Le Paige, p
appel si ce n’est devant le Saint-Siège. C’est lui aussi qui prépare les définitions.
Celles-ci acquièrent leur pleine valeur par l'approbation pontificale. À son défaut, les nouvelles constitutions n’obligent qu'à la condition d’avoir été acceptées par trois chapitres généraux consécutifs !. Elles sont scellées du sceau du chapitre, gardé sous quatre clés et confié pendant la durée du chapitre à un chanoine désigné par l’abbé de Prémontré et les définiteurs. Les définitions sont ensuite adressées aux circaries ; tous les mois elles doivent être lues dans chaque monastère soit à table, soit au chapitre.
C’est d’après ces règles qu’a fonctionné le chapitre général de Prémontré. L'ordre se trouvant relativement localisé il était facile de s’y rendre : c’est une des raisons de sa tenue régulière. Cependant il faut noter deux tendances centrifuges. En 1186 est adressée aux abbés de Saxe une sommation d’assister au chapitre général ?. En 1220 ils persistent à s'abstenir d’y participer. Ils sont encouragés par le prévôt de Magdebourg qui se considère comme le successeur de saint Norbert, sous prétexte que celui-ci est mort archevêque de cette ville. Les abbés de Saxe se sont permis de modifier le régime alimentaire et l'habit ; ils prennent le parti de l’antipape. Des arbitres présidés par le légat se réunissent à Metz, ce qui aboutit en 1224 à une transaction: tous les abbés de Saxe, sauf le prévôt de Magdebourg, rendront hommage à l’abbé général, sans préjudice des coutumes et privilèges de leurs maisons ; tous iront à Prémontré, au chapitre général, tous les trois ans ; à trois jours de Prémontré ils prendront l’habit commun de l’ordre ; le prévôt de Magdebourg fera exécuter en Saxe les sentences du chapitre général. S'il n’assiste pas aux réunions du chapitre il encourra les censures de l’archevêque, et à son défaut, du général de l’ordre ou du chapitre. C’était encore trop exiger : une nouvelle transaction, en 1241, n’oblige au déplacement triennal que le prévôt de Magdebourg et un chanoine pourvu qu'ils soient munis d’une procuration
1. Nous ignorons à quelle époque cette règle a fait son apparition. 2e DD 148 5070 MTS:
de tous les autres et qu’ils apportent en présent pour l’église un ornement d’une valeur de vingt sous parisis. De semblables difficultés se présentent avec les abbés d’Angleterre, d'Ecosse, de Galles. En 1312, ils négligent depuis longtemps d’assister au chapitre général, de prêter serment d’obédience, d'exécuter les décisions du chapitre !. La question se règle en 1315 par un arrangement. Tous les ans les visiteurs de toutes les circaries d'Angleterre devront assister au chapitre général qui, de son côté, ainsi que l’abbé de Prémontré, pourra citer tout abbé spécialement. L'Angleterre sera visitée tous les ans, s’il le veut, par l’abbé général et tous les deux ans par les visiteurs du chapitre ?.
Le chapitre général de Prémontré dérive donc dans ses origines et dans son organisation de Citeaux. Comme dans cet ordre il a été tenu régulièrement, avec toutefois cette différence que deux groupes d’abbés tendent à l’indépendance. D'autre part, le caractère canonial de l’ordre donne au chapitre général un objet propre dérivant de l’activité particulière des chanoines.
D'une façon générale, dans ce chapitre, nous avons constaté souvent une influence cistercienne, soit directe par l’action principalement de saint Bernard, soit indirecte dans le cas des congrégations plus récentes qui ne font qu’adopter nne institution devenue courante. La même influence se retrouve dans l’établissement du chapitre provincial par un pape cistercien. D'autre part, le fonctionnement du chapitre général chez les chanoines réguliers a soulevé bien des difficultés. Néanmoins il a exercé une influence considérable : il convient, en effet, de noter que les Prémontrés exercent un ministère actif par la prédication et l’administration des sacrements dans des paroisses et que l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem est très répandu en Espagne au commencement du XIIIe siècle. Nous sommes ainsi conduit jusqu’à la naissance de l’ordre de Saint-Dominique.
1'éTaié p1199% ; 2. Hugo d’Etival, Sacri el canonici O. Praem. annales, t. I, col. XXXIV