‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 40 sur 191 · Berlière, Mélanges d'Histoire bénédictine, p · texte numérisé non relu

Berlière, Mélanges d'Histoire bénédictine, p

SAC P TA 82 Cole

4. Berlière, op. cit., p. 31.— Guilloreau, Chapitres généraux de Saint-Aubin el Saint-Serge d'Angers, p. 6 et Hefele Leclercq, t. IV, 1re partie, p. 694.

leur ordre, se rendraient indépendants. On sait qu’une des difficultés de Cluny était justement les poussées d’émancipation de plusieurs abbayes de sa dépendance. Mais l’année suivante Matthieu d’Albano cessait d’être légat ; il ne pouvait plus empêcher les réunions projetées, qui, en fait se tiennent, peut-être, dès 1131.

C’est à la première de ces réunions, celle de Soissons (peu après octobre 1131) que saint Bernard écrit tous ses regrets de ne pouvoir pas être présent, de corps, et adresse tous ses encouragements 1. De semblables assemblées ont lieu probablement chaque année. Le 17 novembre 1135 Innocent II à son tour encourage les abbés, les félicite, promet de « ratifier par la suite ce qu'ils tenteraient d’un commun accord pour la conservation de l'institut monastique et pour l’amendement des frères ». En 1155 le chapitre général des moines noirs écrit à Adrien IV au sujet de la déposition de l’abbé de Latigny, lui demandant de donner force à leur union, qu'Innocent avait confirmée par un privilège t. Nous ne pouvons pas suivre plus loin ces réunions.

Il y a donc dès la première moitié du XIIesiècle une assem blée provinciale d’abbés bénédictins, rattachés entre eux par une commune sympathie à l’égard de saint Bernard, qu'ils vont jusqu'à inviter à assister à leur chapitre général. Elle intéresse Cluny par le nombre de Clunisiens qui en font partie ; peut-être a-t-elle accéléré l’adoption du chapitre général par cet ordre. Les abbés de la région de Reims légifèrent en commun, chacun pour son abbaye, car ils ne sont pas liés en un corps unique ayant autorité propre. Pour la même raison leur groupement n’a pas de pouvoir exécutif : chacun est soumis au pape ou à l’ordinaire selon qu'il est ou non exempt. Il en découle l'obligation de se mettre d’accord et de demander à l’autorité pontificale de corroborer les délibérations. La diversité d’opinions ou la nonchalance d’un abbé enlèvent au chapitre toute efficacité. Cependant il y a plus qu’une simple fraternité de prières, et de secours

Page 1