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relises, on senl tropque la Façade ne l'ail pas corps avec le reste de i édifice. Il y a plu- de science que de spontanéité sincère L'intérieur esl voûté; rien ne subsiste de sa décoration riche. Toutefois, il esl possible que La Vierge du \\i siècle qui se trouve dans l'église de Pacy sm- Eure en provienne.
Grâce au « devis et nia rein'' » publié par M Fillon, on croit pouvoir nommer deux artistes à qui revien draienl au moins une pari des travaux de la clia pelle Funéraire, Gougeon pour la sculpture el Claude de Foucques ou de Foucquières pour l'architecture. Pourquoi ne pas les admettre? Ils élaient peu connus, niais devaient être moins payés. ce qui dut attirer la commande du duc el de la duchesse d'Àumale, d'ailleurs peu pressés d'exécuter les volontés de leur mère. On sent que la Renaissance a passé ; les statues ont une certaine aisance assez facile, mais la pureté de J. Goujon en est absente, le mélange de réalisme et de maniérisme propre à G. Pilon fait également défaut. Nous sommes en présence d'un sculpteur provincial qui a vu les maîtres, surtout les Italiens, mais n'a su leur prendre qu'une certaine habileté dans l'exécution. De même pour l'architecte. Il n'y a plus lieu d'invoquer le nom de Ph. de l'Orme. Celui-ci délaissé va mourir. Pourtant, il reste quelque chose de lui en cette chapelle qu'on lui retire trop complètement. C'est la charpente des combles, légère, souple, formée de mille poutrelles. Ce genre constituait une de ses « inventions ». Il en était très fier. On voit que même après lui d'autres en firent usage.
LK CHA.TEAU APRES DIANE DE POITIERS Si
La rencontre de ces artistes inconnus n'est pas sans intérêt pour nous. Nous y voyons la confirmation et la survivance de ces ateliers dont il a été question plus haut. Nous savons que la dynastie des Métézeau, à Dreux, avait déjà depuis plus d'un demi-siècle commencé ses travaux; nous surprenons, à Anet même, en iS^o, les noms de « Lan rent Lucas et Robert Hérusse, maîtres es ails et sciences de sculpture et de peinture »; l'église d'Anet commencé vers la fin de la vie de Diane cl laissée inachevée, révèle la main d'un architecte pénétré des théories nouvelles. Des recherches dans la région d'Anet et de Dreux m'ont fait rencontrer sur un grand nombre d'églises gothiques des traces du style cher à Ph. de l'Orme. Sans entrer dans des détails inutiles ici, on ne peut laisser de coté la 1res curieuse et fort ignorée chapelle funéraire que les Balzac d'Entragues ajoutèrent à la vieille église de Mézières-en-Drouais. Ici, dans l'intrados d'une arcade d'entrée, nous retrouvons une sorte de réplique des Anges porteurs d'instruments de la Passion, à Anet. Il restait donc toute une survivance d'artistes dans la région d'Anet. Pourquoi aucun n'aurait-il travaillé au château.'
Le tombeau de Diane. - Malgré son importance c'est à l'un de ces artistes, en somme modestes, qu'il faut sans doute attribuer le tombeau de Diane '.
1 11 se trouve aujourd'hui, en ses parties essentielles, augmente de quelques accessoires, datant du règne de Louis-Philippe, dans une salle non ouverte au public, du château de Versailles.
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Et cependant il ne Paul pas rétablir par l'imagination le grandiose monument imaginé par Lenoir, e1 pas davantage celui que les débris de Versailles peuvent faire supposer, quoique, depuis la restitution tentée par M. Roussel, on soit porté à y ajouter foi1. Nous savons en quoi consistait ce tombeau. C'était un sarcophage de marbre noir soutenu par quatre rouleaux de même matière qui, à leur extrémité, se continuaient par quatre sphinx de marbre blanc reposant sur des carrés de marbre. Le dessus supportait la statue de Diane « pourtraicte au naturel, au plus près qu'il sera possible le faire ». agenouillée devant un prie-dieu. Derrière elle deux petils anges soutenaient son écusson. Le tout reposait sur une dalle de marbre noir.
La partie la plus intéressante en est la statue' Lenoir a plusieurs fois avancé à son sujet le nom de Bourdin et une fois (sans doute par erreur de plume celui de Boudin. Mais Bourdin naquit vers 1679, et
1 Sans entrer dans une discussion qui ne serait pas en plate ici. il est pourtant nécessaire d'indiquer les raisons qui font rejeter I opinion courante au sujet de ce tombeau. D'abord il faut toujours se méfier des restaurations de Lenoir, ensuite nous savons que sous Louis- Philippe il fut encore transformé. Mais nous avons à son sujet dans le texte publié par M. Fillon, le devis très détaillé de l'entrepreneur des travaux. C'est d'après lui qu'a été faite la description qu'on a lue plus haut. Enfin le dessin de la collection Gaignières qu'on voit cicontre et qui date de la fin du xvne siècle environ correspond de tous points à ce devis et à notre description. Tous les textes d'ailleurs laissent intacte, quand ils ne la confirment pas. cette opinion. iCf. A. Roux. Le Tombeau de Diane de Poitiers dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de l'art français. Janvier rQil.)
2 Cf. sur la question delà statue funéraire de Diane, P. Vitrv . Deux familles de sculpteurs de la première moilié du xvne siècle ; les Boudin et les Bourdin. (Gaze' te des Beaux- Arts. Octobre i8y6.)
a chapelle avec le tombeau évidemment, lui con-
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Tombe v i di Diam: de Poi 1 1\ ks (D'après le dessin de la collection Gaignières.
sacréeen 1077. Quanta Boudin c'esl un sculpteur du
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xvne siècle, qu'on rencontre à la clôture <ln chœur de la cathédrale de Chartres. i )n ne reconnaît d'ailleurs le coup de ciseau d'aucun des deux dans la statue de Diane qui sort des mains d'un artiste simplement consciencieux, préoccupé, conformément à L'indication du devis, parla ressemblance, et manquant de souplesse. Nous nous heurtons encore à une œuvre d'i iieonnu .
Les statues des Apôtres. - G'esl le menu- aveu auquel il faut de nouveau consentir. On savait par Lemarquant que les niches de la chapelle de Philibert de l'Orme renfermaient « chacune une statue de l'un des douze Apôtres, de grandeur naturelle » ou du moins presque naturelle. Leur trace quelque temps perdue, fut retrouvée sous le second Empire, par M. More au, à l'Ecole de Saint-Cyr. Transportés à l'église de la Sorbonne, c'est de la qu'iis passèrent au musée Carnavalet, toujours au nombre de dix1, comme déjà à leur départ d'Anet, car à l'arrivée de Lenoir deux d'entre eux avaient disparu.
Ces statues sont en pierre de Yernon ; un enduit grisâtre les recouvre; on y discerne encore des traces d'une polychromie qui s'efface tous les jours. Malgré leur aspect superficiellement séduisant, ces Apôtres ne sont pas des chefs-d'œuvre.
1 La chapelle d'Anet en possède de beaux moulages. S ils y sont au nombre de douze, c'est grâce à une habile et innocente supercherie. M. Moreau fit doubler les moulages de deux d'entre eux. Saint Philippe est identique à saint Simon ; saint Mathieu ne diffère de saint Pierre qu'en un détail : il tient une plume à la place dune clef.
LE CHATEAU APITES DIANE DE P0ITIEHS
Il v a de la virtuosité inutile, une recherche
exagérée
(i élégance
(| uel([ u e a ffec tation dans le geste et l'attitude, en somme une certa ine vulgfaril é.
A. de Montaiglon a |>ti écrire avec peut-être un peu de sévérité mais poinl d'injustice à coup sûr : « Ils sortent des mains du baigneur, et le coiffeur a mis de longs soins à pommader leurs cheveux et à les friser en petites boucles. » Ni le saint Jean, traditionnellement elle miné, ni le saint Barthélémy en sa fine tunique, décolletée, souple de plisetcomme transparente de trame, ne lui donneront un démenti. Ce n'est pas de Fart religieux, ce nVsi pas non plus de l'art païen. On serait tout porté à trouver en ces statues les signes avant-coureurs de ce faux joli
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(Original ù Carnavalet.
Moulage dans la Chapelle.
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dans Lequel est en train de se perdre I iconographie sacrée d'aujour d'Iiui .
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\ en i ei s;ms preuve (lu reste — l<' nom de I rermain Pilon . Sans doute, on constalechez ce dernier une tendance à l'enflure et au maniérisme ; il tourmente parfois son des-
Saint-Paul
(Original à Carnavalet.
Moulage dans la chapelle.)
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sm et en
L'allongement. Par
ailleurs il ne recule pas devant certains excès de réalisme.
Mais, en somme, on sent bien sa personnalité en ses œuvres. Le propre des Apôtres d'Anet est peut-être, au contraire, de manquer d'originalité. Ils doivent être l'œuvre d'un italien ou d'un italianisant habile et superficiel, brillant élève de l'école ullramontaine du xvie siècle, mais qui ne
passera pas maître. M. Vitry écril qu'ils sont « certainement d'une époque beaucoup plus tardive» que celle des bas-reliefs. En fait, Du Cerceau ne les mel pas eu sa gravure, vers i -(>*>. Mais si l'on attend T époque où vraisemblablement on les pourrait attribuer à un vrai sculpteur français, il l'aul descendre sans doute jusqu'à la fin du siècle. Il y a bien peu d'apparence qu'à Anet, parmi les soucis de la Ligue et les mauvais jours de la révolte d'Aumale, on ait fait une si grosse commande. D'autre part, doit-on croire que Diane qui mourut longtemps après l'achèvement de la chapelle, ne s'était pas occupée de garnir les douze niches qu'elle avait fait pratiquer? Nous pourrions donc nous trouver, avec ces Apôtres, en présence (Tune commande faite parelle, mais assez lard, à un atelier plus ou moins i la lien de second ordre, et dont les circonstances retardèrent la livraison.
LE CHATEAU AUX XVIIe ET XVIII1 SIECLES
C'est en i6i5 que le château passa des Brézé aux Mercœur et par eux aux Vendôme, César de Vendôme ayant épousé, en 1609, Françoise de Mercœur. Saul Louis-Joseph de Vendôme les différents possesseurs du château jusqu'à la Révolution laissèrent peu de traces de leur passage. Pendant ces deux siècles cependant la vie fut souvent très brillante à Anet. La Relation rédigée par M. Bellier de la Chavignerie d'après La Fare, le Mercure de
88 F,K Cil \TK U l>" \ M I
France^ Dangeau, au sujet de La réception du Dauphin, m 1688, nous laisse une impression de grand luxe. Quelques textes, dus ;i des contemporains, nous permettent aussi d'entrevoir ce qu'a pu être l'existence en ce château aux \\\\' et xviii6 siècles. De plus, nous pouvons, a maintes reprises, surprendre ;i And tout un cortège d'écrivains et d'artistes notoires. Le temps du duc de Vendôme, à la lin du xvii" siècle, el celui de la duchesse du Maine, vers le milieu du xvm", furent les époques les plus brillantes. Chez celle dernière surtout, une vraie cour de grands seigneurs, de poètes, de peintres et de femmes élégantes et intelligentes ne se lassait pas de se réunir.
Les transformations de L. - J. de Vendôme. - Les transformations que Louis-Joseph de Vendôme fit, au xvne siècle, apporter au château lurent nombreuses, et parfois désastreuses. Il fit déplacer la grande Fontaine de Diane, ce qui n'était que dangereux, mais il fit remplacer et détruire les fameux vitraux, les « grisailles », ce qui lut un malheur sans remède. Le parc fut transformé. On abattit certaines dépendances qui le bordaient; les jardins furent modifiés et la galerie, qui les entourait, fut jetée à terre. Par contre, il augmenta l'étendue des nappes d'eau, par l'établissement, sur la gauche, du grand canal qu'on y voit encore.
Mais son activité malheureuse n'épargna pas le château lui-même. Sans parler des deux ailes aujourd'hui détruites, et dont il n'y a pas a s'occuper.
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nous trouvons, ;i l'aile, gauche, les marques très claires de son passage. Les voici, neltemenl relevées par M I). Roussel : « Le s meneaux avaient été arrachés des fenêlres, ainsi que les cordons de pierre qui passaient d'une fenêtre a l'autre : les fenêtres du rez-de-chaussée qui ne descendaient pas jusqu'en bas, avaient toutes été transformées <Mi portes-fenêtres. An milieu 'lu bâtiment on a plaqué une façade, en bossage aurez-de-chaussée; le premier étageenesl décoré par une ordonnance de huit pilastres d'ordre ionique, dont le milieu est orné d'un trophée composé de cuirasses. de casques et de piques enlacés de drapeaux... Pour compléter cette décoration de style Louis XIV, les combles ont été exhaussés de près de moitié pour pouvoir augmenter le nombre des appartements. » Getle transformation se voit encore aujourd'hui.
A l'intérieur le plan de Ph. de l'Orme avait été en partie remanié. C'est à Vendôme qu'on doit le vestibule actuel. Il fit paver, en noir et blanc le sol carrelé de cette pièce et y établit l'escalier actuel, très hardi de construction, qu'un maçon d'Anet exécuta sur les plans de Desgaux, inspecteur des bâtiments du roi. Une belle rampe en fer forgé gracieuse et légère l'accompagne. Le chiffre de Louis de Vendôme s'y inscrit plusieurs fois. Dans cet escalier avaient été placés, à cette époque une série de huit bustes d'empereurs romains. On en perd la trace en janvier 1798. Quatorze autres bustes de même genre ornaient le mur extérieur du bâtiment principal, face au jardin, comme en témoigne la
LE CHATEAU APRES DIANE DE POITIERS () i
gravure de Rigaud. ïl semble qu'on suive mieux
Photo Fouciiult.
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(Restauration du duc de Vendôme.
ces derniers qui se trouveraient aujourd'hui a Char-
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1res. ;» [a Bibliothèque el ;> la Société archéologique d'Eure-et-Loir. Celle-ci <'n effel en possède huit, plus ou moins mutilés et reconstitués. 1 1 ^ sont <'n marbre blanc ou rose Deux archéologues régionaux
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Hémicycle
les ont étudiés avec soin. Des arguments fournis iJ résulte que ces bustes doivent venir dWnet, malgré un léger doute émis au profit de Sceaux. Quoi qu'il en soit leur intérêt est secondaire1.
Vendôme, grand destructeur, se montra une fois bâtisseur. De lui datent les deux pavillons et l'hémicycle, entre l'aile gauche et la chapelle funéraire. Le style en est classique, de ce classicisme
1 La collection G Champagne, à Dreux, possède uus> i quatre bustes pour lesquels un peut émettre l'hypothèse de la même origine .
LE CHATEAU \PRES DIANE DE POITIERS u3
assez souvent froid qui caractérise le xvne siècle. On n'y retrouve plus l'originalité de l'art propre à Pli. de l'Orme. L'on a placé contre cel hémicycle deux statues, mutilées, du xvn' siècle sans doute. Elles représentent deux femmes, l'une, vêtue d'une draperie paraît assez peu vivante ; la seconde, à moitié nue, montre un torse bien modèle el parait moins froide
Désormais, il n'y a plus rien à dire pour nous sur le château d'Anet jusqu'au jour où commencera sa destruetion méthodique et heureusement inachevée. Si Florian y vint, si Voltaire y passa, si Greuze y peignit, si d'autres y séjournèrent et si Louis XV lui-même en fut l'hôte passager, ces souvenirs intéressent peu l'histoire artistique du château.