LE CHAPITRE GÉNÉRAL ET UNE ÉGLISE RÉGULIÈRE
De même que le chapitre général établit l’unité à l’intérieur d’un ordre on pourrait croire qu'il va tendre à l’unité entre ordres. En effet, tous les religieux ont des intérêts semblables qui permettent de les envelopper tous dans les mêmes critiques et qui les incitent à se liguer pour la défense commune. Par contre il se présente alors un obstacle que ne rencontrait pas l’union entre monastères, la diversité non seulement des observances, mais des règles.
Le chapitre général n’a fait que développer le particularisme des ordres religieux. Alors même que les différences sont peu importantes, il les accentue. L'interprétation qu'il donne de la règle précise l'esprit propre de chaque ordre ; le contrôle de la discipline et la correction qu'il assure font de lui un tout qui se suffit. Tantôt par amabilité pour un autre ordre, tantôt par rivalité, il pose des barrières au passage d’un ordre dans un autre : il se réserve l’acceptation des religieux venus d’un autre ordre et exige son autorisation pour leur confier certaines charges 1. Il interdit les communications avec les religieux d’un autre ordre, défendant d’écouter leurs sermons ? et de converser avec eux ÿ. Les ordres se font une concurrence active et trop de reli-