‹ Le charbon et la vaccination charbonneuse d'après les travaux récents de M. PasteurChapitre 25 sur 63 · LESAGE · texte numérisé non relu

LESAGE

Cette expérience de Fresne mérite quelques explications.

D'abord il faut rendre justice à l'initiative éclairée du président, M. Lesage, qui, sans le secours d'aucune société savante, était parvenu à intéresser les agriculteurs des environs et avait provoqué leur souscription pour couvrir les frais des expériences.

De plus, le résultat n’est pas aussi net qu’à Pouilly-le-Fort, car si les dix moutons vaccinés n’ont éprouvé aucun effet à la suite de linoeulation virulente, six moutons seulement sur dix témoins ont succombé, tandis qu’à Pouilly-le-Fort tous les témoins avaient succombé,

Dix moutons ont reçu directement le deuxième vaccin et n’ont pas paru sensiblement malades. Ils ont très bien résisté ensuite à l’inoculation virulente. Ce résultat nous frappa d'autant plus que ce second vaccin inoculé directement faisait périr généralement la moitié des animaux, les autres étant très malades.

Rapprochant ce fait du précédent nous fûmes amenés à conclure que les moutons sur lesquels nous avions opéré offraient une résistance naturelle plus grande aux effets du virus charbonneux. Je reviendrai plus tard sur cette explication. Quant au mouton qui a succombé à la suite de la deuxième vaccination dans le troupeau des cent trente-neuf, il est naturel de penser que sa mort doit être attribuée au charbon spontané, la vaccination charbonneuse n'étant pas complète à ce moment, et la ferme de M. Lesage étant une ferme réputée dangereuse pour le charbon.

Enfin, ainsi au’il est dit dans le rapport, c’est à Fresne que, pour la première fois, nous tentàmes la vaccination des chevaux. Je dois avouer que ce ne fut pas sans une certaine hésitation que nous pratiquàmes cette opération sur un aussi grand nombre d'animaux, tous d’un prix élevé. Mais la confiance de M. Lesage était telle que nous dûmes céder à ses instances. Le succès, comme on le voit, fut complet et, à partir de ce jour, la vaccination des chevaux entra elle-même dans le domaine de la pratique.

Il était à prévoir que les chevaux qui avaient subi les deux inoculations vaccinales seraient préservés comme les moutons et les vaches contre les effets du virus virulent. La première expérience de vérification directe de cette manière de voir fut faite par M. Rossignol dont je mets maintenant le rapport sous les yeux du lecteur :

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