I.i: MiMSTHE, affiilv. — Non... Oui
IVm !.. — Eulin, ce qui est fait est fait. Nous aurons beau nous battre les flancs, nous n'y chaniierons rien. Allez, monsieur, nous nous entrelicMidrons de cette affaire demain matin en conseil. Ij' niinisfrr sr rct'trf*. AiissUdl lo vhainhoUan an nouer </(((' rarrhldnc Si/lrrrr sollicilc. la farourdv.trr rvçii\, Ali I oui! Et tout de suite! [Sj/lv(rr enfrr,) Tu tombes bien !... Dis donc, elle est gentille, ta su'ur !
SviA'Kiu:. — Je venais précisément...
IVvi:i.. — (iràceàelle. on se tue d'un bout à l'autre de mon Empire. Et puis, voilà maintenant que la [)aix euiopéenne est compromise, parce que l'autre jour madame m'avait mis hors de moi. et qu'alors j'ai fait uiu^ t(Me au ministre de mon ami et allié !
SvLVi:iu:. — Sire. Théodora n'est pas responsable...
loi Ll-: CHAH DE l.'KTAT
Paul. — Pas responsable ! Elle sait bien qu'elle n'est pas née dans une loge de concierge et que ses moindres frasques peuvent avoir des conséquences internationales! Eb! sacrebleu! on ne fait pas la fête sur les marcbes d'un trône comme dans la petite bourgeoisie î Si elle avait envie de se payer " ce petit bussard... je comprends ça d'ailleurs, car il est cbarmant... elle devait prendre ses dispositions avec un peu plus d'intelligence ! On ne se fait pas pincer pour ainsi dire exprès ! Mais ça ne se passera pas comme ça î
Sylvèke, très ému. — Ah ! Sire! Je vois que je tombe mal... Je venais implorer Yotre Majesté en faveur du comte de Scbinznacb.
Paul. — Qu'est-ce qui lui arrive encore à celuilà ?... Mais parle sans t'émouvoir. Tu sais que j'ai un faible pour loi.
Sylvèiie. — Mon beau-frère, rarcliiducArnolpbe, vient de se venger bien làcbement...
Paul. — Il ferait mieux de se tenir tranquille.
Sylvèiœ. — Vous savez qu'il est colonel du régiment où sert Pbili... Ce matin, après le duel, Pbili s'est rendu au quartier... 11 y a trouvé un ordre du colonel... lui enjoignant de garder les arrêts de rigueur jusqu'à nouvel ordre... Et il est traduit en conseil de guerre pour avoir injurié, rossé, provoqué un membre de la famille impériale !
Paul. — Arnolphe a trouvé ça tout seul ? Mais c'est bêle I
Sylvkiu:. — Pas si bête. Je vois ce qu'il veut. 11 veut se débarrasser de Phili n'importe comment, et
[Ai Cil Alt IJI^ VÊT AT \ni*
ensuite remeUre... les choses.., en Télal où elles étaient avant... raccidenl... Je vous supplie de tie pas tolérer.**
IVvL L^ uij.r vcèil (otfps. — Mais je n'y peux rien ! , Si la procédure est entamée, je n'y peux rien !
SvLvÈHK. — Yolre Majesté se trouverait désai^M niée, impuissante ?-., ^1
Pall. — lleiii \.. Tu vas voir c;a- Après tout, lu ils raison. Je vais montrer qui commande ici. (// [rttppt. sttv nu ibitùrr^ Lf nhimiMlan dv sfrt'ia* f^ il ire.) \\ faut que Ton nie trouve à l'instant lu^^-m^ Leurs Altesses Impériales T archiduc Arnolphe et rareliiduchcsse Théodora, qii'oji leur fasse savoir que je les mande it:i, et qu'on lenr rappelle que je n'aime pas attendre.
Lk Chambellans. — Sire, on va téléphoner. [If sorL)
Paul, à Sylcèrr, — Reste là. Je ne suis pas fâché d'avoir un public... Mais pour Tinstant prends ^ un livre, je ne me sens pas en humeur de causer; il faut que je calme mes esprits. /.
Sylvric prend un livre. Paul va et vient. Une demi-heure se • -. passe. KnOn rarchiduc Arnolphe et l'archiduchesse Théodora '^ sont introduits. Il était teuips. L'Empereur se congestionnait* ./; — Arnolphe a l'air satisfait et go^'uenard (redingote débouton- ■. ncc) . Théodora est à l'orage, superbe et plus insolente que .;i; jamais, ^ -.'.'^
Aknolpiie et Tuéodoha, swmltanément. — Sire.-.. ■:;^ [Us s'Inclinent tissez légèrement^ puis ils prennent }:^ tous If's deux une aUilude presque militaire.) 'vr
Paul, s adressant d'abord plus particulièrement à (.^^ Théodora, — Je commence par vous dire... que 'i^/-^
J6G LE CllAll DK L'ÉTAT
j'en ai assez... Tout ça va finir... Grâce à vous, on se flanque des coups à Tlicure présente d'un Ijout à l'autre de mon Empire... Il y a eu des morts d'hommes, madame... Vous auriez du réfléchir que telles pouvaient être les conséquences de votre incpnduite, et y regarder à deux fois... Sacrebleu ! , je le disais tout à l'heure à votre frère ici présent, on ne fait pas la fête sur les marches d'un trône comme dans la petite bourgeoisie !... Hein ?
ïnÉoDOKA. — Je ne dis rien, Sire.
Paul. — Bon... [A Arnôlphe,) A vous, monsieur... Je vous le répète, je veux l'apaisement... Tout le monde souhaite... le coup d'épongé... Or, ([u'est-ce que j'apprends ? Vous venez de faire arrêter, à titre de colonel, Tofficier avec qui vous n'avez pas su vous battre à litre de mari, et vous le traduisez en conseil de guerre parce qu'il s'est battu avec l'amant de votre femme ! C'est un comble, ma parole d'honneur, c'est un comble !
TuKODOUA, itid'uinvo^ à Arnoli)h<\ — Vous avez fait ça I Vous avez osé...
Paul. — Ne le griffez pas... Et puis faites-moi le plaisir de vous taire... Voici ce que j'ai décidé... Je ne puis entraver l'œuvre de la justice, et je le regrette...
TnÉODOKA. — Il passera en conseil de guerre I
Pall. — Oui... Maintenant, il ne tient qu'à vous qu'il soit acquitté... Vous avez un moyen de le sauver, c'est de m'obéir, je veux dire de prendre le train ce soir avec votre mari et d'aller retrouver l'archiducJeanausiègede son gouvernement. Vous
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y résiderez deux semaines. Ce laps de temps suffira |)Our que la réconciliation soit avérée, et vous vousen irez ensuite faire un petit tour à Paris tous les trois I/isis/(Uf\ aiu'C vn fâchrux manque de (joùt) tous- Mos-TKOis. Vous trouverez, (juand vous reviendrez ici, cette allairc réglée à la satisfaction générale et à la satisfaction de chacun» Vous avez ma parole impériale. Vous pouvez vous retirer. [ArnoZ/^/ie ri Throdora itrcntivul votvjv,)
SvLVKHio. — Ali î Sire... Ah! mon oncle.., que <lc hontes !
l*Ai L, qui en est (hnu lui-nietne^ viais qui veut diss'miuler relie éniotion. — Auguste, quoi !
Svi.viiui:. — Kt quelle suhtile politi(]ue !
l*ACi.. — Oui, ça n'est pas bête.. . Dis donc toi, tu as d(is amis (jui posent des bombes au pied des murs.
SvLVhiŒ. — Ah ! Sire, je le sais. C'est profondément regrettable. Mais cet attentat est l'œuvre d'un solitaire, et il était d'ailleurs nécessité en (juclque sorte par la fièvre ambiante.
Pall. — Oui. Enfin nous comptons que tout cela va finir, grâce aux mesures énergi(iues et intelligentes que nous avons prises... Tu peux rendre visite à ton ami, malgré les arrêts.
SviA'iOKt:, arec reronnaissiUkce, — Ah!... [Il se retire ^
l*AijL, srul. — Je crève de faim... Cinq heures !... (// soiuir.) Apportez-moi une demi-bouteille de (^licquot brut et tout un paquet de biscuits.