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AUTRES ORDRES MONASTIQUES

Nous avons vu, sous son aspect matériel, le chapitre général cistercien. Puis nous avons indiqué comment cette institution fondamentale de la nouvelle branche de l’ordre de saint Benoît a été adoptée par l’ancien tronc et par les rameaux qui en sont dérivés. Pour être complets, il nous faut maintenant étudier d’autres groupements qui se considèrent aussi comme des fils de saint Benoît malgré les particularités de leur vie, qui donnent à chacun sa physionomie propre : nous allons suivre le développement du chapitre général dans les ordres des Chartreux, de Val-des-Choux, de Grandmont, et quelques autres.

Section I Les Chartreux

Le monastère de la Grande-Chartreuse, fondé quelques années avant Citeaux devint également le centre d’un groument orienté vers l’austérité et surtout vers l'isolement, allant jusqu’à l’érémitisme pratiqué dans une large mesure. L'ordre se développa moins vite et moins abondamment que Citeaux ; autant que lui il resta cohérent. Saint Bernard y fut sans doute pour beaucoup : nous n’avons pas à décrire la sympathie qu’il portait à saint Bruno et à ses moines, il

nous suffit de savoir qu’elle était vive, qu’elle fut marquée, entre autres, par un séjour à la Grande-Chartreuse en 1123.

C'est vraisemblablement en 1142 qu'a été célébré le premier chapitre général à la Grande-Chartreuse. Auparavant des prieurs avaient déjà demandé instamment au bienheureux Guigues et à son successeur Hugues la tenue d’un chapitre annuel de l’ordre. Guigues mourut sans avoir pu réaliser une idée utile à la conservation de la discipline, et Hugues ne l’osa sans doute pas. Après la démission de celui-ci son successeur, saint Antelme, acquiesça, à la demande des cinq prieurés les plus célèbres et, après consultation de l’évêque de Grenoble et de ses propres moines, il exigea que tout prieur obtienne de son évêque le libre pouvoir de se soumettre à un chapitre général, et de son monastère la promesse d’obéir en toutes choses aux décisions de ce chapitre généralt.

Ainsi fut fait. Le chapitre se tint probablement en la fête de saint Luc. Jusqu'alors les Chartreux n’avaient pas de règle ?, 1ls étaient simplement régis par la loi de l’'Evangile. Celle-ci étant insuffisante pour prévoir tous les détails de la vie monastique des coutumes s’établirent sous la direction de saint Bruno. Guigues les rédigea ; en 1142 elles sont reçues officiellement et confirmées ; nul ne pourra plus y changer quoique ce soit sans l’assentiment du commun chapitre. En même temps est créé le « chapitre privé », c’est-à-dire le pouvoir pour le prieur de la Grande-Chartreuse de convoquer en son conseil autant de prieurs qu’il le jugerait nécessaire selon les circonstances #.

Le second chapitre général eut lieu en 1143. Ensuite on en perd la trace jusqu’en 1155. Cette interruption peut s’expliquer par le fait que tous les prieurs n’ont pas immédiatement obtenu les lettres exigées de leur évêque par saint Antelme 4: denouvelles maisonsétant fondées, elles devaient, pour participer au chapitre général, demander à l'ordinaire le libre pouvoir de se soumettre au chapitre; si elles ne

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