Ng., O. Cist., 1275, O: Cart
Hourlier 18
gieux sont enclins à critiquer le voisin pour glorifier leur propre idéal.
Cependant le chapitre général est parfois un moyen pour un ordre d’exercer une influence sur un autre. Ce peut découler d’une simple imitation, soit dans les constitutions, soit dans des statuts. Prémontré et Arrouaise empruntent beaucoup à Citeaux, les Prêcheurs à Prémontré, les Ermites de Saint-Augustin aux Prêcheurs, etc. On sait que le chapitre dominicain à l’imitation des Franciscains a adopté la pauvreté volontaire 1. Ce n’est qu’un exemple célébre : les statuts des chapitres généraux montrent d’autres imitations parfois indiquées nettement. L'intervention mutuelle peut aussi découler d’une intervention : ce qui arrive du fait de nombreux délégués apostoliques ; nous avons vu leur importance dans l’histoire du définitoire, particulièrement l’action de frère Humbert de Romans ?.
D'autre part, le chapitre général crée une certaine union entre ordres. C’est avant tout une union de prières. Dès 1142 s'établit une paix fraternelle entre Citeaux et Prémontré : chaque année on fera pour les défunts l’un de l’autre une commémoration et office solennel. Pour les Prêcheurs et Mineurs envoyés en Orient, on récitera les sept psaumes 5. Une association de prières est prévue entre Citeaux et les Franciscains 4, entre Citeaux et Cluny 5. La charité peut être poussée plus loin : les frères prêcheurs seront reçus et traités comme des membres de l’ordre. On n’acceptera des membres de l’autre ordre que d’un commun accord; on ne construira pas de monastère à moins de quatre lieues l’un de l’autre ; on n’exigera ni ne recevra de dîmes l’un de l’autre ; tous les conflits entre monastères des deux ordres qui ne seraient pas vidés par les abbés respectifs seront confiés aux chapitres généraux, mais la pénitence sera laissée à l’abbé propre, si ce n’est les restitutions à faire et une humiliation aux pieds de l’autre abbé 7.
TH ONFÉPS41220:
Cf., supra, p. 266.
HO MCIS(., 1245:
. O. Cist., 1267.
OICIST.. 1280:
MOSEES A%°1326:
. O. Cist., 1142 : confraternité avec Prémontré.
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Le chapitre général établit même, dans une faible mesure, le lien des observances communes. Celles-ci s’introduisent dans la liturgie par la célébration des saints d’un autre ordre, par exemple Citeaux fêtera saint François et saint Antoine ! et les Mineurs saint Bernard ?. De plus, on trouve dans tous les ordres des prescripions similaires relatives à l’'Eucharistie et au culte de la Vierge#.
L'unité de doctrine tend à se faire entre certains ordres par l’adoption de la théologie de saint Thomas, que préconisent bien des chapitres généraux. Et saint Thomas luimême, par son séjour au Mont-Cassin, avait emprunté aux Bénédictins, notamment la théorie de l'humilité, donc l’obéissance 4. *
Les règles se compénètrent plus ou moins par l’activité législatrice du chapitre général.
L'institution des conservateurs des privilèges permet à un ordre d’en aider un autre : sans aller jusqu’à l’aide financière il peut y avoir des services rendus.
Le chapitre général est donc amené à établir en diverses circonstances certains liens entre ordres.Le pape y concourt, qui traite tous les religieux de façon similaire. Mais tous comptes faits, les différences l’emportent de beaucoup, moins par les institutions que par l'esprit de chacun. D'’ailleurs il y a bien souvent des causes de rivalité, et même de discorde, émanant les unes des religieux, les autres du Souverain Pontife. Par exemple Alexandre IV en 1261 charge les Prêcheurs et les Mineurs d'Angleterre de relever dans tous les diocèses les Eglises appropriées par des monastères, avec leurs revenus, l’existence de vicaire perpétuel et ses appointements5. Les Mendiants, dont les recrues se font moins nombreuses, cherchent à attirer des moines 6. Le chapitre général ne conduit donc pas à l'unification de tous les réguliers en un seul ordre.