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sre (lo celte visite que nous vous devions, loin de nous causer du plaisir, était devenue pour nous... un supplice... Je me rappelais que je vous avais fait jadis des visites... familières... Je craignais ([u'il n'eu pût cire de môme à présont.., et que la solennité (l(^ notre rencontre... me fît trop cruellement s(^nlir que ce qui n'est plus... n'est plus... Je redoutais à tel point cette impression, que j'ai dilTéré juscju'à aujourd'hui... quand c'est le lendemain môme que j'aurais dû...
Yvonm:. — Oh ! Sire...
Paul, conimv ci-dessus. — Si, madame, le lendemain même... Après avoir différé... j'ai tout fait pour retirer à celte démarche son caractère officiel... J'ai néi^ligé de vous prévenir... J'espérais peul-éln^ vous trouver seule. .• Cette espérance n'a pas élé déçue.
Yvonm:, (jrnre, — L'amhassadeur est sorti.
1\\i:l, firrr joie. — Oui !... En outre, je suis venu seul moi-mrMne... tout à fait en simple parliculier, en voisin...
YvoNNi:. — Oh!...
l*Ai L. — Malgré ces calculs machiavéliques, je n(* me faisais pas beaucoup d'illusions sur l'intiniilé possihh; d'une conversation entre nous... à riieuiH» actuelle... Pouvais-je espérer, madame la duchess(\ (|U(^, du premier coup, toute contrainte, loute éli([uelle serait supprimée?... qu'il n'y aurait plus ici l'îice à face... qu'un homme ému, une femme (Ml larmes? Ali ! maintenant... nous pouvons rede- V(Miir... empruntés... nous ne trouverons peut-être
Paul. —Ah?
YvoNNi:. — Je venais... de rentrer... douloureusement en contact avec un passe... qui n'a certes pas 616 Ijien joyeux.., et que pourtant je pleure, comme on pleure toujours ce qui n'est plus.
1V\UL. — Quelque chose a survécu de ce passé, duchesse, vous venez de le toucher du doigt.., c'est... ma tendre affection... c'est... lu possibilité... d'un accord intime entre nous.
YvoNNt:. — Oui, SirCj et cela... je le dis sans détour à Votre lVIajest6... cela m'est très pr6cieux... Mais, tout à l'heure, je ne savais pas (|ue cela put être encore, et je ne pensais qu'à d'autres choses, (jiii sont v6filablement passées.
J*Ai L. — Dites-moi quelles choses.
Yvonne. — Votre Majesté a été mêlée de trop près à ma vie pour (jue j'aie scrupule à lui répondre... I^]lle sait toute mon histoire, qui est simple, banale, mais, je crois, touchante... et qui l'a louchéf».
IVuiL. — Oui...
Yvonm:. — l^lle sait quelle naïve et ardente alTeclion j'avais pour mon mari... et que c'est ici, ici même (juc cette aiïection fut trompée, elle a été témoin de mes jalousies.
IVml, (/ni ne liant pas /KirticnlivroiictU à ces son-rr/(irs-là, — Oui, oui...
VvoNNi:. — Ce ne sont pas là des souvenirs heureux... je ne vois môme pas qu'il y ait une note discordante de bonheur : tous sont également pénibles... et depuis longtemj)s je me félicitais
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plus un mot qui sorte vraiment du fond de nousmêmes... N'importe... il n'en restera pas moins vrai que je vous ai vue pleurer, c'est l'abandon suprême... Quel bonheur!... Cette... communion de nos coeurs... qui m'était naguère si douce... indépendamment même de toute autre vue intéressée... je la croyais... désormais impossible... : elle vient d'être encore... une minute... Voilà pourquoi, T:/
madame la duchesse, au milieu des larmes que la [
vue des vôtres m'arrachait, j'ai poussé un véritable cri de joie... Pardonnez-moi, c'est égoïste... j'aurais dû vous demander avant tout, comme je le fais maintenant, la cause de ces pleurs qui me sont si chers.
Yvonne. — Sire... il y a certainement une fatalité... une heureuse fatalité... qui veut que des sympathies, si j'ose dire... s'établissent toujours entre nous... par suite de soufTrances qui se trouvent être identiques, malgréla différence inouïe des rangs.
Paul. — Que vous me faites plaisir ! Expliquezmoi cela.
Yvonne. — Sire... je me souviens que naguère nous nous sommes trouvés ainsi... de plain-pied... parce que vous ne pouviez pas plus supporter la vie d'étiquette des cours que moi la vie d'étiquette du monde.
Paul. — C'est vrai. Et aujourd'hui ?
Yvonne. — Aujourd'hui, quand vous êtes entré, je pleurais i)arce que je venais justement d'éprouver cette impression... que vous redoutiez tant vous-même en venant ici...
Paul.— Ah?
YvoNNK. — Je venais... de rentrer... douloureusement en contact avec un passe... qui n'a certes pas été I)icn joyeux.., et que pourtant je pleure, comme on pleure toujours ce qui n'est plus.
Paul. — Quelque chose a survécu de ce passé, duchesse, vous venez de le toucher du doigt... c'est... ma tendre affection... c'est... lu possibihté... d'un accord intime entre nous.
Yvonne. — Oui, Sire^ et cela... je le dis sans détour à Votre Majesté... cela m'est très précieux... Mais, tout à l'heure, je ne savais pas que cela pût être encore, et je ne pensais qu'à d'autres choses, qui sont véritablement passées.
l*Ai L. — Dites-moi quelles choses.
Yvonne. — Votre Majesté a été mêlée de trop prés à ma vie pour cjuc j'aie scrupule à lui réj)0i]dre... KUe sait toute mon histoire, qui est simple, banale, mais, je crois, touchante... et qui l'a touchée.
1Vu:l. — Oui...
Yvonne. — Klle sait quelle naïve et ardente affection j'avais pour mon mari... et que c'est ici, ici mùmc; (jue cette affection fut trompée, elle a été lémoiii (le mes jalousies.
IVml, f/iù ne liauf pas jKirticfdlrmnenL à ces sourrtiirs-là . — Oui, oui...
Yvonne. — Ce ne sont pas là des souvenirs heureux... je ne vois môme pas qu'il y ait une note discordante de bonheur : tous sont également pénibles... et depuis longtemj)s je me félicitais
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d'avoir bion oublié tout cela... qu'il valait mieux oublier. Mon mari était ce qu'on appelle parfait. Je ne pensais pas souhaiter rien de plus, et je n'au- I /J
rais pas cru qu'il y eût pour moi-même un risque d'émolion à revenir, après tant d'années errantes, dans le décor de ces souvenirs périmés...
-Paul. — Eh bien?
YvoKNE. — Eh bien, Sire, à peine y ai-je été transportée que tout ce passé fâcheux a ressuscité en moi. Mais, par un effet inattendu, au lieu de ranimer des rancunes étreintes, il ne m'a inspiré que des regrets. Ah ! la contradiction est le vrai ressort de l'esprit humain. Je reviens ici où j'ai souffert, j'y reviens heureuse somme toute... oui, froidement heureuse... et tout de suite j'y oublie mon bonheur ou mon calme présent, pour regretter le temps oii j'y vivais dans des transes et des jalousies continuelles. Je ne tremble plus dès que Francis s'éloigne, je ne dis plus : « Où va-t-il ? » Et je regrette de ne plus trembler et de ne plus me demander où il va. J'ai peur de cet a[)aisement, dont mon cœur jouissait jusqu'à ce jour après tant de fatigues. Naguère je souffrais : je vivais donc! Si j'ai perdu la faculté de souffrir, qu'est-ce qu'il reste de vivant en moi?... J'espère que Votre Majesté ne m'en veut pas de lui découvrir ainsi..,
Pall. — Je vous en prie... Jamais vous ne m'avez ému davantage.
YvoNiNE, (ijjrès un teiiips. — Ce qui a précisé tout à l'heure les sentiments jusqu'alors un peu vagues que je vous exprime, c'est une dissertation... inop-
porluQG de mon mari sur le total effacement d'un passé peu regrettable, mais que moi je regrette. Il se félicite de cet effacement, lui. Je n'ai pu me défendre de lui répondre avec une sécheresse inu tile : il ne peut pas comprendre... c'est un homme logique avant tout... il ne peut pas comprendre (|uc, plus heureuse, je regrette le temps où je Tétais moins... Il m'a quittée avec un peu d'humeur et en me disant que je faisais de la psychologie.
Paul. — Je ne sais pas si c'est de la psychologie, madame la duchesse, mais^moi je vous comprends fort bien.
Yvo.^NE. — x\près son départ... je suis allée chercher... un petit livre où je consignais jadis... mes ()eincs... Je n'ai pu résister à cette lecture... et j'ai tant aimé mes larmes d'autrefois que j'en ai répandu de nouvelles... C'est alors que Votre Majesté m'a surprise.
IVvLL, lai prenant la main, — Il y a un Dieu pour noire amitié.
Yvonne, souriant^ les yeux humides, — Oui.
Pal'l, arec hésitation. — Ce que vous me dites, chère duchesse... m'encourage... à vous dire aussi... une chose... du môme ordre, qui m'est arrivée tout récemment... J'hésitais, parce que ce récit m'oblige à vous rappeler... des choses... qui ne |)euvent pas vous avoir laissé un souvenir très favorable... et qui ne sont pas très honorables pour moi.
Yvonne. — Oh ! Sire...
-" A^;ï" iiifi tùûrf' »»•
i>90 LE Cil AU DE L'ÉTAT
Paul. — Vous me permettez de vous les rappeler... tout de même?
Yvonne, baissant les yrux, — Oh !...
l*AUL, insistant. — Dites-moi... dites-moi en toutes lettres que vous me le permettez.
Yvonne, très bas. — Oui.
Paul, avec joie. — Ah!... (Cn temps.) Doue, > chère duchesse, moi aussi, tout récemment, après vous avoir revue, j'ai voulu feuilleter mon petit carnet... C'est une façon de parler, je parle au ligure... (^ar vous pensez bien que... comme écrivain... même sous cette forme facile... Enfin, j'ai voulu revoir... un lieu... désormais sacré pour moi... cette petite maison... à quelques lieues de ma Capitale... où vous avez daigné... [Yvonne fait un geste involontaire.) Je ne vous fâche pas ? [Elle fait fin sifjne de dénérjation.) Je peux continuer?
Yvonne, toujours très bas. — Oui.
1*AUL. — Croiriez-vous que je n'y étais jamais retourné depuis? Cela m'aurait fait trop de mal. D'ailleurs j'ai ensuite quitté le pays. Je suis allé sous un faux nom, vous l'avez su, vivre en France jusqu'au jour de mon élévation au trône impérial. Et au bout de quelques mois... ou plutôt de quelques années... Mon Dieul nous sommes ici pour nous parler sans feinte... Et puis j'ai observé que ma franchise un peu brusque était peut-être ce qui en moi vous déplaisait le moins... Enfin, duchesse, votre souvenir s'était peu à peu...
Yvonne, souriant. — Eiïacé ?
Paul. — Je puis bien le dire, puisque mes sen-
timents se sont réveillés plus vifs que jamais quand je vous ai revue au Figaro et chez Paillard... Dès mon retour, le désir m'a pris d aller passer une ou deux heures... là-bas... tout seul, bien entendu... J'ai commencé par tergiverser beaucoup.
Yyo.nne. — Ah?
Paul. — Oui, je craignais que ce fût une espèce de sacrilège... d'offense à votre mémoire... Je me demandais si je ne devais pas laisser à tout jamais en interdit un lieu oCi j'avais eu le malheur de me conduire avec vous comme une simple brute.
YvONxNE. — Oh !
IVvcL. — Si, si... Mais je me suis rappelé à propos une jolie phrase de vous... au Vaudeville... Vous m'aviez dit qu'il n'est point, à proprement parler, de souvenirs mauvais... que le souveïiir, même des pires événements... s'engourdit... s'enveloppe d'une grâce mélancolique...
YvOiNiNÈ. — Oui...
Paul. — Alors, j'ai risqué le coup, je suis allé là-bas... Je vais vous dire ce que j'ai éprouvé... Au départ, malgré mon émotion. . . je vous avouerai que j 'étais comme un enfant qui fait l'école buissonnière. Figurez- vous que, depuis les derniers attentats anarchistes, fictifs ou non, je suis constamment surveillé par mes propres agents.
YvoNiNi:, vicement, — Cela est absolument nécessaire, et il faut moins que jamais que celte surveillance se relâche.
Paul. — Oui... En attendant, comme je ne pouvais, comme je ne voulais faire personne confident
29i> LE CHAR DE L'ÉTAT
de mon escapade, j'ai dépisté mes protecteurs. (// rit.) Pendant trois heures, madame la duchesse, ma police a été sur les dents. On me cherchait de tous les côtés. Où est passé l'Empereur ? Grand Dieu î Où est passé l'Empereur? Mon ministre m'a flanqué une semonce quand j'ai reparu ! Mais il a eu beau me retourner dans tous les sens, il n'a jamais réussi à me faire avouer où j'avais vécu ces trois heures-là.
Yvonne, riant aussi, mais à peine. — Ah ! ah !...
Paul, après un temps. — Là-bas... j'ai tout retrouvé en place... mes vilains meubles du second Empire, les photos d'actrices sur la commqde, cette pendule qui avait paru vous intéresser... Et dans un coin, la table volante... où je vous avais fait servir une collation... à laquelle vous avez bien voulu toucher un peu... [Un temps.) Seulement... la lampe suspendue à une potence de fer forgé, à gauche de... Talcôvc... devant l'image de sainteté... la lampe était éteinte... Je l'ai rallumée... Aussitôt... l'aspect des choses... m'a paru changer.
Yvonne. — Ah?...
Paul. — Oui... Je ne sais pas bien comment vous dire... je ne saurais pas exprimer ce qui s'est passé en moi... J'allais, je venais... Je ne pensais peutêtre à rien, mais cela m'était très doux... Je ne me rendais pas très bien compte si j'étais gai, si j'étais triste... Enfin vous comprenez peut-être cela tout de même, vous ? Vous sentez cela?
YvoNiNE. — Oui.
Paul. — Voilà... Et puis je suis parti, le cœur
iBi
loger... Je suis parti content comme si j'avais fait quoique chose de bien... Et cependant je suis parti avec la résolution de ne jamais plus revenir là... jamais... {Si/y'nre.) Je... j'ai... j'ai changé d'idée, madame la duchesse.
Yvonne. — Ah?...
Pai:l. — Oui... Je ne voulais pas y retourner... parce que je croyais... qu'il ne restait plus rien... de cette amitié... Je crois... je crois tout le contraire maintenant... Alors ce pèlerinage... je le referai... {f^ong silrnrp.) Je le referai... un jour... très prochain... Sans doute vous avez oublié... moi je n'ai pas oublié... que nous étions justement à cotte môme époque de Tannée où nous sommes... quand vous m'avez fait la grâce... de venir...
Yvonne. — C'est vrai.
1*ai:l. — L'anniversaire est... jeudi prochain... Kh î bien, jeudi... j'irai... A la môme heure... J'arrangerai les (leurs... Je préparerai la collation, comme... oui... J'ouvrirai la fenêtre qui donne sur le parc, vous savez*?
Yvonne. — Oui.
l^AUL. — Croiriez-vous, l'autre fois, je n'ai pas osé ouvrir la fenêtre... Cela m'aurait fait trop de peine de ne pas voir le coupé... s'arrêter... de ne pas tourner aussitôt la tote vers la porte, car la porte serait restée close... vous ne seriez pas entrée. Mais doi'énavant je ne redoute plus cette impression... Je croirai entendre la voiture rouler sur le gravier, je croirai la voir qui s'arrête... Je croirai que. la porte s'ouvre, que vous entrez, que vous êtes là...
•201 LE CHAR DE f/KTAT
Et... et VOUS y serez, madame la (hichesse... vous y serez... en pensée... Oui, je suis sûr que vous ne pourrez pas faire autrement... vous ne pourrez pas vous empêcher de penser à moi à cette heure-là... Vous vous direz, avec un peu de... sympathie peutêtre, du moins un peu de pitié : « 11 est là-bas. » Et comme vous connaissez bien le décor, vous m'y verrez. Je vous y verrai aussi. Je serai très heureux. C'est une espèce de rendez-vous que je vous donne, madame la duchesse.
Yvonne. — Oh!...
Paul. — Le seul rendez-vous que puisse donner à une femme telle que vous, un homme... l'homme enfin.., que... je n'étais pas alors et que je suis devenu... Car j'ai beaucoup changé. J'étais... il ne faut pas m'en vouloir... lesprinces vivent en dehors du monde, ils en ignorent tous les usages... ils restent môme, souvent, étrangers aux sentiments les plus élémentaires de l'humanité... Mais moi, j*ai cessé d'être prince pendant plusieurs mois. Je me suis mêlé aux autres hommes, à la vie. 11 m'est arrivé alors... et aussi depuis que je suis empereur... beaucoup d'aventures, les unes grotesques, les autres tragiques... toutes... instructives... J'ai beaucoup roulé, si j'ose me servir de cette expression triviale. Je crois que j'y ai tout de même gagné d'acquérir pas mal de choses qui me manquaient..^, entre autres choses... l'éducation.
Yvonne. — Oh ! Sire...
Paul. — Si, si... vous êtes bien aimable de protester, mais je sais à quoi m'en tenir sur moi-
1,E CIÎAU DE J/ÉTAT 295
même : j'étais très mal élevé. Maintenant... surtout depuis que j'ai eu la joie de vous revoir... il y a... il y a progrès... Je me sens devenu très... très respectueux, très... [Assez brusquement,) Madame la duchesse, je suis trop ému pour prolonger cet entretien. Je vous demande la permission de me retirer.
YvoNNK. — Sire. . . [Elle se lève et se met en devoir (le raccompagner,)
Paul. — Non, je vous en prie... C'est... de Tenfanlillage, mais je désire que cette visite prenne fin comme elle a commencé, sans aucune étiquette. . . Ne m'accompagnez pas jusqu'au bas de l'escalier. Je préfère vous dire adieu ici. .
Yvonne. — J'obéis à Votre Majesté. [Paul lui prend et lui baise la main, deux fois, très longuement.)
Paul. — Au revoir donc, madame la duchesse.
Je vous supplie de me renouveler la bonne promesse que vous m'avez déjà faite.
Yvonne. — La promesse?...
Paul. — La promesse que, jeudi, vous serez làbas, en pensée.
Yvonne, très simplement, — Oui, sire, jeudi, je serai là-bas, en pensée.
Paul. — Ah 1... [Nouveau baisemain. Il sort,)
Yvonne no Vu pas arconipaffné, par obéissance. Mais eUe s'apliroclic (le la fcnotrr pour le-regarder partir. Au moment de Miontor en voiture, il lève les yeux, il l'aperçoit. Il lui fait un si-^nie (l'adieu et elle v répond. Puis elle revient s'asseoir sur le sofa.
Elle voit le cahier, sur la t:iblc à ouvrage. Elle le prend et. sans
dessein, se remet à le feuilleter. Elle relit distraitement les premières pages, où elle racontait son arrivée à l'ambassade... Le trajet en sleeping... La frontière... les environs de la Capitale.. En passant. Xaintrailh^s lui montre, ttuit près l'une de l'autre, la ])etite maison de l'archiduc Paul et la résidence impériale d'été...
Et comme elle notait, à cette époque, les moindres propos de s(»n mari, elle retrouve, dans ime marge, cette phrase de hii, cpii s'applique... elle ne sait plus si c'est à la résidence d'été ou à la petite maison de Paul :
« La plupart des princes qui sont morts de mort violente ont été assassinés ici. »
Elle referme vivement le cahier. Elle a un grand froid. Une terreur soudaine pâlit ses yeux.