‹ Le char de l'ÉtatChapitre 23 sur 26 · II · texte numérisé non relu

II

■.-vv.- ■■'. ,'11.' )< M^Nvî 0>! I>!'M' Tî"î«>":

^.. ' ■..;..■>.. ■. ■ }.:,.,.f •..,,/.' — I>Mi;:--

'* :;:>■ ■;. ' I .'• '^^ nj ■'» j •..'-/, • !ni:i'i!iv. ij;-- /•,'•

• \ !V'i''"'" :'r '! ■ .' '!"^ l''f'itr -- i" î» ;•-

ly.- i^Wji » I I ■ I lilifflWJUpyip^igWiiippqiliiypf

à moins d'un peu d'aveuglement et môme de fatuité.

Xaiintuauxes, qui s'rst levé, — Oh ! oh ! prenez î^^arde : le changement de climat m'a Tair de vous rendre vos dispositions anciennes à la psychologie.

VvoNNi:. — Je croyais Lien m'ôtre débarrassée de la psycliologie pour jamais.

Xaimuaïllks, lui (lomuinl la main. — Je vous en prie. Au revoir.

Il soi'l. Kilo reste. Ses re^^•lr(Is errent loii«rteiiips sur les objets... iMiis elle s(î lève, avec etlort. cl lonteiucut s'en va dans sa clianihre : r.inciiuine eliuuihre du inar(|uis et de lîi niar(iuis(» (l(^ (lliainei'(>y. I.à, (?ll(! n"a pu se r<"S(»udr(; à laisser absolument les choses en l'état : le «^rantl lit à baldarpiin et à colonnes sur une eslrade, la console Louis-IMiilin[)c entre les deux lenèlres, les deux biblioth(Mpu?s Louis-Philippe, avec ht collection coiuplèt(î de la lirvuc des Heiu-Moiulvs dans les bibliothè(pies et. sur la console, un ibis rose cnipaillé. Klle a renij)lace «"es .iccesscdres par une partie du inol)ilier Kinpire ciu |(t;;euieiil (pi'elle occupait, j(Hine mariée, à l'ambassiide mrMiie, avec Fr.incis, ahu's deuxièm(î s(;(U'étaire ; le lit bateau, la ])en- (lule du uiodèh^ Amour cl l*si/c/i('', (pi'cdb; l'ut l)ien surprise de rel l'Oliver si loin de Paris, tout(i pareille; à celbî île sa belh;iiièr(.' ('Ile (iiîvait i)lus tard en trouver vm troisième exemplaire dans celh; pelile maison de l'archiduc Paul où elle lit la folie de s(! risipiert.

Klle a lait é;,^•^l(Muent apporter ici la table-panier à ouvra«,'e. l'-rtie lable a des tiroirs nombreux, à secrets. Vv(»nne ouvre liiu lies liiiurs et en t.'xtrait un cahier-journal où, depuis de lonniHîs années, ellt; n'a [)as écrit : elle n'esl [)lus si jeune lille, mais eu ce lem[)s-là elle écrivait tout. Klle feuill(?tte au hasard, puis elle euiporle le cahier dans le sîilon, elle reprend sa place sur le sid'a. elle lit.

H est la. loiil Sun [)assé — ce i)assé nn)rlî... Il est là, résumé eu pe.lites notes au jour le jour, naïves et saisissantes... Son auioiii' liounéte pour Xaintrailles... ses premières inciuiétudes, ses désillusions... ïtjui dés(*si)oir indigné, (piand elle s'est ipeieiic (pif. [)ar trailili(Mi et par an^Mmnanie. il continuait un fastidieux adultère av(;c la femme du conseiller de l'ambassade anglaise, sir Aiif^aistus lluxley-Stone... Sa revanche, son dan- ;:ereux ilirl avec l'archiduc Paul, aujourd'hui empereur...

Xaintrailles. — Enfin. .. vous n'avez pas... c'était ma faute, je le confesse... vous n'avez pas été très heureuse ici. Mais... ne doit-ce pas être une joie pour vous de vous rappeler ces peines anciennes, à présent que la cause en est tout à fait abolie ?

Yvonne. — Evidemment.

Xaintrailles. — Est-ce que cela ne vous fait pas apprécier mieux votre... sécurité actuelle?... Vous n'avez plus lieu d'être aux cent coups lorsque je vas et viens...

Yvonne. — Non.

Xaintrailles. — Tenez, j'ai à sortir. Vous ne penserez même pas à me demander où je vais.

Yvonne. — Non.

Xaintrailles, lui peu déconcerté par tant de froideur, — Enfin, vous goûtez comme il faut, n'est-ce pas, cette assurance que le présent est tout différent du passé, et que le passé est bien mort?

Yvonne, avec quelque amertume, — , Oui, bien mort.

Xaintrailles. — Vous êtes... satisfaite?...

Yvonne. — Mais oui, mon ami... et vous aussi.., vous surtout.., vous êtes satisfait.

Xaintrailles, légèrement impatienté, — Pourquoi me dites-vous cela avec une nuance d'ironie ?... Pourquoi témoigne-t-on toujours un certain dédain à ceux qui se déclarent satisfaits ?

Yvonne. — Parce qu'il y a des gens — je n'adopte pas leur opinion — qui croient la vie trop mal satisfaisante pour qu'on en puisse être satisfait,

■ ■ ■ i l ] 11 , » I l m ^ g iypi |ài "^w"*pwpW|ppfPl|»i!<Ppwip^ff||pPT

h moins d'un peu d'aveuglement et môme de fatuité.

Xalntuaillks, qt(i s\\sl lève. — Oh I oh ! prenez j^arde : le changement de climat m'a Tair de vous rendre vos dispositions anciennes à la psychologie.

YvoNNi:. — Je croyais hien m'ôtre débarrassée de la psycliologie pour jamais.

Xaintiiaili.ks, /ifi donnant la main, — Je vous en prie. Au revoir.

Il sorl. K1I(3 reste. Ses re«^^'l^(Is errent longtemps sur les objets... Puis ell(^ s(î lève, avec etlort. et lenteincut s'en va dans sa (li.iinlMi^ : r.iiieienntî eliuinbre du njar(|uls {\[ de la niarriuisi^ (l(ï (ihanicroy. i-.à, (îllc; n'a \)\\ se r<^s()uilr(î à laisser al)s<dunienl les choses en l'état : le «.^'and lit à baldaquin et à colonnes sur uiu' estrade, la console Louis-IMiilippe enlri; les deux l'enètres, les deux bibliotliè<pi(?s Louis-Philippe, îivec la collection complète de la linu/r des lh'fi.r-MuN(/('s dans les bibliolliè(pies et. sur la console, un ibis rose enjpaillé. Klle a reni- |)lace ces nccessidres par une j)ai'tie du mobilier Empire du Id^'euieiit (|u*(dle occupait, j(nine mariée, à l'ambassade même, avec Fiuncis, nlors deuxiènu; s(;crélaire ; \v. lit bateau, la pendule du modèh; Amour vl l*f:i/c/i(% «pi'cdie l'ut bien surprise de iclroiiver si loin de Paris, toute pareilbî à c(dl<; île sa bellemère ("Ile devait j)lus lard en trouver un troisiênn^ exemplaires dans cell(i petite maison de l'archiduc Paul où elle lit la folie de se ris(pier).

Klle a lait é;,^■ll<Muent appm'ler ici la table-[)anier à ouvra«,'e. C.eth^ table a des tiroirs munbreux, à secrets. Yvonne ouvre l'un lies tireurs et en extrait un cahier-journal où, depuis de lou<iU(^s anu<es. elle; n'a i)as écrit : elle n'est [>lus si jeune lille, mais eu ce teui[)s-là elle écrivait tout. Elle feuilh^lte an hasard, puis elle euiporte le cahier dans le salon, elle rrprend sa place sui- le S(d'a. elle lit.

Il est la. tout son [)assé — ce [jassé mort!... Il est là, résumé eu petites notes au jour le jour, naïves (;t saisissantes... Son auioui- lioimète pour Xuintrailles... ses premières incjuiétudes, ses désillusions... ï;on dés(*si)oir indigné, (piand elle s'est .ipei't;ue ipie. [)ar tradition et par anglomanie, il continuait un fastidieux adultère avec la f(nnmc du conseiller de rambassade anglaise, sir Aiigustus lluxley-Stone... Sa revanche, son dani^ereux llirt avec Parchiduc Paul, aujourd'hui empereur...

11 n'y a tout de môme pas de littérature qui nous touche mieux que ce que nous avons écrit de muis-mêmes. Elle sourit en se relisant, mais elle a les yeux Immidcs. Et brusquement, c'est nne vraie crise de larmes, elle sanglote comme un enfant, la tète dans les mains.

A ce moment la porte s'ouvre. On annonce : l'Empereur. Pris de court, elfaré par cette visite familière et imprévue, le valet de pied n'a pu faire avertir l'ambassadrice. Elle lève les yeux sans penser (fu'iis s<mt pleins de larmes. Elle jette un cri.

Paul. — Vous pleurez !

Yvonne, confuse, — Sire... Mon Dieu !... rentrée... inattendue de Votre Majesté m'a... surprise... Je... je ne m'attendais pas à votre visite... Pardonnez-moi...

Paul. — Ne vous excusez pas, duchesse.... ne... ne... {Il sélranglfu) Bon !... [Il se 'inouche,) Pardonnez-moi aussij vous savez... je ne puis voir pleurer une femme... Mais je suis... bien heureux, oui, bien heureux. [Silence. Ils s'essuient les yeux l'un et Vautre) Là !... Vous n'avez plus de chagrin ?

Yvonne, avec un sourire triste. — Non.

Paul. — Alors, moi non plus... Mais je suis bien content de vous avoir trouvée en larmes... Cela vous parait extraordinaire, je vais vous expliquer pourquoi... Figurez-vous, depuis dimanche, je suis résolu à venir vous faire une visite pour vous remercier...

Yvonne. — Pour me...

Paul. — Oui, car vous m'avez sauvé la vie.

Yvonne, protestant. — Oh ! Sire...

Paul, d'un ton légèrement autoritaire. — Pardon, vous m'avez sauvé la vie... Mais la question n'est pas là... Le croiriez-vous, duchesse? la pen-

Page 1