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normale pour des exempts. Mais elle s'exerce, bien qu'avec certaines limites, chez les religieux non exempts. Entre les uns et les autres, il y a de nombreuses similitudes, qui incitent à supprimer les différences : ayant même organisation que les exempts les religieux non exempts sont entraînés à exclure l'intervention épiscopale.
Deux forces s'opposent donc à la juridiction épiscopale : l'existence d'une organisation propre avec un chapitre ayant autorité à l’intérieur de l’ordre et l'influence de l’exemption. Le pape contrarie d’autant moins ces forces qu'il a intérêt à traiter dela même façon tous les religieux, au moins tous les grands ordres, et qu’il développe son hégémonie. Innocent IT dispense les moines curés de Rebais d'assister au synode (1134) ; il ordonne aux chanoïnes d'Halberstadt de tenir un chapitre annuel qui tranche les différents entre frères, différents dont ne connaîtra l’évêque qu’en cas d’insuccès des supérieurs de l’ordre (1138). Après l'élection de l’abbé, celui-ci demande sa bénédiction à l’évêéque ; au cas de refus de la part de ce dernier il exerce pleinement les fonctions de sa charge s’il a été présenté deux fois par les abbés de l’ordre! et la consécration est faite par l’évêque de leur choix?. Le droit de l’évêque de déposer les abbés passe peu à peu au chapitre général : dans l’ordre de Prémontré Lucius II le confie encore à l’évêque, mais assisté de l’abbé père et de deux autres abbés # ; Hadrien IV le remet au chapitre général seul (1155). Ce droit passe égalelement au chapitre arrouaisien (1233).
Alors même que l’évêque garde sa juridiction celle-ci prend un caractère particulier. S'il visite un monastère les délégués du chapitre triennal le visitent aussi et l’évêque doit faire en sorte que ceux-ci trouvent alors plus à louer qu'à blâmer ; ils sont presque des surveillants de l’évêque. Si le prévôt de Magdebourg néglige d’assister au chapitre de Prémontré l’évêque doit prononcer contre lui une censure, que le chapitre général portera lui-même au cas de négligence de l’évêque, qui se trouve ainsi placé dans la situation
1. Alexandre III pour Citeaux 1169, Innocent III pour Prémontré 1198. 2. 1179, pour Citeaux.