‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 21 sur 191 · Berlière, L'ordre monastique, p · texte numérisé non relu

Berlière, L'ordre monastique, p

Dieu, Saint-Robert ; Lérins et Marmoutier deviennent Clunisiens. Par Fleury, Cluny, qui a réformé la Normandie, étend son action en Angleterre et en Allemagne. Eisiendeln adopte les coutumes de Fleury, qui sont ensuite répandues par saint Wolfgang et saint Emmeran. A la prièrede Léon IX Einsiedeln rétablit la discipline à Hirsau et en relève les ruines ; en 1077 le légat Bernard de Saint-Victor conseille à l’abbaye les coutumes de Cluny, où des moines d’'Hirsau vont faire un stage ; ils reviennent avec le coutumier d’Ulrich que, d’après l’avis de saint Hugues, ils appliquent d’abord à l'essai, bénignement, en l’adaptant aux mœurs de la région !. Ces coutumes sont adoptées dans un grand nombre de monastères qui forment une confédération sans cependant jamais arriver à une véritable organisation hiérarchique. D'ailleurs «à la mort de Guillaume de Hirsau l’'individualisme reprend le dessus, les liens se relâchent, l’idée de congrégation est abandonnée »?.

Ces monastères ne sont pas liés à Cluny mais ils offrent le spectacle d’une certaine unité grâce à l’observation de mêmes coutumes.

A côté de ces abbayes demeurées indépendantes beaucoup d’autres se sont rattachées à Cluny. Jean XI avait en effet accordé à saint Odon le privilège de retenir les moines venus d’une abbaye qui ne voulait pas se laisser réformer et prévu que les abbayes réformées par lui resteraient soumises à Cluny. D'autre part Cluny était soustrait à l’ingérence du siècle grâce à la charte de fondation qui établissait la libre élection de l’abbé et la protection romaine. Sans doute, celle-ci était-elle discutée par les évêques et dans son principe et dans sa mesure ; il n’en est pas moins vrai que « l'étendue exceptionnelle des privilèges de ses moines … avait eu pour effet de décider quantité d'établissements monastiques à réclamer l’affiliation à la maison mère : plutôt que de jouir d’une autonomie théorique, sans cesse menacée par les entreprises des seigneurs ou des prélats à leur dévotion, la plupart préféraient se laisser absorber par

Page 1