Bernardo Parmensis, X-I11-35-8, eaque
Si le chapitre général concurrence la juridiction épiscopale il ne faudrait cependant pas croire que tous les moines s’en réjouissent. Certains n’acceptent pas la visite par le chapitre : ils ont l'esprit particulariste et préfèrent la seule visite épiscopale, tel l’abbé de Saint-Jacques des Ecossais de Wurzbourg en 12581. D'autres fois l'impuissance du chapitre général, particulièrement en face d’un évêque, tel celui de Durham qui emprisonne le prieur du monastère bénédictin de cette ville, conduit certains à se faire les apologistes de la visite épiscopale ?. Les abbés cisterciens se rendant au chapitre général sont souvent mal reçus dans les abbayes et granges de l’ordre : « la régularité presque automatique avec laquelle ces affaires réapparaissent dans les statuts, et surtout le fait que des formules sont prévues pour résoudre de telles questions, suffit à nous montrer que la désaffection pour la grande assemblée cistercienne n’était pas fondée sur l’orgueil de quelques abbés isolés mais qu’elle s’appuyait sur un mouvement profond d’opinion »#. De plus, l’ordre tend à se diviser en branches rivales 4 Dans tous les groupements on se plaint d’abstensions, nombreuses surtout après la fin du XIIIe siècle 5, et partout l'éloignement atténue beaucoup l'autorité du chapitre général.
Néanmoins les religieux sont le plus souvent partisans d'échapper à la juridiction épiscopale, surtout lorsqu’au XIIIe siècle clergé séculier et clergé régulier se seront affrontés en blocs ennemis$. On peut dire que jusqu’au chapitre général il y a des clercs réguliers ; avec le chapitre général il y a un clergé régulier, solidement organisé. Le développement de la vie monastique et religieuse, et le développement de la monarchie pontificale trouvent leur
I RREB SUUNTO"
2. O.S.B., Angl. Nord, 1300., Cf., Pantin, The general and provincial chaplers of (he english black monks, p. 207.