‹ Le chateau d'Angers, au temps du rois RenéChapitre 5 sur 36 · MEUBLES PROPREMENT DITS DU CHATEAU · texte numérisé non relu

MEUBLES PROPREMENT DITS DU CHATEAU

Dans la plupart des chambres se trouvait un charlit de bois. On appelait ainsi un véritable lit à ciel. le plus ordinairement environné de deux ou de trois marchepieds qui servaient de coffres fermant à clef. Ce lit, garni de couette, rideaux, traversin et d'une couverture souvent en soie, était vers la tête placé contre la muraille, de manière qu'on y pouvait monter de trois côtés. Les flancs de certains charlits étaient souvent peints et sculptés de façon à former des ornements imitant de petites fenêtres (fol. 4). Le traversin se nommait travers lit, et l'oreiller lodier.

Indépendamment du charlit, plusieurs chambres possédaient une couchette de bois. Notre inventaire en cite une qui était garnie « d'un rideau , d'estamine blanche, bandé de soye bleue et grise, puis de couete, traversier et couverture perse, semés de fleurs de lys » (fol. 2 de la copie de notre manuscrit).

Des bancs tenaient lieu de sièges, ils étaient revêtus de tapisserie (fol. 1, verso) et quelquefois n'avaient pas moins de huit pieds de long (fol. 3, verso).

Des armoires à deux ou plusieurs guichets, des coffrets en forme de siège et fermant à clef, des tables

parées de drap vert et qui se pendaient à deux anneaux (fol. 6), d'antres à pliant (fol. 8), des tréteaux, des pupitres peints (fol. 4),ou ornés de velours vert, et encore de drap de même couleur, des escabeaux, des bassets sur lesquels on jouait aux échecs (fol. 1, verso), de petites chaires en bois, des torchiers de bois (torchères), complétaient l'ameublement.

Une garniture de cheminée se composait de grands landiers de fer, de fonte et d'un soufflet (fol. 2). Deux chandeliers de laiton, chacun à deux bobèches, ornaient la cheminée.

La grande salle était éclairée par deux chandeliers de bois, chacun à quatre bobèches et pendus au plafond. Leurs lumières se projetaient sur deux grandes tables, de longs bancs et sur un ample dressoir. Le dressoir était ici un meuble à plusieurs degrés où la vaisselle s'étalait avec luxe. Un grand coquemart ou vase d'airain couvert, contenait l'eau pour l'ablution des mains (fol. 7, verso).

Évidemment^ la grande salle servait, de salle à manger, de même que la salle de parement servait de salle d'honneur. Probablement, dans cette dernière, on transportait un meuble mentionné au folio 42, verso, sous le nom de hault banc forme, et qui servait quand on tenait la feste de l'ordre du Croissant. René, vous le savez, avait institué cet ordre en 4448. La cérémonie civile de cette fête se célébrait donc au château.

Ce serait à n'en pas finir, que d'entrer dans de plus longs détails sur les meubles proprement dits; passons à ce qui concerne les vêtements.

— loin.

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