Cf., Jaffé, n
comme de l'intervention éventuelle des abbés voisins. Cependant une certaine unité est introduite par le triomphe de la règle de saint Benoît, unité que des moines veulent étendre aux observances elles-mêmes. Mais il semble bien que moines, évêques, empereurs et papes aient moins cherché l'unification de tous les monastères en un seul corps que leur réforme en assurant leur indépendance vis-à-vis du siècle, notamment par les règles relatives à l’abbé, et le maintien de la discipline, par les règles relatives aux moines. S'il arrive que plusieurs abbés soient réunis c’est dans le cadre du synode ou sur l’ordre de l’empereur. Ce qui a le plus contribué à l’union des monastères c’est la célébrité de certains qui deviennent, pour un temps, des centres, centres qui exercent une action particulièrement profonde et tendent vers une institution juridique par la réunion de trois conditions : une paix relative dans la chrétienté, un désir ardent de sainteté, un milieu qui s’impose à tous, et particulièrement aux monastères grands possesseurs de terres. Sans le régime féodal nous aurions peut-être eu le chapitre général. En fait il se trouve que c’est lui qui l’a amené : la multiplication des possessions d’un monastère introduit la pratique du chapitre général d’une abbaye, réunion sous l'autorité de leur supérieur commun de tous les supérieurs des dépendances.