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forces qui sur certains points se sont conjuguées pour donner naissance aux ordres militaires. À ce sujet, Citeaux joue un rôle de premier plan : les chevaliers de la Calatrava, d’Alcantara, de Montesa, d'Avis, du Christ, de Saint-Maurice, de Saint-Lazare comptent parmilesfilles de Morimont 1. Le Temple est également soumis à la règle de saint Benoît.
Or la nécessité de défendre des territoires, raison d’être de ces ordres, les conduit à établir une hiérarchie très disciplinée. La cellule est la commanderie ; les commanderies se groupent en priories, celles-ci en grandes commanderies, dans l’une desquelles vit le grand maître de l’ordre.
Les hospitaliers soumis à la règle de saint Augustin ont une organisation semblable. C’est le cas des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. A chacune des divisions de l’ordre correspond un chapitre : chapitre dominical de la commanderie, groupant tous les chevaliers, chapitre annuel de la priorie, réunissant théoriquement tous les chevaliers de la commanderie chef ; au sommet, le chapitre général rassemble tous les chevaliers de l’ordre, mais pratiquement ne vont se joindre aux chevaliers du centre de l’ordre que les grands dignitaires et quelques notabilités. Le chapitre général a pour mission d'’élire le grand maître et de pourvoir au bien de l’ordre en faisant des statuts obligatoires pour tous. Il est procédé à l'élection du grand maître de la façon suivante : le chapitre général élit un président qui choisit un chevalier, un sergent, un chapelain ; ceux-ci s’adjoignent un quatrième membre, les quatre un cinquième, et ainsi de suite jusqu'à treize membres, chargés d’élire le supérieur de l’ordre ?.
De Citeaux le chapitre général est donc passé aux ordres militaires et hospitaliers. Avec l’organisation territoriale très poussée et très hiérarchisée de ces ordres il prend un aspect nouveau : il groupe moins les maisons de l’ordre que
1., Cf.,Domni Gasparis lengelini, Origines ac progressus abbatiarum et equestrium militiarum ordinis cisterciensis.
2, Cf., Galbraith, p. 17 et suiv. — Voir aussi J. Delaville Le Roux, Mélanges sur l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Paris, 1910. D’après les Statuts de Saint-Jean de Jérusalem, p. 9 des chapitres généraux auraient été tenus avant 1181.
les priories, cadre provincial qui groupe déjà un certain nombre de commanderies.
Saint-Esprit.
L'ordre du Saint-Esprit se fonde à la fin du XIIe siècle, alors que l'institution du chapitre général est déjà développée et appliquée par des hospitaliers. Son organisation est donc pour ainsi dire tracée à l’avance.
Le chapitre général, annuel, comprend les commandeurs des maisons magistrales et les recteurs des maisons filles ou leurs délégués. Le centre de l’ordre établi à Montpellier est bientôt transféré à Rome. C’est donc en cette ville que se tient le chapitre général. Mais d’autres chapitres, égalelement appelés généraux, sont réunis dans d’autres villes : Montpellier, Besançon, Auray. Ce ne sont pas des chapitres provinciaux, puisque l’ordre est divisé en filiations et non en provinces ; on y suit la procédure du chapitre général, dans le même but. Ce seraient donc des sortes de démembrements du chapitre général de l’ordre, bien que seul le chapitre tenu à Saint-Marie de Saxe à Rome soit le véritable chapitre commun. La difficulté vient peut-être d’une confusion entre le chapitre général proprement dit et le chapitre des filiations 1.
Saint-Antoine.
Les Hospitaliers de Saint-Antoine relevaient primitivement de moines bénédictins venus de Montmajour pour desservir le prieuré et l’oratoire de Saint-Antoine. Peu à peu les Hospitaliers, chargés du soin des malades, prennent le première place pratiquement. Il en découle des conflits au sujet de la direction spirituelle comme de l'administration temporelle. Le légat Etienne de Tournai tranche la question en donnant une large indépendance aux Hospitaliers, de qui il précise la situation par des statuts de 1202. D'après ces statuts, les Hospitaliers se