‹ Le Charbon: Élément de Réparations et de Négociations dans le Traité de Versailles et les Accords qui l'ont suiviChapitre 4 sur 73 · LAN T EL · texte numérisé non relu

LAN T EL

D'un autre côté, les charbons que la Belgique libérée était susceptibie de nous fournir et qui nous eussent été d’un inappréciable appoint, étaient pour nous, en fait, d’un secours difficile. Nous ne pouvions, en effet, étant donné le lamentable état de nos canaux et de nos voies ferrées, les transporter à leurs points de consommation. |

Quant à l'Allemagne, nous ne pouvions rien en exiger.

Par une inconcevable lacune, lies Conventions d’Armistice ne comportaient pas de livraisons de combustibles, et pourtant à l’époque où elles furent signées, la destruction systématique de nos mines était connue, connus aussi nos besoins et notre pénurie. Naturellement l'Allemagne tira profit de cette omission et s’abstint de rien livrer, arguant, pour éluder les demandes qui lui étaient faites, de sa propre situation: à son industrie saignée à blanc, était nécessaire tout le combustible dont elle pouvait disposer ; il lui fallait immédiatement se remettre au travail pour s’acquitter des obligations qui lui incomberaient du chef du Traité de Paix, et surtout sa production était notoirement insuffisante. La guerre avait fait des trous dans ses effectifs miniers; une bonne partie de sa main-d'œuvre, 60.000 prisonniers civils et militaires, lui était enlevée.

Pourtant l'Allemagne dut accepter six semaines après l’armistice de faire immédiatement quelques livraisons de coke à l’Alsace-Lorraine. Les relations économiques n'étaient pas rompues entre cette province, encore juridiquement allemande puisque le Traité de Paix n'était pas signé, et l’Allemagne. Le programme d'échange fut sanctionné par le protocole de Luxembourg, le 25 décembre 1918. (Voir annexe I, page 189).

Le protocole de Luxembourg trouve son origine dans le paragraphe 6 des Conventions d’Armistice relatif à l'évacuation des ex-territoires allemands occupés, et qui contenait une disposition aux termes de laquelle « l'Allemagne ne prendrait aucune « mesure qui puisse se traduire par un ralentissement de l’acti- « vité industrielle, ou par une réduction du personnel employé « dans les exploitations ».

Page 1