‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 90 sur 191 · Galbraith, p · texte numérisé non relu

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tion ; mais il n’a pas été institué dès la fondation de l’ordre. Nous avons donc à étudier quand et comment il a été adopté.

Les premièrs frères vivaient sous l’autorité de saint François, qui leur donne en 1209 une première règle, trop sommaire pour un groupement nombreux : ainsi se pose de bonne heure le problème de l’organisation de l’ordre. Celleci est établie peu à peu, par imitation des Vaudois, puis, et surtout, des frères prêcheurs, principalement par l’action de l’Anglais Aymon de Faversham, élu ministre général en 1240.

Presqu'au début de l’ordre, saint François convoque périodiquement ses frères pour s’entretenir avec eux des difficultés de leur vie, les encourager, perfectionner la règle qu'ils suivent. Il ne s’agit pas d’un chapitre général mais d’une simple réunion où le père de l’ordre a tout pouvoir. L’accroissement du nombre des frères nécessite l’'espacement de ces assises, qui d'autre part ne peuvent plus grouper tous les membres de l’ordre. Saint François ne convoque ses disciples, à la Portioncule, plus que deux fois par an, à la Pentecôte et à la saint Michel; puis une seule fois. Il semble même qu’à partir de 1217 le chapitre soit devenu biennal. Mais tous les frères de l’ordre doivent encore y assister. C’est demander l’impossible : « la Regula Prima » de 1221 établit un nouveau système (c.18). Désormais le chapitre général de l’ordre se tiendra, comme par le passé, à la Portioncule au moment de la Pentecôte, mais seulement tous les trois ans, à moins que le ministre général n’en dispose autrement. D'autre part, chaque ministre provincial pourra réunir tous les ans à la saint Michel, le chapitre de sa province. De plus les ministres des provinces italiennes pourront s’assembler une fois l’an à la Portioncule le jour de la Pentecôte. Il y a donc désormais des chapitres provinciaux annuels, un chapitre général triennal en principe, un chapitre italien annuelt.

En 1226, la mort de saint François ouvre l’ère des difficultés consécutives à l'interprétation de son testament. L'ordre se transforme de plus en plus en un ordre de clercs

1. Cf., Gratien, pp. 43 et 96. et A.L.K.G.,t. VI, p. 1 et suiv. Hourlier 10

voués à la prédication ; l’histoire de son organisation reflète cette évolution. Jusqu'’alors le chapitre général était une assemblée très nombreuse puisqu'il se composait des ministres et des custodes, par contre l’autorité du général y était absolue. Par la suite celle-ci sera abaissée, et l'autorité du chapitre général rendue prééminente. La bulle « Quo Elongati » de 1230 supprime la participation des custodes au chapitre général, qui doit être composé des seuls ministres provinciaux, et d’un représentant élu par province. Une certaine orientation démocratique est donc introduite dans l’ordre. Puis en 1232 frère Elie est élu général ; comme saint François et Jean Pareti, ses prédécesseurs, il possède dans l’ordre toute puissance, dont il mésuse : pendant sept ans il ne convoque pas le chapitre général et disperse ceux qui lui résistent !. Plusieurs religieux de l’ordre se réunissent à Paris, en dehors de la présence de frère Elie, pour aviser à ce qu'il convient de faire ; puis la France, l’Angleterre, l'Allemagne en appellent au pape; les autres provinces se joignent à ces trois ; le Souverain Pontife les engage à nommer une commission de 20 membres qui prépareront le chapitre général, à la suite de quoi il convoque, en 1239, le chapitre à Rome.

Le premier soin du chapitre est de déposer frère Elie, et de préciser l’organisation de l’ordre. L'autorité du ministre général est considérablement réduite; les charges sont confiées par élection ; provinciaux et général se voient donner un définitoire ; les chapitres sont déclarés supérieurs aux ministres ; le ministre général est obligé de convoquer le chapitre général tous les trois ans et de visiter les provinces. L'ordre des frères mineurs devient plus nettement démocratique, et ce par imitation de l’ordre des frères prêcheurs : ce n'est pas une copie; mais il y a beaucoup de points de contact, non seulement on sent l'influence dominicaine, celle-ci est même maintes fois déclarée en termes exprès. Le chapitre général de 1239 pousse limitation jusqu’à établir un chapitre de définiteurs, c’est-à-dire des seuls représentants élus des provinces.

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