‹ Le charbon et la vaccination charbonneuse d'après les travaux récents de M. PasteurChapitre 47 sur 63 · RAPPORTS SUR LA PREMIÈRE EXPÉRIENCE FAITE A PACKISCH · texte numérisé non relu

RAPPORTS SUR LA PREMIÈRE EXPÉRIENCE FAITE A PACKISCH

Rédigé à Packisch, le 5 avril 1882.

La Commission nommée par M. le Ministre de l'Agriculture, des Domaines et des Forêts, pour témoigner des expériences de vaccination contre le charbon pratiquées par l'assistant de M. Pasteur (de Paris), M. Thuillier, s’est réunie aujourd’hui ici.

Elle se compose de :

MA. le conseiller d'État Beyer, conseiller en exercice au Ministère

de l'Agriculture, des Domaines et Forêts ;

le conseiller secret, professeur Virchow, de Berlin;

le comte de Zieten-Schwerin, de Wuastrau ;

le conseiller et directeur de l’École vétérinaire, professeur docteur Dammann (de Hanovre);

les conseillers Zimmermann et Benkendorf ;

le préfet (?) Rimpau, de Schlanstedt.

S’y trouvaient aussi :

Le susnommé Thuillier et le professeur Müller, de Berlin ; ce dernier en remplacement du conseiller secret, professeur docteur Roloff, tombé malade.

À environ cinq cents pas de distance du domaine de Packisch, dans un hangar isolé et divisé en deux compartiments, se trouvent d’un

côté cinquante moutons, de l’autre douze bêtes à cornes. Les moutons se divisent en trente moutons, achetés dans des localités exemptes de charbon, ägés de deux ans(brebis), et vingt agneaux d’un an, nés sur le domaine de Packisch (màles et femelles). Les bêtes à cornes consistent en quatre bœufs de labour, deux vaches pleines, deux vaches en pleine lactation, deux taurillons d’un an et deux veaux femelles du même âge.

Tous ces animaux furent examinés au point de vue de leur santé, et, à cet effet, on mesura leur température interne. Celle-ci, pour les moutons, était de 38°,3 à 39°,4 centigrades. La température des bêtes à cornes était également normale. M. Thuillier se rendit compte de toutes ces conditions et approuva le choix des animaux sans restrictions.

On marqua ensuite les cinquante moutons, du n° 4 au n° 50, à l'encre noire. Les bœufs furent également numérotés de 1 à 12, par l’incision de poils sur la région dorsale. Puis M. Thuillier vaccina les moutons numérotés de 4 à 25,-ainsi que les bœufs impairs (1, 3, 5, 7, 9, 11) avec le vaccin de M. Pasteur, dont il s’était muni.

L'inoculation des moutons fut pratiquée à la face interne de la cuisse droite; celle des bêtes à cornes, immédiatement derrière l'épaule gauche. Le liquide vaccinal employé pour chaque mouton était de un huitième de centimètre cube, et pour chaque bovidé, de un quart de centimètre cube.

Les moutons vaccinés et les moutons témoins furent séparés par une cloison, de façon à ne pouvoir arriver au contact les uns des autres. Les bovidés demeurèrent en place, de sorte qu'un animal vacciné se trouvait toujours entre deux non vaccinés. Toutes les bêtes à cornes provenaient du domaine de Borschütz, distant de 2 milles, et où le charbon n'avait pas encore fait d'apparition.

On désigna pour demeurer à poste fixe à Packisch, dans le but d'observer les animaux inoculés, M. le vétérinaire Bæœkher, assistant à l'École royale vétérinaire de Berlin. 11 est chargé de prendre une fois par jour la température des animaux, d'observer exactement leur état général, les modifications du lieu de l’inoculation, et de procéder à l’autopsie rigoureuse de ceux qui pourraient succomber.

La deuxième inoculation fut concertée avec M. Thuillier, pour le 19 avril.

Tous les membres de la Commission, ainsi que M. Thuillier, ont signé le présent protocole.

Signé : BEYER, VIRCHOW, comle de ZICKEN-ZIETEN- SCHWRIN, W. RIMPAU, ZIMMERMANN, D' DAMMANN, L. THUILLIER.

IT

Rédigé à Packisch, le 19 avril 1882.

Le soussigné s’est rendu ici aujourd’hui et y a trouvé le professeur Müller, en remplacement du conseiller secret Roloff, tombé malade, et M. Thuillier. Y assistaient en outre : le vétérinaire départemental Œmler, de Merseburg; le conseiller secret, docteur Leisering; et le professeur de médecine vétérinaire Siedam- Grotzki, de Dresde.

On inspecte les animaux vaccinés ainsi que les animaux témoins dans le hangar où ils étaient placés. Tous furent trouvés en état de santé satisfaisant. Puis M. Thuillier réinocula les moutons (vingtcinq) et les bêtes à cornes (six), inoculés pour la première fois le 9 de ce mois. On s’assura que les numéros dont avaient été marqués les animaux étaient encore distinets. Les moutons, cette fois, furent inoculés à la face interne de la cuisse gauche ; et les bêtes à cornes, derrière l’omoplate droite, de la même façon du reste que le 5 courant.

Il fut ordonné que la température des animaux inoculés serait prise quotidiennement, pendant trois jours, par un vétérinaire.

Signé : BEYER.

Rédigé à Packisch, le 9 mai 1882.

La Commission soussignée s’est réunie aujourd’hui ici; composée de :

MM. le professeur Müller, remplaçant le conseiller Rolof ; Thuillier, assistant de M. Pasteur, de Paris ; le docteur vétérinaire départemental Œmler, de Merseburg.

M. le professeur Müller remit à la Commission le compte rendu ci-joint (voyez plus loin ce rapport, p. 220) des résultats obtenus, le 6 mai, à la suite de l’inoculation, avec du sang charbonneux, des moutons et bœufs vaccinés le 5 et le 19 avril, ainsi que de l’état des animaux servant de témoins.

M. Thuillier et M. Œmler signalèrent qu'après l’inoculation pratiquée le 6 mai, ont succombé :

1° Parmi les bœufs témoins :

Le n° 10, à minuit, dans la nuit du 8 au 9 mai; Le n° 6, le 9 mai, à dix heures du matin; Le n° 2, le 9 mai, à quatre heures et demie de l'après-midi.

2° Parmi les moutons témoins, désignés par les n°° 26 à 50 :

Bans la joumeéedu mar Res neere LPO moutons:

= 4 US MAIRE OR EME. Re ve 8 — DORA Res 24 —

Des bêtes à cornes témoins sont encore actuellement en vie les n*4, 6 et 12, mais ils sont plus ou moins malades du charbon, à la suite de l’inoculation.

Des moutons témoins, un seul vit; c'est le n°35, quoiqu'il soit tombé malade à la suite de l’inoculation, et qu'aujourd'hui la température rectale marque 41°,1.

Tous les bœufs et moutons inoculés avec le vaccin Pasteur — à exception de trois agneaux d'un an ayant succombé avant le 6 mai au virus vaccinal — furent examinés par ‘la Commission et trouvés sains. M. Œmler avait pris les températures de tous les animaux, et chez aucun il n'avait constaté une élévation au-dessus de la normale.

Vingt cadavres des moutons témoins avaient été détruits par mesure de sécurité. Mais les cadavres des quatre moutons morts en dernier lieu, et ceux des bêtes à cornes, n° 10,6 et 2, furent encore trouvés par la Commission dans le hangar.

On pratiqua l’autopsie des bœufs n° 10 et 6, et du mouton n° 50; et l'examen macroscopique et microscopique montra avec la plus parfaite certitude :

« Que les animaux avaient succombé au charbon véritable. »

Les cadavres, vus par la Commission, furent aussi rendus inoffensifs par la coction.

Tous les animaux sont demeurés depuis le 5 mai jusqu’à aujourd’hui dans le même hangar, et ont été nourris de fourrage provenant du domaine de Borschütz, indemne, jusqu'ici, de charbon.

La Commission s’assura que le hangar, qui avait servi aux animaux, répondait à toutes les exigences de l'hygiène pour les moutons et les bœufs.

Assistaient en outre, ainsi qu'a la deuxième vaccination, le conseiller D' Leisering, et le professeur de médecine vétérinaire, D' Siedamgrotzki, de Dresde.

Ce protocole est signé par tous les membres de la Commission et par M. Thuillier.

Signé : BEYER, comte de ZICKEN-ZIETEN-SCHWERIN, D' DAMMANN, ZIMMERMANN, THUILLIER, RIMPAU, VIRCHOW.

Rédigé à Packisch, le 6 mai 1882,

Aujourd'hui, le soussigné s’est rendu ici, accompagné de M. Thuillier et du vétérinaire départemental Œmler (de Merseburg), pour continuer les expériences de l’inoculation du charbon.

Le sang destiné à l’inoculation fut emprunté à un mouton, lequel fut inoculé dans l'après-midi du 3 mai par un liquide virulent envoyé par M. Pasteur et qui mourut dans la nuit du 4 au 5 mai.

Le soussigné et le vétérinaire départemental Œmler se sont assurés que le mouton avait véritablement succombé au charbon et que son sang contenait les bâtonnets charbonneux types.

Étaient vivants dans le hangar : les douze bêtes à cornes (six vaches et les six témoins), et quarante-sept moutons, savoir : vingt-deux moutons numérotés de 1 à 17 et les numéros 19,21, 22, 23, 25, qui avaient élé inoculés avec le vaccin Pasteur le 5 et le 19 avril.

Les moutons vaccinés n°% 18,20 et 24 sont morts, depuis le 19 avril, des suites du charbon vaccinal.

Vivaient aussi les vingt-cinq moutons témoins numérotés de 26 à 50.

M. Thuillier s'assura que les moutons et les bêtes à cornes du hangar étaient parfaitement sains et que les numéros servant à marquer les moutons étaient bien reconnaissables.

Sur ces entrefailes, M. Thuillier inocula les moutons vaccinés le 5 et le 19 avril, et les vingt-cinq moutons témoins, ainsi que les douze bêtes à cornes. Il inocula dans le tissu cellulaire souscutané de chaque mouton un huitième de centimètre cube, et de chaque bête à cornes un quart de centimètre cube de sang charbonneux, à l’aide de la seringue de Pravaz.

Le lieu d’inoculation, chez le mouton, fut la face interne de la cuisse gauche, et chez les bêtes à cornes le tissu cellulaire derrière l'épaule droite.

On constata en outre que les moutons de 1 à 15, et de 26 à 40, se trouvent aujourd'hui dans un état d'embonpoint bien plus prononcé que le 5 avrii.

M, Thuillier et le vétérinaire départemental Œmler resteront ici

EXPÉRIENCES D'ALLEMAGNE. 221 jusqu’à samedi et, si cela est nécessaire, jusqu'à mardi. Il est convenu que les cadavres des animaux qui succomberont jusqu’au lundi à midi seront bouillis. Les cadavres des moutons qui succomberont plus tard seront conservés jusqu’à l’arrivée de la Commission, le 9 mai.

Signé : L. Tauiczier, ŒMLER, MULLER.

Ainsi, dans cette première expérience faite en Allemagne, un accident s élait produit sur les moutons. A la suite de la deuxième vaccination {rois agneaux avaient succombé, et l’autopsie démontra qu'ils avaient succombé au charbon. Les animaux qui avaient résisté aux deux inoculations supportèrent ensuite parfaitement l’effet du virus virulent, tandis que parmi les témoins vingt-quatre moutons sur vingl-cinq succombèrent, et trois bovidés sur six, les trois autres ayant élé très malades.

Cette expérience élablissait donc, d’une façon certaine, l'influence préservatrice de la vaccination contre le virus virulent, fait qui jusque-là avait été vivement contesté par un savant allemand, le D' Koch; mais il ne suffisait pas à démontrer rigoureusement que les vaccinations pouvaient être pratiquées sans danger, puisque trois moutons sur vingt-cinq avaient succombé à la suite du deuxième vaccin. Ce n’était donc qu’un demi-suecès, et M. Pasteur, dont les théories ontété si souvent contestées au delà du Rhin, tenait essentiellement à obtenir un succès complet. Or le vaccin qui avait été employé par M. Thuillier était le même qui servait en France, où il ne donnait lieu à aucun accident. Il était donc évident que les moutons allemands étaient plus sensibles aux effets du vaccin que les moutons français. La rapidité de la mort des moutons témoins nous en donnait aussiune preuve. Dès lors nous diminuâmes la virulence relative du second vaccin et M. Pasteur demanda qu'une nouvelle expérience, portant sur un nombre d'animaux beaucoup plus considérable, fût faite avec le nouveau vaccin modifié, afin de bien établir qu'on peut adapter la virulence relative des vaccins aux réceplivités particulières que peuvent présenter les

animaux. Le gouvernement allemand accepta la proposition de M. Pasteur et uñe nouvelle expérience eut lieu. Les rapports suivants montrent que, cette fois, le succès fut complet.

DEUXIÈME SÉRIE D'EXPÉRIENCES D'INOCULATION FAITES A BORSCHUTZ ET A PACKISCI

IN

Rédigé à Borschütz, le 10 mai 1882.

Pour la continuation des expériences touchant linoculation du charbon, se sont rendus ici:

MM. Thuillier, assistant de M. Pasteur ; le propriétaire Dietze, de Guldenstern ; le vétérinaire départemental Œmiler, de Merseburg.

L'étable contenait :

Deux cent cinquante-six brebis mères de trois à sept ans. La date de naissance des animaux est inscrite par tatouage dans l'oreille droite par les dates de 75 à 79; Deux cent vingt-six agneaux de l’âge de sept à onze semaines, Tous ces moutons avaient été à Packisch jusqu’au 6 mai. Sur le domaine de Borschütz se trouvaient en outre trois béliers, On fit deux lots égaux des brebis mères, la répartition de l’âge étant égale des deux côtés. À chaque lot étaient attachés les agneaux nés des brebis qui le composaient. Les deux lots se composaient done comme suit :

128 brebis mères ; 123 agneaux;

et, d'autre part :

128 brebis mères ; 103 agneaux,

Les animaux du deuxième lot furent marqués par un trou rond percé à l'oreille droite.

On tira au sort, et le premier lot désigné, composé de cent vingthuit brebis et de cent vingt-trois agneaux, fut inoculé ; le deuxième lot servit de contrôle.

M. Thuillier inocula ensuite avec le vaccin envoyé par M. Pasteur, de la même façon qu'au 5 avril, les cent vingt-huit brebis el les cent vingt-trois agneaux du premier lot. Chaque brebis et chaque agneau reçut l'injection, sous la peau de la face interne de la cuisse droite, d’un huitième de centimètre cube de la liqueur vaccinale.

Les moutons iront päturer dans une prairie placée au voisinage du domaine et remplissant toutes les conditions exigées par l’hygiène, Le propriétaire des moutons, M. Lücke, s’est engagé à remettre à l'étable tout animal dès qu’il paraïîtrait souffrant, et de l'y maintenir pendant toute la durée de la maladie.

Vu l'impossibilité de mesurer quotidiennement la température de tant de moutons, il fut décidé que l’on prendrait la température des quinze premiers moutons et des quinze premiers agneaux s’échappant de l’étable ; on prendra en outre la température des animaux qui (omberaient malades. Les quinze premières brebis et les quinze premiers agneaux qui sortirent de l’étable furent marqués sur la nuque avec du goudron.

Le 20 mai fut fixé comme jour de la deuxième vaccination.

MULLER, Professeur à l'Ecole royale vétérinaire de Bern, chargé de la rédaction de ce Rapport.

Lu et approuvé, Signé : R. DIETZE, L: THUILLIER, ŒMLER, LüCkE.

Rédigé à Borschütz, le 20 mai 1882.

Pour procéder à la deuxième inoculation des moutons vaccinés une première fois le 10 mai, se trouvèrent ici, outre le professeur Müller :

MM. le propriétaire Dietze, de Guldenstern ; Thuillier, de Paris ; le vétérinaire départemental Œmler, de Merseburg.

Les susnommés s’assurèrent que le lot de moutons vaccinés se composait aujourd'hui, ainsi que le 10 mai, de

128 brebis mères, 123 agneaux,

et que tous les animaux étaient bien portants.

Sur ces entrefaites, M. Thuillier inocula, comme au 10 mai, les cent vingt-huit brebis et les cent vingt-trois agneaux, avec le liquide envoyé, dans ce but, de Paris, par M. Pasteur.

Le lieu d’inoculation fut la face interne de la cuisse gauche. Chaque animal reçut le huitième du contenu de la seringue de Pravaz, soit un huitième de centimètre cube.

L’inoculation lerminée, on s’aperçut qu'on avait inoculé cent vingt-neuf brebis. Une revue plus exacte des lots montra qu'un mouton dulotde contrôle (reconnaissable au trou de l’oreille droite) avait franchi la ligne de séparation, et s'était mêlé au lot vacciné.

Il fut marqué d’un signe ostensible et il sera observé avec soin.

M. Œmler et M. Thuillier resteront à Borschütz jusqu’à ce que les symptômes résultant de la deuxième inoculation se soient dissipés. M. Œmler prendra la température des quinze brebis mères et des quinze agneaux dont il a déjà relevé la température après la première inoculation, et aussi la température du mouton provenant du lot témoin dont il a été fait mention. M. Lücke dirigera

sur Packisch, dimanche 28 mai, le lot vacciné, ainsi que les sujets du lot témoin destinés à l’inoculation faite avec du sang charbonneux.

M. le propriétaire Dietze annonça qu’il se rendrait ce soir, pour raisons de santé, aux bains de Carlsbad et qu'il avait prié M. le propriétaire Rüyter, de Plotha, de le remplacer à Packisch, lors de l'inoculation virulente, le 30 mai.

Lu et approuve.

Signé : F. DIeTzE, L. THUILLIER, (ŒMLER

MULLER

chargé de Ja rédaction de ce Rapport.

tédigé à Packisch, le 30 mai 1882.

Le soussigné, professeur Müller, s’est rendu ici aujourd’hui pour continuer les expériences de vaccination du charbon d’après le système de Pasteur, et trouva présents :

M. Thuillier, de Paris ;

M. le propriétaire Rüyter, de Plotha, en remplacement du propriétaire, M. Dietze;

M. le vétérinaire départemental Œmler, de Merseburg.

Dans le hangar qui avait servi aux premières expériences, faites du 5 avril au 9 mai, se trouvèrent :

Douze brebis et douze agneaux provenant du lot qui avait été inoculé le 10 mai et le 20 mai à Borschütz, avec le liquide de culture de Pasteur ;

Six brebis et six agneaux, ayant un trou à l'oreille, provenant du lot témoin (non vacciné);

Les bœufs inoculés le 6 mai, avec du sang charbonneux, qui CH. CHAMBERLAND. 15

étaient tombés malades, mais qui avaient guéri (bœufs n° 4, 8 et 12).

Les soussignés s’assurèrent qu'aucun de ces animaux ne présentait de symptôme morbide.

Sur ces entrefaites, M. Thuillier inocula avec le sang d’un mouton mort de charbon inoculé, le 29 mai, à cinq heures du matin, à l'École royale vétérinaire de Berlin :

Six brebis (n° 200, 160, 118 et trois brebis non numérotées), ainsi que les agneaux 1, #, 10, 5, 9, 11, du lot inoculé le 10 et le 20 mai ;

En outre, trois brebis-mères et trois agneaux des animaux témoins désignés par un trou dans l’oreille droite. :

Ensuite on inocula avec le liquide virulent envoyé de Paris par M. Pasteur, et qui avait aussi servi à inoculer le mouton de l’École vétérinaire de Berlin :

Six brebis mères (n°° 191, 190, 43, 128), et deux brebis non numérotées; ainsi que les agneaux 2, 5, 6, 7, 8, 12, du lot vacciné le 10 et le 20 mai; ainsi que trois brebis et trois agneaux munis d’un trou à l’oreille droite (du lot témoin) ; en outre les trois bêtes à cornes susmentionnées.

L'inoculation se fit de telle façon qu'alternativement deux moutons vaccinés et un mouton témoin reçurent du liquide virulent provenant de la même seringue.

Chez les moutons, le lieu d'insertion fut la face interne de la cuisse gauche; chez les bœufs, le côté gauche du cou. La quantité de liquide inoculé fut d’un huitième de centimètre cube pour les moutons et de un quart de centimètre cube pour les bœufs.

M. Thuillier et M. Œmler nous communiquèrent que le 27 mai, vers onze heures du matin, une des brebis vaccinées à Borschütz (lot des cent vingt-huit brebis et cent vingt-trois agneaux) le 10 et le 20 mai, avait succombé. L’autopsie fut faite dans l'après-midi du 28 mai. M. Thuillier déclare que la putréfaction du cadavre était trop avancée pour qu'on püût se prononcer nettement sur la cause de la mort. M. Œmler est d'avis que la brebis est morte du charbon et il communiquera le protocole d’autopsie.

Les trente-six moutons inoculés aujourd'hui resteront divisés en deux lots, dans le hangar mentionné. Les places occupées par les

animaux d'expérience n'avaient pas servi antérieurement à loger des moutons.

Lu et approuvé, Signé : L. THUILLIER, F.-D. RUYTER, ŒNLER ;

MULLER

chargé de la rédaction du présent Rapport.

Rédigé à Packisch, le 1% juin 1882.

Le soussigné, professeur Müller, trouva présents aujourd’hui :

M. Thuillier, de Paris ;

M. le propriétaire Rüyter, de Plotha ;

M. le vétérinaire départemental Œmler, de Merseburg.

MM. Thuillier et Œmler déclarent que tous les douze animaux, à l'oreille percée, inoculés le 30 mai avec le sang charbonneux ainsi qu'avec le liquide de culture virulent envoyé de Paris, étaient morts.

Le premier décès eut lieu hier dans lPaprès-midi, vingt-cinq heures après l’inoculation; jusqu’au soir d'hier, neuf autres sont morts ; et trois dans la nuit d'hier à aujourd’hui.

Aujourd’hui, entre midi et une heure, est mort l'agneau n°1, vacciné le 10 mai et le 20 maï; il avait reçu avant-hier dans le tissu cellulaire sous-cutané un huitième de centimètre cube de sang charbonneux.

L’autopsie de ce susdit agneau et de deux des animaux témoins morts dans la nuit, ainsi que l'examen microscopique du sang, montra sans laisser aucun doute que :

Les animaux témoins el l’agneau vacciné n° 1 avaient succombé au charbon.

Les vingt-quatre moutons vaccinés, auxquels, le 30 mai, on a injecté du sang charbonneux ou de la culture charbonneuse de

Paris, ne présentaient, ni hier, ni aujourd’hui, aucun symptôme morbide. Leur température rectale oscillait entre 38°,2 et 42°,4 centigrades. L’agneau n° 1 présentait hier 41°,5, et ce matin 39,4. II mourut subitement, sans symptômes bien accusés.

Les vingt-trois autres moutons se montrèrent parfaitement bien portants, si l’on fait abstraction de l'élévation de température observée chez quelques-uns et encore constatable.

Les bêtes à cornes inoculées le 30 mai dernier, à l’aide de la culture virulente envoyée de Paris (n° 4, 8, 12), ne présentèrent mi symptôme morbide ni élévation de température, et aujourd'hui encore elles sont parfaitement bien portantes.

Les cadavres des moutons morts ont été rendus inoffensifs par la cuisson à l’aide de vapeur d’eau bouillante.

M. le vétérinaire départemental Œmler restera encore ici jusqu’au soir du 2 juin pour veiller à la désinfection des hangars ayant servi aux animaux d'expérience.

Les mesures de désinfection ont été convenues avec M. Œmler. Ce dernier s’entendra, à cet égard, avec le vétérinaire Kœpke, de Mühlberg, également présent. Celui-ci nous renseignera, dans un rapport ultérieur, sur les mesures de désinfection qui ont été prises.

Lu et approuve, Signé : L. THUILLIER, RUYTER, ŒMLER ;

MULLER

chargé de la rédaction du présent Procès-verbal.

Ainsi, dans cette nouvelle expérience, cent vingt-huit brebis et cent vingt-trois agneaux, soit un total de deux cent cinquante et un moutons, ont subi les deux inoculations préventives. Une brebis est morte à la suite du deuxième vaccin. Même dans le cas où elle serait morte du charbon, ce qui n’est pas absolument démontré, on voit que nous sommes Join de la mortalité qui avait sévi dans la première expérience et qui était de trois sur vingt-cinq

Douze brebis et douze agneaux vaccinés du lot précédent ont élé inoculés, moitié par du sang charbonneux virulent et moitié par du virus virulent envoyé du laboratoire de M. Pasteur. Un agneau a succombé au charbon. Quant aux douze témoins non vaccinés, ils ont succombé très rapidement en totalité.

Qu'un jeune agneau vacciné n’ait pu supporter l’action du sang virulent, il n’y a là rien qui doive nous étonner. Il faut au contraire s’altendre à rencontrer quelquefois de ces particularités. Ce qui doit nous étonner, c’est de ne pas les rencontrer plus souvent, car il ne faut pas oublier que dans toutes les expériences qui portent sur la vie, il y a de nombreuses inconnues qu’on ne parviendra probablement jamais à dégager complètement (1).

(1) Une communication de M. Müller nous a appris qu’un second agneau vacciné a également succombé quatorze jours après l’inoculation virulente.

A: nf En dd dure he DPI

| (TE ct ed Pre de dora dotn nue ati: ft À AN rer dd veto LS EAST It Due | À FUN TANT, EAP DT NI DEN LU PR L TA ATP LECTURE DÉTENTE EE 4 40e. Fes Et | à CHU dfifh AA pt ro pis, HR nur as a oo MS OUR END AERRNE M IE É AM ub 418 Pinstbag Ra

ne pu “0 Luet i CHA Rue La pics bi) cos ; es: | va ! ù 2 OURS 1e PLAT " ne 4 È ! Le d Rs TN ah Pr CRUE fu dé a de 4 er Valhins nl

Fe FR er Gi wa Pan l Prés LE) el Etam TE yet à à he $%

à Ds hp Pacte A S'MFEDONT DO EU tés F1 Fa FA Wa

k | | du | de 4 FE M | SN EURO ve ty. wi nr DU % k 4 s | LA Not A" RAR

AE UE 7: vw AN CT Ra e 8 | hi ‘1 ASPELS DC" CU: Le rh 4 s Lu! È e LEA CPR di Vus Ie MI 4 À R '0 este | sr CD.

Ps EE rs 4 ” d re | x É k ; fe ; 4 ré RS | or ns Le 2 CR 2 ‘ en fl | ÊN x ; NON À & NU

î H Loc à N: : ; FA k 4 Ra ‘ 12} à 2 x à “ slt Là L x 10 n Fi 080) RSR 2 SION 10 ; ELA = HA TU ET ER y: er | * É 2 mc:

Hi AMAR AU" nt)! / ne

h: Snge NEUTE 7 tr y, à NC” Lire, Lee ns

CNE URS

CHAPPEREXXIV

Les expériences d’Autriche-Hongrie et celles d'Allemagne sont les seules qui aient été dirigées par un collaborateur de M. Pasteur. Elles parurent suffisantes pour établir définitivement que la vaccination charbonneuse pouvait être pratiquée sur les diverses races de moutons que l’on trouve en Europe et dans le monde entier. Dans quelques autres pays des expériences publiques eurent lieu avec des vaccins envoyés par le laboratoire de M. Pasteur; les opérations furent faites par des vétérinaires plus ou moins habiles dans la pratique de la vaccination. Parmi ces dernières citons celles de Turin entreprise par M. Perroncito, professeur distingué de l’École vétérinaire de cette ville, venu auparavant à Paris pour s'initier à la pratique de nos inoculations.

Voici le résumé exact des expériences de M. Perroncito :

Le 14 janvier 1882, à Mongreno, dans une ferme appartenant au docteur Giuseppe Rizzetti, huit moutons, trois chèvres et deux bovidés reçurent la première vaccination qui n’entraina aucune maladie. La deuxième vaccination eut lieu le 26 janvier etne causa qu’une légère fièvre chez les animaux; ils conservèrent leur appétit. M. Pasteur ayant reconnu à cette époque que le vaccin employé était un peu faible, et craignant que, dans ce pays où la vaccination était pratiquée pour la première fois, on ne püt obtenir un résultat aussi complet que celui que l’on était en droit d'espérer, conseilla à M. Perroncito d'effectuer une troisième vaccination avec un deuxième vaccin un peu plus fort. Cette troisième inoculation eut lieu le 7 février, elle n’exerça aucun effet apparent sur l’état sanitaire des animaux.

Le 1° mars, eut lieu l'épreuve publique dans une ferme voisine de Turin et appartenant à M. Giusiana. Ces expériences eurent lieu en présence d’une commission nommée par le préfet de la province et composée de : MM. Car. Domenico Vallada, directeur de l'École vétérinaire (M. Vallada donna sa démission le 4 mars et fut remplacé par le vétérinaire en chef Car. Carlo Coscia); Car. dott. Flaminio Dionisio ; et Car. dott. Deniamino Carenzi, membres du conseil sanitaire de la province ; dott. Caretto, vétérinaire à Strambino.

Le virus virulent fut inoculé à vingt animaux, dont dix vaccinés, savoir: un taurillon, une génisse, six moutons, deux chèvres ; et dix non vaccinés, savoir: huit moutons et deux veaux. |

Quatre moutons furent conservés au milieu des autres et ne reçurent aucune inoculation. Les moutons, chèvres et bœuf vaccinés supportèrent impunément l'effet du virus virulent. Cinq des moutons non vaccinés moururent en moins de quarante-deux heures ; un autre, après cinquante-trois heures, et un septième qui avait été inoculé avec des spores de bactéridies, ne suceomba qu'après quatre-vingt-sept heures. Enfin le huitième mouton survécut après avoir eu une fièvre charbonneuse très intense. Chez les deux veaux non vaccinés il se déclara, vingt-quatre heures après l'inoculation, une fièvre si violente que bientôt leur température s’éleva jusqu’à 41°,9. L’un mourut du charbon après six jours: l’autre succomba plus tard à un œdème produit par l'opération. Les quatre moutons témoins, bien que vivant dans la même étable et exposés à la contagion, ne furent nullement atteints.

Cette expérience, dont le succès eut un grand retentissement, fut faite sous les auspices du comice agricole de la province. Immédiatement après, beaucoup de vétérinaires italiens se livrèrent à des essais analogues; malheureusement ils étaient peut-être moins habiles dans la pratique de l'opération et les résultats qu'ils obtinrent, quoique satisfaisants en général, n’eurent pas la netteté de ceux de M. Perroncito. Les causes des accidents survenus ne sont pas faciles à préciser, d'autant plus que les documents détaillés sur la façon dont les expériences furent conduites font défaut. Parmi les causes d’erreur, il en est une que je crois devoir signaler ; elle a été commise par M. Bassi, collègue de M. Perroncito à l'École vétérinaire de Turin.

Dans une première expérience, faite à l’École vétérinaire de Turin, on inocula trois chevaux, deux bœufs, un bouc et cinq moutons, tous préalablement vaceinés; et six brebis, deux bœufs et deux chevaux, qui n’avaient pas reçu l’inoculation préventive et devaient servir de témoins. Parmi les animaux vaccinés, un cheval, un bouc et cinq moutons moururent: deux chevaux et deux bœufs ne furent même pas malades. Quant aux bêtes non vaccinées, toutes succombèrent, à l'exception d’un cheval et d’un bœuf chez qui se développa, au point d’inoculation, un œdème assez considérable. Cette épreuve était donc défavorable à la vaccination et elle surprit beaucoup M. Pasteur, qui ne tarda pas à découvrir la cause de l’insuccès. Il apprit, en effet, que les inoculations avaient été faites avec le sang d’un mouton atteint du charbon spontané et dont la mort remontait à plus de vingt-quatre heures. Or, d'après les expériences de M. Pasteur, au bout de ce temps le sang du cadavre des animaux charbonneux ne renferme pas seulement la bactéridie charbonneuse, mais aussi le vibrion septique. Aussi M. Pasteur n’hésita-t-il pas à attribuer à cette dernière action, à la virulence septique, l’insuccès apparent de M. le professeur Bassi.

Peu confiant dans les explications données par M. Pasteur et voulant en contrôler l'exactitude, M. Bassi entreprit une nouvelle expérience en se plaçant dans des conditions favorables. Quatorze moutons, trois bovidés et deux chevaux furent vaccinés une première fois, le 20 avril 1882, et une deuxième fois le 5 mai; dans l’intervalle, un mouton était mort de métrite septique. Les inoculations de contrôle eurent lieu le 28 mai. On inocula :

1° Avec une culture non atlénuée, envoyée du laboratoire de M. Pasteur :

Six moutons, deux bêtes bovines, un cheval, tous vaccinés; et quatre moutons, deux bovidés, non vaccinés.

Quatre moutons et un bœuf non vaccinés moururent à la suite de l'inoculation. Sur l’autre bœuf se développa une forte tumeur qui disparut peu à peu.

Tous les animaux vaccinés n’éprouvèrent aucun symptôme de maladie.

2° Avec le sang pris deux heures et demie ou trois heures auparavant sur un bœuf mort du charbon :

Six moutons, deux bœufs, un cheval, vaccinés ; et quatre moutons, deux bœufs, deux chevaux, non vaccinés.

Parmi les vaccinés deux moutons moururent après deux et six Jours.

Parmi les non vaccinés, trois moutons moururent après quarantehuit heures; un, après cinquante-six heures ; un bœuf après trois jours; un cheval après sept jours ; l’autre cheval après neuf Jours. Enfin un bœuf survécut à une violente fièvre charbonneuse.

On voit que le résultat de cette deuxième expérience ne présente aucune analogie avec la première. On peut même dire que cette dernière expérience a pleinement réussi, malgré la mort de deux moutons inoculés par le sang et sur laquelle je reviendrai tout à l'heure.

M. le professeur Bassi résume ainsi le résultat de l’ensemble de ses recherches:

I. Les vaccinations pastoriennes peuvent être pratiquées sans danger sur les moutons, hœufs et chevaux.

IT. Les fièvres de réaction après la première et après la deuxième vaccinalion sont minimes et de courte durée; pourtant celle qui suit la deuxième inoculation préventive est plus forte.

IT. Du sang sans élément septique, recueilli sur le cadavre d’un bœuf ou d’un mouton mort du charbon inoculé, {ua neuf animaux sur vingt vaccinés ; et quinze sur dix-huit non vaccinés.

IV. Les brebis possèdent la plus faible, et les bœufs la plus forte puissance de résistance aux inoculations du sang charbonneux ; celui-ci ne tue que la moitié des bœufs non vaccinés.

V. Le virus charbonneux non atténué du laboratoire Pasteur ne tua que les moutons non raccinés.

Ces conclusions sont loin d’être exactes; elles ont tout au moins besoin d'explications. M. Bassi, qui aurait dû être convaineu à la suite de sa deuxième expérience de l'erreur commise dans la première, n'en lient cependant aucun compte ; et, pour arriver à établir une forte proportion d'animaux vaccinés morts à la suite de l'inoculation virulente, l'honorable professeur fait entrer en ligne de compte les résultats obtenus dans sa première expérience, qui

EXPÉRIENCES D'ITALIE. 239 est défectueuse, et ceux que lui a fournis la seconde, effectuée dans les conditions normales. La proposition [IT devrait être basée seulement sur la deuxième expérience, et être ainsi formulée:

Du sang sans élément septique, recueilli sur le cadavre d’un bœuf mort du charbon inoculé, tua: deux animaux vaccinés sur neuf; et sept bêtes non vaccinées sur huit. En outre, il faut remarquer que les deux animaux vaccinés qui ont succombé, sont des moutons, et M. Bassi n'indique pas la dose de sang inoculé ; enfin l’animal non vacciné qui a survécu est un bœuf.

La proposition V est, elle aussi, erronée, puisque, sur deux bœufs, un est mort à la suite de l’inoculation du virus non atténué du laboratoire Pasteur, l’autre a survécu.

Si la traduction qui me fournit ces résultats, est exacte (tirage à part des Archio für Wissensch. und prakt. Thierheukunde. — B. VIII — H. 6.— 1882), il ne me parait pas douteux que M. le professeur Bassi n’a pas voulu se rendre à l'évidence, malgré le succès de sa seconde expérience.

“td 19 5e AE AU PA Haies à” “étre “4e ei Semen ALL Fe NRA ET RTE 1 or | du PRMPONRE Ne TRS AL: FA We AE TE qu LE té ’ \ ‘8 di 8 Purs LA TU 2 TT VAI } LEE 44 RTE FLE 10

GRANT EE Le ent] in Wir! # SPC is PRG te on

ÿ + 2 HV MEET Ret He #: EU ae lafiA 1 “atbee > »

PAUL MAITRE mu (ny PAST TE a 1 ii IA qu F'HDRRE + d

ï | | ve PR CA NP - # Re © © ANENTR ERP AMIENS GR TN TETE ; rat NT) tri 7 CAT RAILS gi A f “ ; ; = ONE | : a} Hé à 5 2 OU a TT NPPê MAD FATAL g | REY Û L'A Act Men, fat y timimot Av lt tré HA

#7 k . ÿ V— . è E F pe dd : Née 4 Fin N { r fi à d PRET | 7

Va “# f e | | Chr enr oi fs U RAPAGLTE AITRTEE dé POLE US LI RS LS 3 Frr, 52 on! Ï "AI ! LEVEL | Ed Fr tH\E" ÿ gi " à Lu $ | ' sr | 5 NAS EAN pie nat “it AA ph À … > : Fe ds L

gs 7 LS si 4 : 7” | F* % ; | ; | : D

Page 1