DUCHESSE DE LORRAINE ET DE BAR
Claude de France, fille de Henri II et de Catherine de Médicis, naquit à Fontainebleau le 12 novembre 1 547* Dans les conférences de Cateau- Cambresis, on proposa son mariage avec le prince Charles III, duc de Lorraine et de Bar. Le contrat fut passé à Paris, au Louvre, le 19 janvier 1 558 , et la cérémonie se fit en l’église de Notre-Dame, le vingt-deux du même mois. « On stipula cent mille » écus au soleil pour la dot de la princesse , et trente » mille livres tournois pour son douaire. » Comme on faisait observer au roi Henri II le tort qu’il faisait à sa fille aînée, Élisabeth de France (qui fut depuis l’épouse de Philippe II), de marier sa sœur cadette avant elle , il répondit : « Ma fille Élisabeth » est telle, qu’il ne lui faut un duché pour la ma-
« rier; il lui faut un royaume, encore des plus » grands , tant grande elle est en tout. »
Les fêtes du mariage de la princesse Claude furent très-somptueuses. Le roi, la reine, toute la cour y assistèrent. Les divertissemens durèrent sept à huit jours, pendant lesquels on ne vit que jeux et plaisirs , tant au palais Royal , qu’aux hôtels des princes de la maison de Lorraine, qui tenaient table ouverte à tous venans. Le duc de Guise avait fait même ouvrir un tournoi devant son palais, où tous chevaliers étaient reçus à combattre à la lance et à toutes sortes d’armes.
Charles III, duc de Lorraine, fit briller dans ces exercices, sa grâce, son adresse et sa valeur. « C’é- » tait, dit don Calmet, le plus beau prince de son » siècle. Le roi Henri II le proposait comme un mo- » dèle aux princes ses enfans. Il était si bien fait, » que tous les princes de l’Europe voulaient avoir » son portrait; et Amurat III, empereur des Turcs, » se le faisait apporter tous les ans. »
Sa jeune épouse l’accompagna à Cateau-Cambresis, auprès de Christine, mère du duc de Lorraine, qui désirait la voir : de là elle passa à Mons, où Philippe II, roi d’Espagne, la reçut avec les plus grands honneurs.
Cette princesse, sans être aussi belle que sa sœur
Élisabeth, avait le don de plaire; douée des plus heureuses qualités , ses vertus la rendirent chère à ses sujets; mais elle vécut trop peu pour leur bon- ’ heur; la mort l’enleva le 20 février 1 074; elle n’était pas âgée de vingt-sept ans.
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