‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 31 sur 191 · Ibid., p. 303 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., p. 303 et suiv

laquelle devra se soumettre l’abbé de Tintern s’il ne se présente pas l’année suivante (c.g.1277) ; l'abbé de Superado, absent depuis six ans, est déposé (c.g.1279). Une maladie survenant en cours de route n’est pas toujours une excuse : si un abbé dispensé de venir à Citeaux tous les ans tombe malade à l'intérieur de l’aire formée par les quatre premiéres filles, il devra néanmoins poursuivre son voyage dès rétablissement, et pousser jusqu'à Citeaux. L'abbé malade doit envoyer un délégué qui le second jour du chapitre atteste par serment la réalité de l’'empêchement. Il n’a pas d’autre rôle. Petit à petit cependant le délégué devient représentant et participe au chapitre, du moins partiellement. C’est d'autant plus facile que l’usage s’introduit de se faire excuser par un abbé voisin. On peut également s’excuser par lettre ; cette possibilité n’est accordée qu’aux abbés dispensés du déplacement annuel qui tombent malades l’année de leur voyage (c.g.1183), à condition qu'ils habitent au delà des Alpes, ou en Hongrie, Pologne, Espagne (c.g.1184). Tout autre excuse est rejettée, par exemple le fait d’être détroussé en route (c.g.1204), la destruction du monastère, la guerre, les dettes (c.g.1184), la pauvreté (c.g.1252) !. Cependant le chapitre est amené à tenir compte des cas de force majeure ; il n’applique pas toujours le maximum de la peine ; c’est le cas pour un abbé de Bebenhausen à qui son célerier refuse les moyens d'entreprendre le voyage (c.g.1217). D'autre part ils’incline devant la volonté ou le désir du pape de retenir un abbé auprès de sa personne, mais il faut que l'initiative émane du Souverain Pontife, il est interdit de la solliciter. Par contre, il n’est pas admis qu’on puisse rester auprès d’un prince, être retenu par lui. A plus forte raison est-il interdit de le demander. L'abbé de Zuetela que leduc d'Autriche empêche de se rendre à Citeaux se voit infliger six jours de peine légère (c.g.1190). Aucun évêque ni archevêque ne peut défendre d’aller à Citeaux et tout abbé qui se soumettrait à une telle défense serait puni, tel l’abbé de Cercamp (c.g.1190). D'une façon générale les cas de force majeure sont examinés par le chapitre et

2. Cependant le chapitre général accorde des dispenses pour raison de pauvreté, vg., O. Cist., 1267 etc.

quelques fois admis ; il est cependant infligé presque toujours une peine, ne serait-ce qu’à titre d'exemple ou dans le but de rétablir un ordre détruit par l’empêchement ?. D'ailleurs les malheurs des temps obligent le chapitre général à une indulgence de plus en plus grande ?.

Saint Etienne Harding n’avait pas prévu depeine:ildemandait simplement de se montrer très sévère. En 1157 la punition fut précisée à la perte de la stalle, et au jeûne au pain et à l’eau chaque sixième férie jusqu’à ce qu’on soit venu à Citeaux, ou dans tout autre lieu fixé par le chapitre général, souvent Clairveaux. Elle était dénoncée au délinquant par un abbé voisin qui recevait cette mission, par le visiteur, par l'abbé père. Lors de la visite annuelle tout frère avait le devoir de dire si l’abbé s’était soumis à la condamnation ; au chapitre général tout abbé devait proclamer ce qu'il savait à ce sujet. Souvent la punition était aggravée de trois ou six jours de peine légère. Elle augmentait en cas de récidive ou de contumace, et pouvait aller jusqu’à la déposition (c.g.1205). L’excommunication était fréquente. Avec la diminution de la ferveur, la déposition est de plus en plus rare, souvent remplacée après 1282, par l’amende du double des frais de voyage, prononcée, à partir de Benoît XII, sous menace de censures allant jusqu’à l’'excommunication.

Malgré la rigueur des règles fixées par le chapitre général et toutes les peines prévues les absences se multipliaient. En 1200 l’abbé de Ferrara n’était pas venu depuis son élection soit dix ans *. En général les abbés éloignés se souciaient le moins d'entreprendre les dépenses et les fatigues d’un voyage assez long. Les dispenses données à certains les y encouragaient. De plus le contrôle était difficile : la dénonciation était bien imposée aux moines du couvent, aux visiteurs, aux abbés pères,sous menace de peines très graves, ce qui prouve qu'ils ne le faisaient pas. Parfois des moines allaient Jusqu'à prendre le parti de leur abbé contre le chapitre général 4. Dès la seconde moitié du XIIIe siècle le

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