‹ Le Château d'Eu (volume 3)Chapitre 39 sur 73 · REI\E DE FRANCE · texte numérisé non relu

REI\E DE FRANCE

Après la mort de Gabrielle d'Estrées, Henri IV avait fait hommage de son cœur à Henriette d'Entragues, qui devint publiquement sa maîtresse sous le nom de la marquise de Verneuil : telle était sa faiblesse pour elle, qu'en 1600 il signa une promesse de l'épouser , et la montra à Sully : pour toute réponse, Sully déchira le papier. « Com- » ment, morbleu! dit le roi, que prétendez-vous » faire? je crois que vous êtes fou. — Il est vrai, » reprit le ministre , je suis un fou , mais plut à Dieu » qu'il n'y en eût pas de plus fou que moi dans » votre royaume ! » Le roi se retira sans rien dire dans son cabinet.

Cependant Sully, qui redoutait l'ambition des d'Entragues et le caractère impérieux de la marquise de Verneuil, négociait pour faire asseoir une

Médicis sur le trône , sans s'effrayer des malheurs que déjà une princesse de cette famille avait causés à la France. Le roi, tout occupé de son amour pour sa maîtresse, qui lui promettait un gage de sa fécondité, laissa agir ses ministres; et Marie de Médicis , fille de François , grand-duc de Toscane , et de Jeanne, archiduchesse d'Autriche, devint l'épouse de Henri IV. « Sa dot s'élevait à six cent mille écus , » sans compter les bagues et joyaux. » Le duc de Bellegarde avait été envoyé à Florence pour épouser au nom du roi cette princesse. Une galère magnifique la conduisit à Marseille; elle se rendit à Avignon, où, ayant été haranguée par le clergé, qui lui souhaita un dauphin, elle répondit : Pregate Iddio, accib mi faccia questa grazia. Elle arriva à Lyon le même jour que le roi. Ce prince, voulant la voir sans être connu, entra, confondu parmi la foule, dans la salle où soupait la reine : à son aspect, les gentilshommes se rangèrent pour le laisser passer; Henri , dont l'intention se trouvait par là contrariée, se retira sur-le-champ. La jeune reine, s'étant aperçue de ce mouvement, ne témoigna pas hautement ses regrets, mais elle cessa de manger, refusa tout ce qu'on lui offrit à table , et rentra dans

son appartement. Henri ne tarda pas à l'y suivre, il. 15

et montra dans ses premiers empressemens m.. extrême vivacité. Marie de Medicis, alors :<■■•■< de vingt; -six ans, était plus remarqua**! par sa

beauté que séduisante par ses grâces; son esprit était peu vif, peu cultivé; elle laiçsiH entrevoîrun

earactère défiant et chagrin. (Cette nouvelle union n'effaça point le souvenir de la marquise de Verneuil : le roi partit en poste de Lyon pour se rendre auprès d'elle, tandis que la reine se rendait à petites journées à Paris. Arrivée dans cette ville, comme l'appartement qui lui était destiné au Louvre n'était pas encore achevé, elle alla loger chez le Florentin Zamet (secrètement soupçonné de n'avoir pas été étranger à la mort prématurée de Gabrielle d'EstréesVCene fut que le 1 5 février 1601 qu'elle logea au Louvre. La marquise de Verneuil lui fut présentée par le roi lui-même : la reine la reçut froidement . et sa jalousie contre elle ne tarda pas à se changer en haine. De son côté, la marquise, fière d'être accouchée au Louvre avant la reine, disait tout haut qu'elle devrait être à la place de la grosse banquière (1). Instruite par ses Italiens des infidélités

(1) On sait que l'illustre famille de Medicis a dû sa première fortune ri

l,i™cCo~r,éaus, mère du régent, raconte dans ses J3EÏS -i«e Marie de Medicis se promenant un .-oraux

de son époux, indignée des outrages faits à ses charmes et à son amour, Marie de Médicis accabla le roi de chagrins domestiques : Sully était sans cesse occupé à les raccommoder. « Combien, a dit » M. Andrieux , faudrait-il déplorer ces infidélités de » Henri , s'il était vrai qu'elles eussent contribué à » causer la catastrophe horrible qui priva la France » de ce bon roi! Les jalouses fureurs de la reine, le » peu d'affliction et de regret qu'elle montra de » l'affreux événement, ont laissé subsister contre » elle des soupçons odieux (i). »

Le roi était à la veille d'entreprendre sa grande expédition d'Allemagne : tout-à-coup l'humeur de Marie de Médicis paraît s'adoucir; elle prend un visage plus riant: «Ayez toujours, lui dit le roi, » cette douceur ; montrez quelque soin pour mon

» Tuileries avec le dauphin , la maîtresse du roi vint aussi dans ce ;jar- » din avec son fils, et dit avec beaucoup d'insolence à la reine : « Voilà nos » deux dauphins qui se promènent, mais le mien est plus beau que le » vôtre. » La reine lui appliqua un rude soufflet en disant : « Qu'on m'ôte » cette insolente! »

(1) Le président Hénault dit que cette princesse ne fut peut-être pas assez surprise ni assez affligée de la mort funeste d'un. de nos plus grands rois.

On raconte aussi , mais comme une anecdote qui n'a point reçu la consécration de l'histoire, que Concini annonça la mort du roi à la reine en grattante sa porte, et en disant ces mots qui prouveraient la complicité de Marie de Médicis : È ammazzato (il est tué).

Sully rapporte'dans ses mémoires que, ce jour-là, il entendit rirc.dttri» les entre -sol s de la reine.

» repos, quelque indulgence pour nies foutes, ef je » prouverai qu'il n \ a rien de si aisé (jue d'être » heureuse avec moi. » Ces feintes caresses de Marie de Médicis n'avaient pour bul que d'obtenir de son époux, avant son départ, d'être couronnée et sacrée. Le roi avait prié plusieurs fois Sully d'éloigner ce maudit sacre, qui deviendrait la cause de sa mort. Marie triomphe, et, le i3 mai 1610, elle est sacrée et couronnée reine de France, dans l'église de Saint-Denis, par le cardinal de Joyeuse, qui lui dit : « Prends la couronne de gloire, honneur et » liesse , afin que tu reluises splendide , et sois cou- » ronnée de joie perdurable.»

Le lendemain de cette cérémonie, Henri IV fut assassiné, et la voix publique fit tomber les premiers soupçons du crime sur le duc d'Épernon, et même sur la reine (1). Le surlendemain, d'Epernon fit investir de gardes le Parlement , s'y présenta lui-même, et, la main appuyée sur son épée, il prononça un discours tendant à faire conférer la régence à Marie de Médicis. « Sur les dix heures.

(1) Le premier président, Achille de Harlay, répondit à un gentilhomme que la reine lui avait envoyé pour lui demander ce qu'il lui semblait de ce procès : « Vous direz à la reine que Dieu m'a réservé à vivre en ce siècle » pour y voir et entendre des choses si étranges que je n'eusse jamais cru

» les voir ni les ouïr de mon vivant 11 n'y a que trop de complices, il

> n'y en a que trop. »

» 8. M. (Louis XIII) arriva au parlement, revêtu » d'un habit violet, monte sur une petite haquenée » blanche : la reine en son carrosse était couverte » d'un grand crêpe noir. » Le parlement rendit en sa présence, le i5 mai 1610, l'arrêt qui la déclarait reine régente de France.

Marie de Médicis porta dans l'administration des affaires publiques cet esprit étroit, irrésolu, tracassier, qui avait fait le malheur de la vie intérieure de Henri IV. « Le temps des rois est passé, » se disait-on, celui des princes et des grands est » venu. Le gouvernement du feu roi, si doux, si » sage, si glorieux, était blâmé presque hautement, » et même méprisé et tourné en ridicule (1). » Des ministres sages et intègres furent remplacés par des favoris : Concini et Léonora Galigaï sa femme s'emparèrent de toute la confiance de la reine, et recommencèrent la scandaleuse domination des mignons de Henri III. En vain les grands seigneurs s'en offensèrent et murmurèrent : « Je sais bien, dit » un jour publiquement Marie de Médicis, que » toute la cour est contre Concini; mais, l'ayant » soutenu contre le roi mon mari , je le soutiendrai » bien contre les autres. » Cette faiblesse opiniâtre,

(1) Mémoires <lc Sully.

jointe à des libéralités qui firent «couler 1rs trésors de la Bastille chez les Bourbons, ehez Icn Guisée, les La Valette, les Villerox, J<s Sillery, protégea un moment Coneini. Mais bientôt il se loi nia deux factions à la cour : celle des princes, qui était appuyée des ducs de Neversetde Bouillon; celle de la maison de Lorraine, à laquelle s'unirent les ducs de Bellegarde et d'Épernon. On arme; Coudé menace; la reine traite avec les mécontens, le i5 mai i6i4- Cette paix de Sainte-Menehould, qui fut dédaigneusement appelée ma/autrue, fut suivie, le i octobre , de l'assemblée du parlement où Louis XIII fut reconnu majeur. L'année suivante, ce prince épousa Anne d'Autriche : ce fut le duc de Guise qui, après avoir conduit jusqu'à la frontière la princesse Elisabeth de France, destinée à l'infant d'Espagne, en ramena la jeune reine à Bordeaux, où le mariage fut ratifié le 11 novembre 161 5.

Cependant Marie de Alédicis voulait toujours gouverner et son fils et le royaume. Elle fit arrêter en 1616 le prince de Condé, dont la puissance et la popularité faisaient ombrage au trône (1). Con-

(1) Le mot de ralliement du parti de ce prince était barre à bas. Dans la maison de France, où les armes sont trois fleurs de lis d'or sur un champ d'azur, il n'y a que le roi qui, comme l'aîné, ait le droit do les porter en plein , c'est-à-dire sans brisure. Les princes de Condé avaient

oini s'empare alors de toute l'autorité. Albert de Luynes, favori du jeune roi, indigné de voir son maître sous ce joug honteux, travaille à renverser ce colosse de faveur. Le 27 avril 1617, lorsque le maréchal d'Ancre entrait au Louvre, Vitry, capitaine des gardes, l'aborde et lui demande son épée : au même instant il reçoit trois coups de pistolet, tombe et expire ; le roi paraît sur son balcon pour autoriser cette action par sa présence. A cette nouvelle, rien ne peut égaler l'étonnement de Marie deMédicis, que sa douleur: elle s'emporte; elle veut se plaindre au roi; on ne lui accorde la faculté de lui parler qu'à la condition qu'elle consentira à s'éloigner, pour un temps, de la cour : il fallut bien y souscrire. Au moment du départ, le roi se rendit dans l'appartement de sa mère; tout ce qu'ils devaient se dire était réglé, jusqu'aux termes et aux gestes. Après avoir balbutié quelques regrets à son fils, et l'avoir embrassé, elle voulut ajouter des prières en faveur de Léonora Galigaï, détenue prisonnière. Louis la regarda en homme embarrassé, et se retira sans rien dire : elle avança pour retenir de Luynes, qui sortait avec le roi; mais ce prince ap-

pour brisure une barre de gueule. Par conséquent , le cri de barre à bas exprimait le désir que le prince de Condé fût roi.

pela plusieurs lois son favori (Fini ton absolu. La reine, fondant en fermée, descendit, se jeta, ra i»ir enveloppée, dans le fond de son carrosse, ci partit pour Blois, lieu qu'elle avait choisi pour retraite. Le roi la suivit des yeux avec l'air satisfait d'un enfant délivré d'un pédagogue importun, et donna le reste de la journée au plaisir.

La reine-mère, enfermée dans le château de Blois comme dans une prison, ne cessait d'employer tantôt les supplications, tantôt les reproches ou les menaces, pour obtenir du roi sa liberté : de Luynes la lui refusa : elle la dut à Ruccellai , riche Florentin, qui parvint à décider le vieux duc d'Epernon à protéger ce dessein. En effet, dans la nuit du 21 au 11 février 1619, Marie de Médicis descendit par une échelle appliquée à la fenêtre de son cabinet, traversa à pied les jardins, accompagnée de Catherine, sa confidente, qui portait la cassette des bijoux: elle monta dans un carrosse qui l'attendait au bout des ponts, et qui était escorté de quinze gentilshommes auxquels Ruccellai servait de guide. A une lieue de Loches, le duc d'Epernon reçut Marie à la tête de ses gardes, entra dans le carrosse de cette princesse, et la conduisit à Angoulème. De Luynes (it marcher des troupes

Contre cette ville : mais, arrêté soit par la voix publique, qui réprouvait cette guerre, soit par le caractère faible du roi, il accepta les conditions du raccommodement proposé au nom de la reine par Richelieu, évêque de Luçon. L'entrevue entre la reine-mère et le fils eut lieu au château de Courcières, près de Tours, le 5 septembre 1619. « Mon- » sieur mon fils, lui dit Marie, que vous vous êtes » fait grand depuis que je vous ai vu ! — Je suis » crû, madame, répondit le roi, pour votre ser- » vice. »

La bonne foi ne présidait pas à ces réconciliations. Marie appuya la cabale formée contre Luynes : une nouvelle entrevue, suivie de la paix, eut lieu le i3 août 1620, au château de Brissac. Le roi, en embrassant sa mère, lui dit : « Je vous tiens, et vous » ne m échapperez plus. » Elle répondit : « Vous » n'aurez pas de peine à me retenir, parce que je » suis persuadée que je serai toujours traitée en » mère par un fils tel que vous. »

La mort de Luynes, survenue le i5 décembre 1621 (1), ouvrit un nouveau champ à l'ambition

(1) On fit sur lui celte épitaphe :

« Monlheur est pris , et la Garonne » Est remise en sa liberté.

• Toutefois le peuple s étonn?

m traeassière de Marie de Médicis, qui reprit une partie de son premier empire sur l'esprit du roi son fils. Rappelée à la tète du conseil, elle \ lit entrer Richelieu, auquel elle abandonna toute ta confiance, avec la direction de toutes ses affaires : elle ne tarda pas à se repentir de son ouvrage. Richelieu avait trop le sentiment de sa supériorité pour se contenter d'un rôle secondaire. De fréquentée brouilleries altérèrent leur bonne intelligence. Marie jura la perte du cardinal, disant « qu'avec un caractère comme celui de ce prélat, » ingrat, malin, ombrageux, vindicatif et ambi- » tieux outre mesure , il n'y avait point de tempé- » rament à prendre. » Elle demande au roi le renvoi de Richelieu, mais en termes si violens, que Louis XIII sort indigné et malade du Luxembourg; c'était le ii novembre i63o, jour connu dans l'histoire sous le nom de fournée des dupes. La reine-mère croit triompher : Saint-Simon soutient le courage du monarque; Richelieu reprend sou

» Du Te Deum qu'on a chaulé

» Pour cette victoire notable ,

» Vu , dit-on, que le connétable

» A trouvé sa mort en ce lieu :

» Mais, pour dire ce qu'il m'en semble .

» La perte et le gain mis ensemble ,

» On a sujet de louer Dieu. »

empire, et tous ceux qui déjà se flattaient d'hériter de son pouvoir sont ou disgraciés ou renfermés dans des prisons d'État.

L'année suivante, elle sentit encore plus tout le danger de lutter contre un esprit aussi puissant que celui de Richelieu. La cour était à Gompiègne : le 2 3 février i63i, Louis fit éveiller sa femme au point du jour; en moins d'une heure tout fut parti, à l'exception de huit compagnies de gardes, qui, sous prétexte de faire honneur à la reine-mère, étaient restées pour la surveiller. À son réveil, Marie de Médicis se trouva dans la plus accablante solitude. Lettres à son fils, plaintes au parlement, appel aux armes contre la tyrannie de Richelieu, elle ne négligea rien pour ressaisir le pouvoir à force de scandale : on la laissa libre , si Compiègne ne lui convenait pas, de choisir une autre résidence. Gaston d'Orléans , son second fils , venait de s'enfuir en Lorraine ; elle se retira dans la Flandre espagnole; ils se rejoignirent à Bruxelles. La reine-mère le reçut comme un fils qui venait partager ses malheurs, et qui pouvait lui servir de consolation et d'appui : elle vit qu'il souhaitait que son mariage avec la princesse Marguerite de Lorraine lui reconnu , et elle se prêta à ses désirs. Mais,

séduit par les caresses de Richelieu, qui redoutait la réunion de Marie dé Wédicis et (lu duc d'Orléans, Gaston revint à la cour de France : Marie, obligée par bienséance de quitter les Pays-Bas à cause d'une nouvelle déclaration de guérie des Espagnols contre les Français, alla demander un asile à son gendre, Charles I, roi d'Angleterre. Ce monarque intercéda auprès de Louis XIII pour le réconcilier avec elle ^ Louis s'en rapporta à smi conseil du sort de sa mère : il n'y eut pas une voix pour la rappeler en France. Le seul Bouthilier opina de la placer à Avignon : tous les autres conclurent de la reléguer à Florence, et Louis donna à cette décision le sceau de son approbation. Marie de Médicis aima mieux rester en Angleterre tant que Charles I put lui donner asile : elle se réfugia ensuite à Cologne, d'où elle chercha encore à se rendre redoutable par ses intrigues secrètes, autant que par ses plaintes publiques. Mais, abandonnée, réduite, faute d'argent, à retrancher tout appareil royal , à renvoyer ses domestiques et à se borner au nécessaire, elle mourut dans cette ville le 3 juillet 1642. L'abbé Fario-Chigi (depuis pape sous le nom d'Alexandre VII), qui l'assistait à son lit de mort, lui demanda si elle pardonnait à ses

ennemis; elle répondit : « Oui, de tout cœur. — » Madame, ajouta l'internonce, ne voudriez-vous » pas , pour marque de réconciliation , envoyer à » M. le cardinal de Richelieu le bracelet que vous » avez à votre bras? » La reine tourna la tète en s'écriant : « Questo è pur troppo ! (Ah ! c'en est trop ! ) » On ne peut se défendre d'un sentiment pénible en voyant finir si misérablement la veuve du plus grand de nos rois : ce serait une terrible leçon de la Providence, s'il était vrai que Marie eût été dans le secret de l'attentat du i4 mai i6ro !... Dans tous les cas, son caractère impérieux, turbulent, opiniâtre, ne devait que lui attirer des malheurs. Personne, si ce n'est Catherine de Médicis, n'avait porté plus loin l'emportement et l'esprit de vengeance. Elle ne pouvait souffrir ni remontrances ni obstacles : lorsqu'elle était forcée de se contraindre, l'altération de ses traits trahissait les mouvemens violens de son âme. Louis XIII redoutait ses emportemens : « Le maréchal d'Ancre, » disait-il à ses confidens , sera la ruine de mon » royaume; mais il ne faut pas dire cela à ma mère, » parce qu'elle se mettrait en colère. *> Ses passions étaient extrêmes; aveugle dans ses affections, elle était implacable ds»6 ses haines. Elle était fort se-

vère sur les mœurs de sa maison. Le baron de Ternies ayant été surpris, une nuit, dans l'appartement de la demoiselle Sagonne, Marie de Médicis la renvoya, ainsi que la gouvernante des filles de la reine , et supplia le roi de j aire trancher la tête au

baron de Termes Ce galant seigneur en fut quitte

pour un exil de quelques mois.

Elle était superstitieuse, croyait à l'astrologie, et consultait les devins dans toutes ses grossesses, pour savoir si elle mettrait au monde un prince ou une princesse. Un jour, étant accouchée d'une fille, au lieu d'un garçon qu'on lui avait prédit, elle eut envie de faire pendre l'astrologue qui l'avait trompée.

Marie de Médicis tenait de ses ancêtres quelque goût pour les beaux-arts. Paris lui doit le palais du Luxembourg, commencé en i6i5 par Desbrosses, sur le modèle du palais Pitti de Florence , et la superbe collection des tableaux allégoriques de Rubens : elle a fait aussi construire l'aquéduc d' Arcueil, et fondé le couvent des religieuses du Calvaire.

Richelieu lui fit faire de magnifiques funérailles. Cette tardive déférence était digne de sa politique : il est d'ailleurs si commode et si facile d'honorer les restes d'un ennemi qui n'est plus!

127bis.

LA MÊME

127ler.

LA MÊME

Dans le fond du tableau, on aperçoit la ville de Cologne, où cette reine termina ses jours.

Elle tient à la main une rose ; à ses pieds est un petit chien.

c athekim: de bourbon ,

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