SOIR
L'ang^élique échanson des couchants violets Penchant l'urne du rêve emplit l'or vieux des coupes. Des blancheurs d'ailes vers le ciel volent par troupes. Le noir des jardins s'ouvre aux mystères seulets.
La nuit vient. Des pêcheurs charg"és de lourds filets Passent ; de jeunes voix vont s'éloig-nant, en g-roupes, Et l'étang' de saphjr, où dorment les chaloupes, Met son manteau de lune et sort ses feux follets.
Tout le firmament brille à travers les ramures. Des pétales mourants tombent des roses mûres : La fleur triste des soirs divins vient de s'ouvrir...
Mon âme est un velours douloureux que tout froisse, Et je sens en mon cœur lourd d'ineffable ang-oisse Je ne sais quoi de doux, qui voudrait bien mourir...
LES ROSES DANS LA COUPE a5