‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 17 sur 191 · Molitor, t. I, p · texte numérisé non relu

Molitor, t. I, p

3. Galbraith, The Constitution of {he Dominican order, p. 10.

d'indiquer. 11 arrive qu'un même moine soit placé à la tête de deux monastères indépendants l’un de l’autre. Nous avons vu le cas du bienheureux Richard de Verdun. Le fait n’est pas exceptionnel. Il s'était déjà produit pour saint Columban et pour d’autres. Burchard de Worms veut l’interdire mais ses volontés ne sont pas observées. Cette union personnelle oblige, à la mort de l’abbé, à réunir les deux monastères en un chapitre général qui élira le successeur 1 lorsque l’union ne sera pas brisée par cet événement.

Au cours des Xe, XIe, XIIe siècles les monastères se groupent en « ordres ». Mais l’ordre forme une unité distincte, comme le monastère au début. L’unification de ces ordres entre eux était difficile, car aucune nécessité ni de vie, ni de milieu ne les y poussait. L’isolement cependant n’était pas total : un certain lien se manifestait.

Il était surtout spirituel. C'était un lien de charité, existant entre des monastères ou entre des ordres. Il se traduisait principalement par la fraternité? (fraternitas, confraternitas, familiaritas). Ainsi existait une fraternité entre Reichenau et divers monastères allemands et Flavigny, Saint-Faron, Jumièges, Saint-Germain des Prés, Saint-Denis, Saint-Michel, Monteverde, etc. Cette union n’était d’ailleurs pas réservée aux seules abbayes : il s’en formait entre un monastère et des églises, des cathédrales, des collégiales d’autres religions : Saint-Victor, Prémontré, etc. Entre moines d’une même religion ce lien prenait évidemment plus d'importance.

En général les fraternités avaient pour but principal des prières pour les morts et pour les vivants. Dès qu’un frère décédait un coureur portait son rôle d’abbaye en abbaye et dans chacune on priait pour le défunt « comme pour l’un des nôtres ».

Souvent on se liait par un double traité en vertu duquel on priait pour les frères, célébrait partout la fête du saint patron de chaque monastère, recevait les membres de la fraternité. Par exemple une vingtaine d’abbés de la région

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