‹ Le Charbon: Élément de Réparations et de Négociations dans le Traité de Versailles et les Accords qui l'ont suiviChapitre 37 sur 73 · LE PLAN DAWES LES ACCORDS DE LONDRES · texte numérisé non relu

LE PLAN DAWES LES ACCORDS DE LONDRES

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Octobre 1924-août 1925. — Dès la fin de 1924, les efforts accomplis depuis la cessation des hostilités par les producteurs des différents pays pour intensifier leur extraction ont eu comme conséquence de créer un déséquilibre entre l’offre et la demande et de révéler pour la première fois la véritable situation de l’industrie houillère européenne en face de la consommation.

Libéré de toute occupation, à la suite des accords de Londres conclus en août 1924, le bassin minier de la Ruhr est revenu rapidement à son activité normale. Son extraction qui n'avait été que de 43 millions de tonnes en 1923 s’est élevée à 94 millions en 1924 et à 84 millions pour la période août 1924-janvier 1925. ,

La production houïllère belge rejoint, en 1924 et 1925, son niveau d’avant-guerre, soit 23 millions de tonnes. Les mines hollandaiïses, dont la production totale était de 3.941.000 tonnes en 1920, ont atteint en 1924, 5.882.000 tonnes et en 1925, 6.848.000 tonnes. En France, la reconstitution progressive des mines sinistrées du Nord et du Pas-de-Calais, avait permis à la production houiïllère de rejoindre, puis de dépasser le chiffre de 1913. La production journalière qui était de 136.147 tonnes en 1913 a accusé 121.064 tonnes en janvier 1923, 144.680 tonnes en janvier 1924 et 160.445 en janvier 1925.

Dès janvier 1925, les mines n’ont plus trouvé l'écoulement de leur production journalière. Elles ont été contraintes de constituer des stocks. Les gros producteurs tel que l’Angleterre et l’Allemagne ont restreint leur production en licenciant leurs ouvriers par milliers. Malgré les restrictions, à fin août 1925, les stocks européens accumulés sur le carreau des mines s’élevaient à 58 millions de tonnes, dont 40 en Grande Bretagne, 11 en Allemagne, 2 en Belgique, 2 en Russie, 2 en Pologne, 1 en France.

Cette situation a provoqué sur le marché mondial des charbons un effondrement des prix que réflètent les cours du gros amirauté anglais 1° qualité qui ont enregistré les variations suivantes : 27 shillings 3 pence en janvier 1925, 26 shillings en juin, 24 shillings 3 pence en août de la même année.

Les conséquences de cet effondrement des prix furent très graves pour l’Angleterre, les houillères ne pouvant plus retirer de la vente de

leurs combustibles, un solde rémunérateur.

Les chiffres suivants, publiés par le Mines Department, relatifs au bénéfice moyen ou à la perte par tonne commercialement disponible, font ressortir la situation de l’industrie houïillère britannique à cette époque :

4 frimestre 19244... ec. bénéfice de 0 sh. 7 d. 61, 1 trimestre 1925 re. bénéfice de 0 sh. 6 d. 13, 22Strimestre 19257720 rae. cc perte de 0 sh. 11 d. 81,

L'accord national des salaires conclu en 1924 est venu à expiration en juin 1925. L'accord de 1924, qui n’était que la prorogation de celui de 1921, avait aggravé ce dernier en accordant aux ouvriers un salaire minimum garanti de 33,5 % supérieur à celui de 1914, contre 20 % en 1921 et une participation dans les produits bruts de vente de 87 % pour les salaires et de 13 % pour le capital contre 83 % et 17 % en 1921. Les salaires payés, en application de l'accord de 1924, ont représenté plus de 71 % du prix de revient moyen net de la tonne commercialement disponible pendant le deuxième trimestre 1925. (1) Les producteurs n'ont pu accepter le renouvellement de cette convention. Devant les exigences des ouvriers mineurs, le Gouvernement britannique, pour éviter une grave crise sociale, décida d’accorder à l’industrie houillère les subventions nécessaires pour que les exploitations pussent continuer à servir à leurs ouvriers le salaire minimum.

Le marché français fut recherché par les différents producteurs pour l'écoulement de leurs produits.

Les importations, courant les neuf premiers mois de 1925, marquèrent pour la houiïlle crue un recul de 1.987.000 tonnes par rapport aux neuf premiers mois de 1924. — Ce recul a affecté particulièrement les charbons anglais (7.029.000 tonnes contre 10.109.000 tonnes). Par contre, les statistiques accusent une augmentation de 1 million de tonnes en provenance d'Allemagne, de 127.000 tonnes en provenance des Pays-Bas, et signalent l’apparition des charbons polonais avec 9.000 tonnes environ.

La production des houillères françaises a enregistré comparativement aux mêmes périodes une augmentation de 2.266.000 tonnes.

Les prix de vente ont été les suivants :

Charbons français sur wagon départ mine. — Tout-venant 20/25 % 79 frs, 20 pendant toute la période considérée.

Charbons anglais sur wagon départ Rouen. — Gros criblé mine du Northumberland : décembre 1924, 109 frs ; janvier 1925, 110 frs : avril 109 frs, 50 ; juillet, 116 frs. | :

Les cours de la livre aux mêmes époques ont été de Dash ter al0r Etes poq de 86 frs, 88 frs, Charbons allemands de Réparations. — Prix fob Rotterdam fixé par l'O.H.S. pour le tout-venant forte composition 45/50/ % de gros : décembre 1924, 78 frs ; janvier à septembre 1925, 85 francs.

(1) Moyenne pour la Grande Breta î e À gne. — Salaires : 12 sh.

Prix de revient net, 18 sh. 4 d, 84. (Statistiques du Mines Débat bteniot

L’occupation de la Ruhr avait eu le mérite de montrer tant aux Alliés qua’ux Allemands, que la France était résolue d’aller jusqu’au bout de son droit. Elle avait également eu celui de faire apercevoir en France que les ententes sont plus productives que la contrainte. Elle avait d’ailleurs eu surtout un valeur démonstrative, et M. Poincaré en souscrivant à l’idée d’un plan d’experts comportant une créance garantie, s'était montré beaucoup plus l’homme des gages que l’homme de la Ruhr.

Mais les gages tels qu’il les prévoyait étaient incompatibles avec l'esprit du plan Dawes. Celui-ci, en effet, était basé sur le principe que l'unité économique et fiscale du Reich devait être reconstituée. Par conséquent, le contrôle industriel de la Ruhr devait être rendu à l’Allemagne, et la théorie de l'évacuation au fur et à mesure des paiements devenait caduque.

C’est donc avec un état d’esprit nouveau, que M. Herriot avait indiqué dans sa déclaration ministérielle (1), qu’au mois de juillet, la délégation française se rendit à la Conférence de Londres pour élaborer le mode d’application du plan des experts.

Les experts avaient conclu au maintien des prestations en nature (voir annexe VI) à condition qu’elles ne devinssent pas pour l’Allemagne une cause de perturbation économique. Seules, les matières produites par l’ Allemagne, telles le charbon, pou-

vaient être des éléments de prestations. Les livraisons étaient

(1) « Nous sommes hostiles à la politique d'isolement et de force qui « conduit à des occupations et à des prises de gages territoriaux.

« En présence de l’état actuel de l’Allemagne, devant la nécessité de « prémunir, non seulement la France, mais tous les peuples, contre un re- « tour offensif du pangermanisme, nous ne croyons pas possible d’évacuer « le Rhin avant que les gages prévus par les experts, dont nous acceptons « le rapport sans arrière pensée, aient été, avec des garanties d'exécution « équitables et efficaces, constitués et remis aux organismes nationaux, « qualifiés pour les gérer ».

« commercialisées » et leur produit devait être comme les autres

; 7 . , versements de l'Allemagne, concentré entre les mains de l’Agent Général des Paiements.

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