EFFICACITÉ DE LA VACCINATION
Or la moyenne des pertes, dans les années précédentes, moyenne donnée dans les mêmes tableaux, est de 10 pour 100 environ. La vaccination aurait donc réduit la mortalité dans la proportion de 10 à 1,11.
Sur les 14,769 bœufs ou vaches vaccinés, 21 ont succombé au charbon spontané, soit 1 sur 703 ou 0,14 pour 100. La mortalité pendant la vaccination a été de 16 animaux, soit 1 sur 924 ou 0,10 pour 100. La perte totale est donc de 0,24 pour 100.
Or la moyenne des pertes dans les années précédentes était de 7 ou 8 pour 100. La vaccination a donc été très efficace sur les bovidés.
Sur les 962 chevaux vaccinés il en est mort deux à la suite des vaccinations. 6 avaient succombé pendant la vaccination. La mortalité totale a donc été-de un sur cent vingt. Cette mortalité, dans les années précédentes, était en moyenne de 5 pour 100.
La comparaison que je viens de faire entre la mortalité qui a sévi sur les animaux vaccinés pendant l’année 1882 et pendant les années précédentes peut donner lieu à une objection capitale, savoir : que la mortalité naturelle par le charbon a été très faible cette année. Les adversaires de la vaccination pourraient en profiter pour affirmer que les bienfaits de la vaccination sont nuls ou du moins peu importants.
Heureusement, à notre insu, l’expérience que nous avions faite en 1881 a élé répétée cette année par la Société vétérinaire d’'Eureet-Loir. Je ne saurais mieux faire que de reproduire textuellement le rapport qui a été présenté à cette Société par M. E. Boutet dans la séance du 29 octobre 1882. Ce rapport lève tous les doutes:
. Le résumé des vaccinations pratiquées dans le département d’Eure-et- Loir, depuis les expériences de Pouilly-le-Fort et de Lambert, est très instructif.
Le nombre des moutons vaccinés depuis un an s’élève à 79,392; sur ces troupeaux, la moyenne de la perte annuelle depuis dix ans était de 1,237 soit 9,01 pour 100. Depuis la vaccination il n’est mort du charbon que 518 animaux, soit 0,65 pour 100. Il faut faire observer que cette année, probablement à cause de la grande humidité, la mortalité ne s’est élevée en Eure-et-Loir qu’à 3 pour 100. Les pertes auraient donc dû être de 2,332 au lieu de 518 après les vaccinations.
Dans les troupeaux qui ont été vaccinés en partie, nous avons 2,308 vaccinés et 1,659 non vaccinés ; la perte sur les premiers a été de 8, soit
0,4 pour 100; sur les seconds la mortalité s’est élevée à 60, ou 3,9 pour 100. Nous ferons remarquer que dans ces troupeaux, pris dans différents cantons du département, les moutons vaccinés et non vaccinés sont soumis aux mêmes conditions de sol, de logement, de nourriture, de température, et que, par conséquent, ils ont subi des influences totalement identiques.
Les vétérinaires d’Eure-et-Loir ont vacciné dans l'espèce bovine 4,562 animaux, sur lesquels on perdait annuellement 322 bêtes. Depuis la vaccination, il n’est mort que 11 vaches. La mortalité annuelle, qui était de 7,03 pour 100, descend à 0,24 pour 100.
Des engorgements généralement peu graves étant survenus après la vaccination du cheval, et la mortalité du charbon étant peu élevée, — 1,5 pour 100, — les vétérinaires n’ont pas cru prudent de faire cette vaccination sur une grande échelle. Il n’y eut que 524 chevaux vaccinés, dont 3 moururent entre les deux vaccinations.
Ce résultat nous paraît irréfutable; en présence de tels chiffres, il n'est plus permis de douter de l'efficacité de la vaccination charbonneuse. :
La belle découverte de M. Pasteur doit nous inspirer confiance. Si nos cultivateurs beaucerons veulent bien comprendre leurs intérêts, les affections charbonneuses ne seront bientôt plus qu’un souvenir, parce que le charbon, le sang de rate et la pustule maligne ne sont jamais spontanés, et qu’en empêchant par la vaccination la mortalité de leur bétail, ils détruisent toutes causes de propagation du charbon, et, par conséquent, feront disparaître de la Beauce, en quelques années, cette redoutable affection.
E. BoUTET,
Rapporteur.
Cerapport montre que sur les animaux vaccinés il est mort 1 mouton sur 288 et sur les non vaccinés témoins soumis aux mêmes conditions { sur 27. La mortalité sur les vaceinés a donc été dix fois plus faible environ que sur les non vaccinés. C’est exactement le résultat que nous avions obtenu pendant l’année 1881.