Berlière, L'ordre monastique, p
pour le repas et la prière à certains jours solennels, ce qui faisait un convent très important étant donnée la multitude des disciples de ce saint.
Saint Pakhôme exerce une autorité suprême sur tous les monastères qui suivent sa règle. De plus, il institue des réunions générales au moment de Pâques et en août à Schénisite, transférées ensuite à Peboou. Les monastères forment une congrégation avec un supérieur général, des assemblées, une administration centrale.
Saint Basile demande que les supérieurs des communautés se réunissent en des temps déterminés, dans des lieux fixés à l’avancet.
Ces quelques indications nous permettent de penser que dès le début de la vie cénobitique il existait un certain lien entre les divers groupes de moines soumis à une même règle et de considérer le futur chapitre général comme faisant partie, dans une certaine mesure, de l’essence même de cette vie.
Les institutions monastiques pénètrent en Occident aux IVe et Ve siècles soit sous la forme de clergé régulier avec saint Eusèbe de Verceil, soit sous la forme de vie cénobitique avec saint Martin à Ligugé (après 359) et à Marmoutier (372), saint Honorat à Lérins, Sulpice Sévère à Primuliac (vers 410), Cassien à Marseille (418), saint Romain à l'Ile Barbe puis à Condat. Ces monastères sont trop nouveaux et trop peu nombreux pour que s’établisse entre eux un lien organique alors qu'ils sont créés par des personnages différents, que leurs coutumes ne sont pas identiques, que leur activité s’exerce sur des objets divers.
Au VIesiècle les monastères se multiplient : on en compte environ 200 en Gaule, mais aucune notion d'ordre n’apparaît ; ils constituent chacun un établissement isolé, unique.
Une place à part doit être faite aux moines des îles.
En Irlande, il n’y a pas de clergé séculier, ce qui explique en partie le caractère indépendant des réguliers de ce pays, même vis-à-vis de l’évêque de Rome, en même temps que