‹ Le chasseur taupierChapitre 10 sur 73 · RARE NON · texte numérisé non relu

RARE NON

che : il plaça cette cruche entre quatre routes que les : taupes avaient pratiquées ; 1] couvrit ie dessus avec un pan de gazon pris dans un pré, observant de ne pas boucher les routes, et ayant le soin d'enterrer la cruche un peu audessous des galeries. Au bout de cinq jours il leva le gazon pour regarder dans la cruche , 1l y avait vingt-une taupes dedans , toutes noyées , parce qu'il avait mis au fond environ un demi-pied d’eau. Dans quinze jours de temps il a détruit tous ces animaux, et le voilà tranquille sur le produit de son jardin. Cette même personne assure que le prince de Salm en avait une infinité dons ses Jardins et dans ses prairies, et qu'il a détruit toute cette peuplade par le même moyen.

Il faut croire que ces animaux passent et repassent souvent par les routes souterraines qu'ils se pratiquent ; croyant aller de plein pied , ils s’engloutissent dans le piége.

Manière de prendre les taupes avec des hameçors.

Èt

Ayez un hameçon attaché au bout d’une ficelle nunce et solide , anorcez-le avec des vers vivans ou avec quelque larve de chenille ; introduisez cet appât dans l’intérieur du boyau où passe la taupe, attachez en dehors, à un com de bois ou à une pierre, l’autre bout de la ficelle, et si l’animal passe et qu'il sente le ver vivant, il mordra à Fhameçon et s’y prendra. s

On place ordinairement cette sorte d’appât le soir, après

le soleil couché, et on va le visiter le matin, entre onze L:

heures et midi ; si à cette époque la taupe n’est pas prise, il faut amorcer avec de nouveaux vers. Lorsqu'une taupe a fait, autour de son domicile, plusieurs taupinières, on place dans le boyau de chacune d'elles un hamecon amorcé, c’est le moyen de la prendre plus vite.

Moyen de prendre les taupes dans quelques contrées &’Al-

lemagne.

Il ya, dans certaines contrées d'Allemagne, des taupiers si habiles, qu'ils prennent souvent , par jour, plus de cent taupes, par un moyen très simple. Îls savent que, de chaque taupinière , descendent deux ou trois conduits ; ils cherchent ces canaux, et fichent dans chacun, à une petite distance du centre de la taupimière, un bâton ( ou une baguette } écorcé jusqu'au blanc , de la longueur environ de deux pieds à deux pieds et demi, en observant bien la direction de chaque conduit souterrain ; 1l y a, par conséquent, autour de chaque taupinière, ordinairement deux à trois de ces baguettes; pour mieux découvrir les conduits, ils enlèvent la terre des taupinières et la remettent ensuite. Après avoir ainsi fiché leurs bâtons dans une vingtaine ou trentaine de taupinières, ils se placent au milieu avec une bêche peu large, ayant l'extrémité inférieure droite et tranchante ; dès qu'ils observent le mouvement d’un bâton, ils accourent à pas légers et enfoncent vite leur bêche à environ un pied de distance du bâton, au-delà de la taupinière; ils ferment par-là la retraite à Ja tpe , et ils les retirent ordinairement vivantes.

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Aux heures de la journée où les taupes travaillent , à six heures du matin, à midi et à six heures du soir , un taupier peut à peine courir d’une prise à l’autre, aussi promptement que ses bâtons remuent, et 1l n’est pas extraordinaire de leur voir prendre douze à vingt taupes de suite, si le circuit qu'ils ont choisi pour leur chasse est un peu grand.

Moyen de prendre les taupes avec de l’eau.

Aux environs de Langres et de Chaumont , on se sert de l'eau pour détruire les taupes, et voici comment on s'y prend : on va dans un champ fréquenté par les taupes , aux heures où ces animaux sont à l'ouvrage; on verse, par le tuyau d’une taupinière fraîchement élevée, assez d’eau pour humecter tout l’intérieur du domicile de l’animal ; celui-ci, se sentant mouillé , se hâte de quitter son réduit, et on le saisit à sa sortie. R

Ce procédé n’est pas infaillible , comme on peut le penser, cependant il réussit toujours sur une taupe qui n’a pour asile qu’une taupinière peu profonde.

ÂféthoGe de prendre les taupes , par d'Aurignac , publiée par M. Dralet.

La méthode de prendre les taupes, de d’Aurignae, est fondée sur l'habitude constante et naturelle que ces animaux ont de venir réparer tout aussitôt le dommage que Von fait à leurs habitations. Les moyens qu'on emploie sont

dés coupures ou des incisions faites à propos aux boyaux souterrains; selon le nombre des taupinières et la direction des travaux que l’animal entreprend; de la paille, du papier, un peu d'eau et une houe, sont nécessaires pour faire, avec succès, cette espèce de chasse.

La méthode de d'Aurignac est une des meilleures que l'agriculture possède, et tous les écrivains agronomes en sont convenus; cependant, il faut le dire, cette méthode demande beaucoup de temps et de peine, et elle ne peut être avantageuse que pour ceux qui ont beaucoup de temps à perdre , ou pour les taupiers de profession.

Un jardinier ou un petit cultivateur , qui, d’un clin-d'œil, parcourt tout son héritage et voit tout ce qui S'y passe, préférera toujours la méthode naturelle, ou les moyens faciles que la taupière simple procure, au procédé de d’Aurignac, parce qu’il aura moins de temps et de peime à perdre ; mais, il faut en convenir, dans les grandes propriétés et dans les contrées où 1l y a beaucoup de taupes, ce procédé doit être préféré à tout autre , attendu qu'il a l’avantage d’en faire prendre beaucoup à la fois. Mon intention étant de faire connaître l’ensemble de cette méthode, je ne m'amuserai pas à donner un air de nouveauté à ce chapitre, de calquer mes exemples sur celui de son auteur, car ce qui est à César doit être rendu à Cesar; je suivrai tout simplement la description qu’en fit M. Dralet, dans la feuille du Cultivateur de l'an 6. Je suppose , dit cet auteur, une pièce de pré , représentée dans la planche °°,

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fig. 2, 5, 4,5, 6, 7, 8, 9 et 10; j'apercois, fig. D, une

laupimère isolée ; elle est fraîche , donc elle annonce l’existence d’une taupe ; elle est grosse, donc elle a été faite par un mâle. Les deux taupinières , fig. 6, sont éloignées l’une de l’autre , elles ont aussi été faites par une seule taupe; elles sont petites, donc elles appartiennent à une femelle. Les trois taupinières, fig. 9, sont peu éloignées, elles appartiennent encore à une seule taupe, qui est mâle, quand ces taupinières sont grosses ct fraiches ; la taupe y travaille. Les six tanpinières, fig. 8, peu éloignées entre elles, appartiennent à une seule taupe; elles sont fraîches et petites, donc elles recellent une femelle. Ces trainasses en zig-Zag , ou taupinières informes, fig. 7, sont fraîches, elles appartiennent à une jeune taupe. Ces trois taupinières, fig. 10 , sont sèches, donc elles ont été abandonnées ; la taupinière, fg. 4, est encore fraiche, mais elle est percée par le haut, donc la taupe qui l’a faite l’a quittée depuis peu; ces observations indiquent qu’il y a dans ce pré cinq taupes, deux mâles, deux femelles et une jeune ; les mâles travaillant plus vite, doivent être guettés de plus près que les femeiles, on doit aussi veiller de près les jeunes, qui, ne faisant qu’effleurer la terre, vont plus vite en besogne.

Voici à-peu-près comme il s'exprime encore :

Lorsqu'une taupe n’a fait qu'un trou, j'enlève d’abord la taupinière avec la terre, et je m’assure si elle n’a pas de communication avec les taupinières voisines ; pour y parvemir , je tousse dans l’ouverture que j'ai faite, c’est-à-dire l'ouverture du boyau commencé; j'en approche en même temps l'oreille ; si la taupinière n’a pas de communication, Ja taupe est peu éloignée; effrayée par le bruit, je len-

tends s’agiter, et elle ne peut m'échapper. Je découvre le boyau horizontal avec la houe et le suis jusqu'au bout , où je rencontre la taupe; mais l’animal, connaissant le danger a peut-être eu le temps de s’enfoncer en terre, en continuant perpendiculairement le boyau , fig. 5.

Alors J'ai deux moyens pour le prendre : je creuse ce nouveau boyau , où Je rencontre ma proie ; ou bien j'y

verse de l’eau, et l’animal s’y présente de jui-même.

Si en toussant je n’ai pas entendu l'animal s’agiter, c’est la preuve qu'il a au moins deux taupinières, et j'opère de la manière suivante : je fais une ouverture entre elles, de plus de neuf pouces, dans la direction du boyau qui communique d’une taupinière à l’autre, je ferme avec un peu de terre les deux extrémités du boyau ; frappée par le grand air etcraignant pour sa sûreté, la taupe vient, quelques instans après, pour réparer le dommage fait à sa galerie souterraine , elle souffle ou pousse de la terre avec ses pattes en dehors; si elle se présente d'un côté, je suis assuré de la trouver entre ce point et la taupimière; si, au contraire , elle se présente de l’autre côté, je suis certan qu'elle est entre ce point et l’autre taupimière. Dans l’un ou l’autre cas, J'opère comme si ma proie n'aveit pour faupinière que celle où elle se trouve arrêtée.

Si ma taupe a trois taupinières, je multiplie les coupures que je fais entre chaque taupinière, la taupe viendra alors souffler d’un côté ou d’un autre , car ses points de communication étant coupés, et l'animal se trouvant renfermé dans l’espace intermédiaire d’une taupinière à la cou-

£HASSEUR TAUPIER, ÿ

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pure qui en est proche, elle ne tarde pas à manifester sa présence par son agitation et son soufflement; toutefois,

j'attends en silence qu'elle ait commencé son travail pour m'en rendre plus facilement maitre.

Si une taupe à six taupinières, je fais une incision aux deux taupinières de passage, qui sont toujours les plus éloignées du gîte ; si la taupe vient souffler à l’un ou l’autre bout, j’opère alors comme dans le cas où 1l existe trois taupinières.

Lorsque plusieurs taupinières fraiches se trouvent près des vieilles taupinières , il faut d’abord faire des coupures ui interrompent toutes communications entre les unes e qui int pent tout Us tre les unes et les autres, et lorsqu'on est parvenu à connaître l’endroit où la taupe se présente pour souffler, on agit comme dans le premier cas. Si on attaque plusieurs taupes à la fois, il faut être actifet très vigilant, parce que lorsqu'on est occupé à guetter une taupe , une autre peut traverser le boyau que l’on a découvert. Pour s’apercevoir plus facilement de ses mouvemens, on place dans cet endroit un étendard de paille ou de papier, dont l'agitation ou la chute indique la présence de la taupe, à laquelle on rend encore le passage plus difficile par une petite motte de terre placée dans

sa galerie.

Moyens analogues & celui de d'Aurignac.

Les moyens dont se servent une partie des jardiniers des contrées du nord-ouest de la France, pour détruire nn

LES PR 2e

grand nombre de taupes, nous ont paru avoir de l’analogic avec celui que d’Aurignac a établi en Gascogne, et nous les annonçons comme tels. Lorsque dans un héritage se trouve un grand nombre de taupes , un jardinier, suivi de plusieurs manœuvres, se rendent sur les lieux à l’époque et à l'heure qu'elles fouillent avec plus d'activité , c’est-à-dire dans les belles matinées de mars , et ils choisissent encore un jour où le vent est vif et fort; ils commencent à découvrir toutes les taupinières qui décèlent l’existence d’une taupe à demeure , et ils plantent au bord de chacune et la fixent avec un peu de terre, une petite baguette dont le mouvement sert de signal; armés d’un instrument tranchant, ils attendent en silence que les taupes viennent refermer les ouvertures ; ces animaux, mis à découvert et incommodés dans leur réduit par un air frais, ne cherchent aussitôt qu'à y remédier ; ils rapportent promptement à ces crevasses une nouvelle terre, qui forme un second monticule ( c’est la taupinière oblongue dont parle M. Dralet ) ; leurs travaux sont annoncés par différens coups de tête qui ébranlent la baguette , et que les chasseurs ne perdent pas de vue; au moindre mouvement ils enlèvent , avec l’instrument dont ils sont armés , et la taupe et son ouvrage; plus le vent du nord est vif, plus l'animal boute avec vivacité. L'auteur qui cite cette manière d'attaquer les taupes, et qui est beaucoup plus ancien que M. Dralet, rapporte que lorsque le temps est favorable , on peut prendre plus de cent taupes par jour , et enfin toutes celles qui se trouvent sur un héritage.

Cette méthode , qui se rapproche de la méthode natu-

MS ee relle , est la plus simple de toutes, et on doit y donner la préférence.

Piège des anciens pour prendre les taupes.

Les anciens se servaient d’un piége avec un nœud coulant de fil de fer, qu’ils avaient soin de placer dans le passage le plus fréquenté du domicile de la taupe; ce piége est encore en usage en France, en Allemagne et dans une partie de la Suisse, et comme il réussit assez bien , il n’est pas indifférent de le faire connaître. Sur un bâton droit on pose une traverse représentant le fléau d'une balance, et qui en produit l'effet; à l’un des bouts de la traverse est attaché un poids assez fort, l’autre est muni de deux ficelles, dont l’une a à son extrémité un lacs de laiton à nœud coulant, et à l’autre est suspendu un petit morceau de bois de dix à douze pouces de largeur et d’un pouce d'épaisseur; pour tendre ce piége, on met à découvert la route de passage de la taupe , et à une légère distance de cette incision on fait entrer, par une seconde incision faite perpendiculairement à la terre , directement au-dessus du conduit , le lacs bien ouvert, que l'on dispose selon la dimension du passage qu’on attaque ; on bouche ensuite cette ouverture avec une motte de terre ou avec un léger pan de gazon ; on fait entrer dans cette motte la pointe de la petite traverse, dont l’autre bout, taillé en biseau, va s’engrainer dans une des entailles que l’on a faites à un piquet qui s'enfonce dans la terre, près la taupinière de l'animal; on ne peut tendre le piége sans élever le poids de la grande traverse ; ce mou-

vement donne la facilité d'arranger et de disposer les pièces attachées aux deux ficelles, de même que, par son ressort ct sa pesanteur , 1l les tient dans une tension continuelle. La taupe se trouve arrêtée dans sa marche par la motte de terre, qui est un obstacle qu’elle ne saurait franchir sans le mettre en mouvement ; la moindre secousse laisse échapper la petite traverse, dont la tête se dégage de l’entaille par la force du poids qui l’entraîne ; cette ficelle ne peut s’élever sans que l’autre n’en fasse autant, le lacs obéit à la même force, et la taupe se trouve prise par le milieu du corps et suspendue à la voûte de son souterrain.

Piège d'Allemagne pour prendre les taupes.

Les Allemands se servent d’une espèce de piége qui ressemble à une souricière; c’est un cylindre creux, long de deux pieds, sur lequel on tient suspendues, au moyen d’une corde qui répond au passage de la taupe, deux petites planches qui, par leur chute, traversent le cylindre , en bouchent l’orifice et emprisonnent l'animal.

Piège Bauphinois.

Les taupiers ne sont pas tous d'accord sur le point de savoir s’il ya plus d'avantage , en chassant les taupes, de laisser circuler l’air dans lincision que l’on fait pour tendre les piéges, ou d'y fermer toute issue. El paraît que, dans lun et l’autre cas, les taupes se laissent prendre ; et que

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l'important est de bien savoir apprécier la galerie fréquentée par la taupe, pour y tendre le piége. La plupart des taupières anciennes étaient sans ouverture à leur partie supérieure , et tels sont les piéges dont on se sert dans le Dauphiné, ce sont des cylindres creux de bois de sureau ou de hêtre , sans aucune ouverture à leur extrémité supérieure; ils sont d’une pièce et de huit à dix pouces de long, et ont une porte de tête semblable à celle des taupières ordinaires; cette espèce de piége, tout simple qu'il est, remplit parfaitement son but, et rarement la taupe s’en échappe lorsqu'elle s’y trouve renfermée. Il ne diffère de celui de M. Lafaille , fig. 15 et 16, qu’en ce qu'il n’y a pas de jour à l'extrémité opposée à celle où la soupape est placée.

Moyen de prendre les taupes en Flandre et en Hollande, avec un assommoir.

Les Hollandais et les Flamands se servent , comme nous, de taupières et de piéges pour détruire les taupes , mais ils font aussi usage d’une machine qui, suspendue ‘sur le passage de la taupe , tombe sur elle lorsqu'elle vient fouiller auprès, et l’assomme. Cette espèce de piége est trop connu pour en faire ici la description; nous nous bornerons à le représenter dans la fig. 19.

Picges flamands.

Les piéges flamands ont été préconisés par Lafaille ; ils

à Mrce

? È ° 4 réunissent , d'après cet auteur, des avantages que Îes autres n’ont pas.

Le piége de Flandre est un morceau de bois cylindrique , qui s'ouvre dans toute sa longueur , et qu'on réunit par un cercle de fer ou d’osier; la porte est cachée et ne forme aucun obstacle; elle est suspendue par une petite broche de fer assez étroite et encore plus mince, laquelle est soutenue par un fil de même métal mis en travers du cylindre; un ressort placé dans une partie de sa longueur, et quise courbe derrière la porte, la tient toujours fermée; ce n’est pas même sans effort qu’on oblige le ressort à céder, alors la porte se lève; pour la tenir dans cette situation, on passe au-dessus du fil de fer la petite broche , dont la pointe appuie légèrement sur un de ses dentillons, tandis que la tête, que l’on a som de courber, forme au milieu de la taupière une plaque qui sert d’obstacle à son passage. Aussitôt que la taupe touche ce point de faible résistance, la broche tourne, se dégage du dentillon, et la porte cède à l'effort du ressort qui tend à la tenir fermée, et la taupe est prise.

Faupière ou piège de Lafaille.

Bien avant Lafaille, on se servait des taupières simples et composées pour prendre les taupes; mais la plupart de celles dont il s'était servi lui-même, dans ses longues et nombreuses expériences , l’ayant convaincu que les unes et les autres étaient plus ou moins imparfaites, il imagima de

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