‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 18 sur 191 · Molitor, t. I, p · texte numérisé non relu

Molitor, t. I, p

de Reims conviennent en 1131 que tout abbé pourra placer pour de bonnes raisons un de ses moines dans une maison de la fraternité, pourvu qu'il le munisse du vêtement. Ce moine ne sera pas traité comme un hôte, mais comme un fils ; il gardera dans le nouveau monastère le même rang que dans l’ancien. Les raisons de ces déplacements peuvent être un voyage, particulièrement un pêlerinage, ou la convalescence d’un malade, l'amendement d’un coupable, la misère d’une abbaye à la suite d’un incendie ou de guerres.

Il arrive même que soit prévu un contrôle entre abbés. C'est ainsi que l’abbé de Jumiège doit, au moins tous les deux ans, visiter Saint-Evroult. En réalité, les relations sont empêchées par l'éloignement, les occupations, les guerres, les maladies.

Si la fraternité ne crée qu’un faible lien, encore moins important est le rôle du Mont-Cassin dans la formation d’une organisation commune. L'abbé de ce monastère se voit donnée, principalement par la papauté, la prééminence sur tous les autres : au XIIe siècle, il est archiabbé, le premier de tous les abbés d'Occident, tête des Bénédictins. Après lui vient l'abbé de Glanfeuil, qu'Urbain II a remis le 21 mars 1097 au Mont-Cassin. Son abbé est vicaire de l’archiabbé. Anastase IV déclare qu'il ne peut être soumis à d’autre. Il est élu par ses moines et confirmé par l’abbé du Mont-Cassin, à qui il doit tous les cinq ans faire visite!, Ces distinctions honorifiques, de valeur plus ou moins grande, n’ont joué aucun rôle dans l’organisation des monastères entre eux. À une date tardive on se plaisait à revêtir de dignité le monastère fondé par saint Benoît et celui qu’on croyait avoir été créé par saint Maur.

En résumé nous voyons que l'isolement est normal pour les monastères, mais qu'il n’est pas nécessairement total, Des faits épars nous l’indiquent. Les monastères peuvent même avoir entre eux des liens institutionnels : c’est ce que nous constatons en Orient dès le début de la vie cénobitique. En Occident, le lien semble avoir été avant tout spirituel : la charité est le principal fondement des fraternités

Page 1