‹ Le Charbon: Élément de Réparations et de Négociations dans le Traité de Versailles et les Accords qui l'ont suiviChapitre 3 sur 73 · LE TRAITE DE PAIX · texte numérisé non relu

LE TRAITE DE PAIX

Nov. 1918-Janv. 1920. — (1). — Au lendemain de l’Armistice, l’approvisionnement de la France en combustibles minéraux continua d’être assuré par un Organisme institué par la loi du 22 avril 1916, dont les dispositions furent prorogées par la loi du 14 novembre 1919, et dénommé « Bureau National des Charbons ».

Le déficit de la production des combustibles minéraux dû à la destruction systématique des mines du Nord et du Pas-de-Calais, au manque de main d'œuvre résultant du départ des prisonniers de guerre, à la crise des transports par fer et par canaux, avait rendu impossible le retour à la liberté du commerce des charbons.

Le Bureau National des Charbons dut en négociant avec l’ Angleterre et la Belgique s’efforcer d'obtenir le maximum de quantités que ces pays pouvaient mettre à la disposition de la France, en attendant les livraisons de charbons qui devaient être demandées à l’ Allemagne au titre des Réparations et l’organisation de l’exploitation des mines de la Sarre, Tout n'était pas d'assurer l’approvisionnement de la France, il fallait encore pourvoir comme pendant la guerre, à la répartition des combustibles, les quantités dont nous disposions étant insuffisantes pour satisfaire à la consommation française. Le Bureau National des Charbons s’entoura, pour l’acomplissement de sa tâche, de divers organismes (Chambre de compensation des frets pour le transport maritime des charbons; Offices Départementaux pour la répartition des charbons destinés aux foyers domestiques et à la petite industrie; Groupements des consommateurs pour la répartition des charbons destinés à la grande industrie).

Nous ne pouvons, dans cet ouvrage, exposer, même succintement, l’œuvre accomplie par le Bureau National des Charbons, ni le fonctionnement de l’organisation que ce dernier a réalisée. On consultera utilement à ce sujet les ouvrages de MM. Olivier « La politique du charbon

(1) Note de l’Auteur. — L’étude que nous abordons des fournitures de charbons par l’Allemagne à la France de 1918 à 1930 ne pourrait être utilement suivie, si le lecteur n’était éclairé sur l’approvisionnement de la France pendant que se déroulent les faits et évènements ici relatés. Nous avons donc estimé nécessaire de placer en tête de chacun des chapitres une note précisant les besoins de la France et leur satisfaction en ce qui concerne tant les quantités que les prix, pendant chacune des périodes envisagées.

1914-1921 », et de M. G. Sardier « Le ravitaillement en charbon pendant | la guerre ». < : : | Nous nous bornerons donc à reproduire les chiffres ci-dessous, extraits de la Statistique de l'Industrie Minérale et des Appareils à Vapeur, publiés par le Ministère des Travaux Publics, qui font ressortir | la situation charbonnière de la France au point de vue quantitatif cou- |

rant 1919.

Houille Coke Agglomérés Production des mines françaises. 22.441.000 1.667.000 2.839.000 Diminution du stock. : 358.000 — . — directes. + … +-+ ‘19.108.000: 1:822:000 1.171000 Importations{Provision de bord des navires français. 677.000 — 22.000 Ensemble. 42.584.000 3.489.000 4.032.000 Exportations 458.000 52.000 12.000 :1..:. . )quantités de houille A déduire : transformée :

a) en coke. e 2.138.000 — — | b) en agglomérés. 2.620.000 — — Ensemble . 5.316.000 52.000 12.000 Quantité aborbée par la consommation .. Socio, 28 br: 3 37.268.000 3.437.000 4.020.000

En transformant en houille le coke et les agglomérés, la consom-

mation française totale a atteint pour cette année 45.500.000 tonnes, soit | une moyenne mensuelle de 3.791.000 tonnes.

Le chiffre de 22. 441.000 tonnes représentant la production des mines françaises courant 1919, comprend 2.500.000 tonnes produites par les mines | de la Moselle et 19.900.000 tonnes produites par les mines françaises d'avant-guerre. Rappelons que ces dernières avaient produit en 1913 40.844.000 tonnes.

Le total des importations directes sus-mentionnées se répartit de la façon suivante entre les pays fournisseurs : |

Houille Coke Agglomérés Angletérre. +"... 4 JU MA4S14 000 618.000 715.000 Allemagne : 1.998.000 1.145.000 186.000 Belgique. & 4 1.704.000 47.000 266.000 Diverss!.sh snofyrsae 1.092.000 12.000 4.000 Total. 19.108.000 1.822.000 1.171.000

ne |

Importations totales en 1913. 18.711.000 3.070.000 1.086.000

Ne

Au lendemain des hostilités, le bilan charbonnier de la guerre nous montrait une situation critique. Nous avions avec des moyens très diminués et une caisse vide à faire face à des besoins immenses.

Notre industrie d’avant-guerre, celle née de la guerre qui subsistait en partie, et les industries nouvelles qui surgissaient partout et dans tous les domaines, pour répondre à la consommation considérable et procéder au relèvement des régions envahies, toutes réclamaient du combustible. De plus, nous entrions dans l’hiver.

Pour satisfaire à cette demande, nous n’avions que des disponibilités insignifiantes, pas de stocks, peu de production, un trafic désordonné.

Le plus grave était l’état de nos mines du Nord et du Pasde-Calais. Bien qu’au cours des hostilités, on eût mis sur pied toute une organisation pour réparer dès qu’elles cesseraient, le dommage causé à nos exploitations, on ne pouvait d’après les premières constatations espérer combler avant plusieurs années le déficit de production, qui résultait de la guerre.

Personne, en effet ne pouvait s'attendre à une destruction si méthodique et si complète. ”

La main-d'œuvre occupée à la reconstitution occasionnait un nouveau manque à produire que le départ des 20.000 prisonniers de guerre employés dans les divers bassins houillers aggravait sensiblement. Bref, on calcula qu'avant dix ans nous n'atteindrions pas l’extraction d’avant-guerre.

Si nous nous tournions vers nos fournisseurs habituels, l'Angleterre, la Belgique, l’avenir n’était guère plus engageant. L’Angleterre ne pouvait mettre à notre disposition que des quantités limitées, et encore fallait-il pouvoir les transporter. Notre flotte charbonnière avait subi du fait de la guerre sousmarine un grave préjudice. Les Allemands nous avaient coulé 153 navires représentant plus de 200.000 tonneaux. L’ensemble de la flotte charbonnière européenne avait perdu 720 bâtiments, totalisant 1.385.065 tonneaux de jauge. '

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