‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 56 sur 191 · C£., R.B., t. 19, p. 380ket suiv · texte numérisé non relu

C£., R.B., t. 19, p. 380ket suiv

En fait l’observation de la bulle « Summi Magistri » laisse toujours à désirer. On ne trouve pas de chapitre en Italie, peu en Allemagne et en Espagne, quelques uns en Bohême, Hongrie et dans les provinces de Rouen-Tours, Canterbury-York, Lyon, Reims-Sens, et surtout Toulouse- Narbonne. La pratique du chapitre provincial se heurte à trop de résistances. Les unes proviennent des moines euxmêmes : trop souvent les abbés sont impuissants à appliquer les statuts de réforme, ou ils ne le veulent pas, ni non plus se donner le mal de tenir les réunions prescrites, de surveiller et corriger ; il y a bien des abbayes florissantes, un renouveau de la discipline se manifeste, mais le chapitre est en général inefficace : ses ordres ne sont pas observés, les peines qu'il inflige éludées ; les présidents n’ont ni autorité ni moyen de contrainte. D’autres résistances viennent de la part des souverains, tels le roi d'Angleterre et Louis de Bavière. De plus, le territoire de certaines provinces est trop petit : c’est le cas pour l'Italie où, en outre, il y a de nombreuses congrégations particulières 1.

La législation de Benoît XII marque donc un progrès sur celle de ses prédécesseurs ; elle n’est pas parfaite, et guère efficace. L'état général de la société, et particulièrement de l'Eglise, à la fin du XIVe siècle ne pouvait pas favoriser l'application de mesures relativement nouvelles, pas encore assimilées par les Bénédictins, alors qu’à la diminution de zèle de certains s’ajoutaient les malheurs de la guerre, des épidémies, du schisme. Plus tard, dans une époque plus favorable, le chapitre provincial prendra une plus grande activité ; l'œuvre des papes du XIIIe et du XIVE siècles n’aura pas été vaine ; grâce à eux existe une institution qui se révêlera utile avec le concours du temps et des circonstances.

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