Mittarelli-Costadoni, t. 5, p
ont dû être tenus dans l'intervalle car il est alors déclaré qu’à l'avenir ils seraient annuels et non plus comme on le pratiquait, triennaux avec des chapitres particuliers entre deux ; de plus à cette date des visiteurs ont destitué un prieur : leur activité pourrait supposer la réunion du chapitre général.
Dans ce chapitre le cardinal protecteur semble avoir joué le principal rôle ; il fait simplement confirmer par l'assemblée les décrets de réforme qu’il a préparés. Ceux-ci portent sur la fréquence du chapitre général, sur le mode d’élection des définiteurs, sur la correction du prieur général, sur le recours au cardinal protecteur contre les décisions du général et du chapitre, sur les règles de la visite.
De ce qui précède il faut peut-être conclure que de 1239 à 1271 le chapitre a fonctionné mais avec difficultés.
Par la suite il a dû être tenu d’une façon régulière car les Annales en font souvent mention, surtout pendant la première moitié du XIVe siècle, à cause, semble-t-il, de l’action du prieur général Bonaventure et de son successeur jusqu’en 13781. Le lieu est variable : Campomaldoli, Bologne, Florence, Pise, Faenza, etc. La date n’est pas toujours le dimanche dans l’octave de l’Ascension, mais elle ne s’en écarte pas beaucoup. L’assiduité à venir au chapitre général ne semble pas avoir été très grande ; c’est ainsi qu’au chapitre de 1328 sont présents quatre abbés, un prieur, deux moines. D'autre part, le Saint-Siège désigne souvent luimême des visiteurs, par exemple en 1287 et en 1328. Il est vrai qu'il faut tenir compte de l’état d’effervescence dans lequel vit l'Italie durant tout le Moyen-Age. Il ne faut pas non plus négliger l'importance du cardinal protecteur qui, s’il peut veiller à la tenue du chapitre général, n’en diminue pas moins la nécessité de celui-ci. De plus les Camaldules n'ont jamais formé un groupement très nombreux.
Mais ce qui fait l'importance relativement faible du chapitre général des Camaldules est la grande autorité du supérieur général. Au temps de saint Pierre Damien tous les
2. Voici d’après Mitarelli, t. 4, 5 et 6 les dates des chapitres généraux, 1239, 1271, 1272, 1280, 1299, 1307, 1311, 1317, 1328, 1332, 1338, 1343, 1351, 1355, 1360, 1366, 1378, etc.
monastères ne faisaient qu’un, mettant leurs ressources en commun; ce n’était qu'une disposition transitoire, chacun devant reprendre ses biens à la mort de Pierre. Mais les rapports restent étroits.
En 1113 nous voyons Pascal IT prendre les Camaldules sous sa protection, en tant que congrégation. C’est la première fois que tel fait se produit. Le pape parle alors d’une seule tête et d’un seul corps !. Et cependant les monastères de cette congrégation gardent chacun son individualité propre ; il n’y a pas comme à Cluny d’absorbsion par l’un d’eux. Le prieur de Campomaldoli est le chef ; voulant se soustraire en 1271 à son autorité, le couvent de Saint-Savin invoquera une bulle d'Alexandre IV lui reconnaissant le droit d’élire un abbé sans confirmation par le prieur des Camaldules et le rattachant directement au Saint-Siège. À la même date les décisions du prieur général, comme celles des définiteurs, ne sont susceptibles que du seul recours au cardinal protecteur ?. C’est ce supérieur général que le chapitre de 1311 choisit tout naturellement comme procureur général pour les affaires de l’ordre devant le Souverain Pontife et autres juges ?.
Comme l’abbé de Cluny le supérieur des Camaldules jouit donc d’une grande autorité. Mais le chapitre général, introduit dans l’ordre par l'acceptation de tous, ne présente pas le même caractère de contrepoids, il serait plutôt un organe de centralisation et de cohésion, sans doute parce que l’ordre est moins étendu.
Les constitutions de Vallombreuse sont assez voisines de celles de Cluny et des cloîtres réformés d'Allemagne 4. Il est donc probable que les monastères qui les suivent ont connu de bonne heure le chapitre général. En tous cas la bulle d'Alexandre IIT du 20 avril 1176 nous prouve l’existence d’un supérieur commun et d’un chapitre de l’ordre. En effet aucun moine ne peut être déplacé sans le consentement de l’abbé et de la congrégation. Vallombreuse est