MORTALITÉ PAR LA VACCINATION
est donc de 421 + 526— 947, soit un sur cent soixante-quatre environ.
Or la perte totale sur les vaccinés dans l’année précédente était de un sur cent seize. Il en résulte que la perte totale pour l'année 1882 est inférieure à celle de 1881 et par suite, en faisant la part de la mortalité qui a dû se produire par la maladie spontanée, la perte résultant du fait de la vaccination est inférieure à un sur cinq cent trente-trois. La différence en faveur de 1882 doit être imputée en grande partie à ce que dans les troupeaux vaccinés, il y en avait une plus forte proportion que dans l’année 1881, qui n'étaient pas sous le coup du charbon spontané. La plupart des vaccinations ont, en effet, été faites au printemps, au moment où le charbon spontané ne règne pas en général.
Sur quatorze mille sept cent soixante-neuf bœufs ou vaches vaccinés, il en est mort douze après la première inoculation, et quatre dans les dix jours qui ont suivi la deuxième, ce qui fait un total de seize pendant la vaccination complète, soit un sur neuf cent vingt-trois.
Enfin, sur neuf cent soixante-deux chevaux, aucun n’est mort après la première inoculation, six sont morts après la seconde, ce qui fait une proportion de un sur cent soixante. On voit que la mortalité sur les chevaux a été relativement considérable. Nous avons même été si frappés de cette mortalité que, à un moment donné, nous avons suspendu tout envoi de vaccin pour ces animaux. Nous verrons plus loin à quoi il faut attribuer ces accidents et comment nous avons pu y remédier.
Quoi qu'il en soit, si nous tenons compte des cas de charbon spontané qui ont pu et dû se produire pendant la période totale de la vaccination en 1882, nous voyons que, cette année encore, les résultats sont très satisfaisants.
Et cependant c’était la première année où la pratique des vaccinations se faisait sur une grande échelle. MM. les vétérinaires étaient plus ou moins au courant du Manuel opératoire nous avons rencontré nous-mêmes dans la fabrication des vaccins des difficultés auxquelles nous n’étions pas préparés; eh bien, malgré ces conditions défavorables, nous voyons que le résultat obtenu est très bon, meilleur même que nous ne l’avions espéré à
la suite de quelques accidents qui nous avaient été signalés. II ne nous paraît pas douteux maintenant que dans peu de temps la vaccination charbonneuse devienne tout à fait générale, Peut-être même deviendra-t-elle obligatoire.
Tous les chiffres que je viens de citer s'appliquent à la France seulement. À l'étranger, il a été expédié trente-six mille huit cent trente doses de vaccin pour les moutons, etsix mille cent soixanteneuf pour les bœufs, vaches ou chevaux. Les pays qui viennent en première ligne pour ces expéditions sont l’Autriche-Hongrie (vingtdeux mille trente-sept moutons et douze cents bœufs), l'Italie (deux mille six cent dix-huit moutons et trois mille sept cent quatre-vingtquatorze bœufs), l'Allemagne (mille six cents moutons et quatre cents bœufs), etc. Presque tous les pays du monde ont demandé des vaccins, mais nous n’avons pas de renseignements détaillés sur la mortalité produite par la vaccination. Beaucoup, d’ailleurs, de ces vaccins ont servi à faire des essais. Mais cet empressement des différents peuples est d’un bon augure pour la diffusion générale de la pratique des vaccinations.