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mâuvaise méthode de les laisser trop longtemps, puisque, si on pose bien le piége, et à l'endroit où se trouve la taupe, elle ne reste jamais long-temps sans venir voir ce qu'on a fait ou défait à son ouvrage, alors elle se prend ou elle s’échappe ; dans le premier cas, l'opération est finie, et l’on peut tendre son piége ailleurs ; dans le second , on cherche l’endroit où la taupe s’est réfugiée, et on avise de nouveau au moyen de la prendre.
Taupiére simple.
Les taupières sont des piéges cylindriques en bois, en fer-blanc ou en terre, d’un diamètre un peu plus large que l’est ordinairement celui de la galerie par où passe la taupe. La taupière simple, dit Rosier, est un morceau de bois de dix à douze pouces de longueur, fig. 19 et16; ce morceau de bois est creusé sur presque toute sa longueur, la partie qui ne l’est pas empêche la taupe de sortir ; l’autre extrémité est garnie d’une petite proéminence ou bourrelet, d’une à deux lignes de hauteur ; on cloue, par la partie supérieure , une soupape en cuir, juste de la largeur du creux du bois, de manière qu'elle peut être soulevée de dehors en dedans, et non pas de dedans en dehors; cette espèce d’étui une fois préparé, on enlève, suivant la lonsueur , la terre qui couvre la galerie formée par la taupe, on le place dans cette galerie , et on le recouvre de terre ; animal vient, soulève la soupape, entre, la sonpape se baisse, et 1l est pris; mais s’il se présente contre le bout
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fermé en bois, il ouvre une autre galerie et il évite le piége. On remédie à cet inconvénient, en plaçant dans le milieu de Ja taupière un bouchon, soit en bois, soit en hiége; alors , la garnissant d’une soupape à chacune de ses extrémités qu'on a laissée ouverte, l’animal se prend de quelque côté qu'il se présente; une fois renfermé , il ne peut plus sortir, parce que, plus il pousse la soupape, plus elle se colle contre le bourrelet, et mieux elle le ferme. Ce piége diffère peu de celui de Lafaille. Voyez les fig. 15 et 16.
L'endroit ponctué indique la séparation nécessaire lorsqu’on veut qu’il y ait une entrée à chaque extrémité.
Les taupières simples varient peu dans leur forme ; ce sont presque toutes des espèces de boîtes à fourreaux , faites de plusieurs branches de sureau , qu’on fend et qu’on creuse; on rejoint ensuite ces pièces avec un petit cercle de fer.
Il n’en est pas ainsi des taupières composées , dont on se sert dans les pays septentrionaux et sur les bords du Rhin; l'usage les a beaucoup variées , et on en fait d’un grand nombre d’espèces ; la plus commune de toutes est celle qui se fait avec une planche fixée à terre par quatre crochets armés de lacs, dans lesquels la taupe se prend à travers le corps. Nons allons donner la description de la taupière composée , dont on se sert dans le nord de la France et aux
bords du Rhin.
Taupière composée.
Cette taupière est une des meilleures et des plus solides
DT 0e qué l’on connaisse , aussi en fait-on encore un grand usage en France, surtout dans nos départemens septentrionaux. Dans un article inséré dans la Bibliothèque Physico-économique de l'année 1788, intitulé : De la manière de prenâre les taupes dans les prairies et les jardins, on fit, pour la première fois , la description très détaillée de cette tau-
pière.
La figure 15 représente la taupière tendue , et dans la situation où elle doit être dans la terre ; on y voit entrer la taupe par l’un des bouts.
À est une petite boîte sans fond, ayant la forme d'un carré long ; et cinq pouces et quelques lignes de longueur sur deux pouces et demi de large ; l'épaisseur de la planche peut être de trois à quatre lignes. La partie du dessus est percée de cinq trous: un au milieu, b, d'environ trois lignes de diamètre ; un à chaque coin, €, d, e, f, et à quatre lignes du bois. G est une gaulette flexible que l’on enterre par le gros bout , de manière à la fixer solidement, et qu’en la ployant elle puisse faire le ressort. On attache à l’extrémité , k, les bouts de fil de laiton, après en avoir passé un de c en d, et l’autre de e en f; au même point, h, est aussi attachée une ficelle qui descend dans le trou, b; la longueur de cette ficelle ne doit être que du cinquième des fils de Jaiton ; il y a un nœud au bout qui doit couler facilement dans le trou b. Quand on courbe la gaulette , on retient cette ficelle au moyen d’une cheville, à, que l’on place enire le nœud et le bord du trou, b, mais de façon que le moindre mouvement fasse tomher la cheville. La ficelle ,
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ainsi fixée, empêche la gaulette, ç, de se redresser et lâche les fils de laiton, qui font alors le demi-cercle , k
Ïl est urgent de maintenir la boîte , soit avec des crochets piqués en terre , ou par tout autre moyen, car l'effort que fait la gaulette pour se redresser l’enlèverait.
La fig. 14 est le dessus du piége, renversé , pour qu’on” puisse le voir plus clairement.
Usage de la taupiére.
Lorsqu'une taupe a fait une motte, on taupinière , dans un jardin ou dans une prairie, on découvre cette motte pour voir la direction du passage souterrain ; on cherche ensuite avec une bêche, à une distance de trois ou quatre pieds de la motte, l'ouverture par où passe la taupe. Ce passage n’est ordinairement qu’à deux ou trois pouces de profondeur. On coupe avec la bèche le terrain à côté, de la longueur et de la largeur de la taupière, c’est-à-dire de cinq pouces et quelques lignes de longueur, sur environ trois pouces de largeur ; on tend la machine en la plaçant dans cette petite tranchée , en observant que ses deux extrémités, les deux bouts où se trouvent les arcades, répondent exactement aux deux passages , ou plutôt aux deux extrémités du passage de la taupe. Il est entendu que les éeux petites arcades sont dessous la planche et posent sur le fond de la tranchée.