‹ Le Charbon: Élément de Réparations et de Négociations dans le Traité de Versailles et les Accords qui l'ont suiviChapitre 6 sur 73 · CE · texte numérisé non relu

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Quelque difficiles qu’aient été ces tractations, elles ont permis cependant aux pays redevenus français d’alimenter au moins partiellement leur industrie jusqu’à la mise en application du Traité de Versailles.

La crise charbonnière se faisait durement sentir à cette époque (fin 1918-1919), dans le reste du pays, en dépit de la réglementation et de l’organisation nées de la guerre, et maintenues après l'armistice, Lorsque s’ouvrit, en mai 1919, la Conférence de la Paix, les importations anglaises n'avaient pas remonté, et les

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anglais nous vendaient leur charbon très cher; les charbons belges ne nous arrivaient qu’en petites quantités, et de plus les mineurs de la Sarre étaient en grève.

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Le problème des Réparations avait été abordé dès février 1919. Mais si les Gouvernements alliés étaient d’accord sur la nécessité et l'équité des réparations, ils ne les envisagaient pas tous de la même manière. En France, l’état d'esprit à ce point de vue tenait la formule si souvent exprimée au Parlement .: « L'Allemagne paiera ». Tout les dommages causés par la guerre lui étant en définitive imputables, il paraissait juste qu’elle les indemnisât tous, quelle que fût leur étendue. La thèse française sera donc que la dette allemande s'étend au prix total de la guerre. À cette thèse française, s’opposera la thèse américaine, que les réparations doivent être limitées à la capacité de paiement de l’Allemagne.

D'où désaccord sur l’étendue de la dette allemande, désaccord sur sa fixation; on convint que pour donner lieu à réparation, les dommages devaient être matériels, certains, et. être une conséquence directe de faits de guerre. La destruction de nos mines du Nord et du Pas-de-Calais revêtait indiscutablement ces trois caractères.

Le 24 mars, les Américains soumettaient au Conseil Suprême un projet de Traité de Paix qui était plutôt un énoncé de principes qu'autre chose, sans un chiffre, sans une précision, quelques directives dont devaient s'inspirer les négociateurs européens pour rectifier les véritables projets qu’ils étaient en train d'élaborer, et dont eux, Américains, s’instituaient en somme les juges (puisqu'ils avaient gagné la guérre).

Quatre jours après, le 28 mars, M. L. Klotz présentait à son |

tour pour le Gouvernement français un projet plus substantiel; le déficit des mines françaises y était largement compensé.

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