‹ Le Château d'Eu (volume 3)Chapitre 41 sur 73 · PREMIER DU NOM, PUINCE DE CONDÉ · texte numérisé non relu

PREMIER DU NOM, PUINCE DE CONDÉ

(Peint d'après un portrait de la collection de Condé, qui appartient à S. A. R. le duc d'Aumale.)

Henri I de Bourbon , prince de Condé , duc d'Enghien , gouverneur de Picardie , naquit à La Ferté-sous-Jouarre le 29 décembre i55a.

Il était fils aîné de Louis de Bourbon , premier du nom , etd'Éléonore de Roye, sa première femme.

Après que son père eut été tué à la bataille de Jarnac, en i56c), il alla joindre, avec son cousin, Henri de Navarre, l'armée de l'amiral de Coligny. Jeanne d'Albret y amena les deux princes, dont le jeune âge (ils avaient à peine seize ans) intéressait et enthousiasmait les troupes.

Lorsque la paix de Saint-Germain eut été conclue entre les deux partis, le 8 août 1670, le jeune

prince de Condë se retira à La Rochelle, où la reine de Navarre veillait attentivement à sa sûreté, ainsi qu'à celle de son fils. Enfin ils ne purent résister plus long-temps aux invitations réitérées de la cour, et ils se rendirent au château de Blois, où elle les attendait.

Pendant le massacre de la Saint-Barthélémy, on résolut d'épargner les deux princes, mais on les retint prisonniers au Louvre, et on les contraignit, à force de menaces, à changer de religion. En 1 574? ils s'entendirent avec le duc d'Alençon et Marguerite de Valois pour s'enfuir de la cour et s'emparer de quelques villes au nom des huguenots. Mais une entreprise inutile sur Mantes et une dénonciation de La Mole, favori du duc d'Alençon, déconcertèrent leurs projets. Les trois princes furent arrêtés. Le prince de Condé, au milieu du tumulte, parvint à se sauver. Après avoir séjourné quelque temps en Allemagne, il rentra en France avec une armée de reîtres, mit Dijon à contrihution, ainsi que La Chartreuse, rasa la maison du seigneur de Ta van nés, et déclara qu'il obéirait au roi de Navarre, qui, devenu libre en s'échappant durant une chasse, avait abjure le catholicisme et s'était mis à la tête des protestant Le duc d'Alençon, reconnu d'abord par

les huguenots pour leur chef, se voyait efface pai le Béarnais, et cette rivalité jetait la division dans le parti. Catherine de Hédicis profita de l'occasion pour négocier, et une nouvelle pacification eut lieu le i4 mars 1576. Le prince de Condé fut nommé gouverneur de Picardie; mais cette province, qui était toute catholique, ne \ oui ut pas le recevoir.

11 fut excommunié en 1 585 avec son cousin par le pape Sixte-Quint. Il continua de combattre pour le calvinisme. En 1 586, il perdit beaucoup des siens . et plusieurs capitaines distingués, comme Rieux, Laval et Tanlay, dans une charge qu'il fit près Saintes contre le régiment de Tiercelin.

Il mourut à l'âge de trente-six ans , le 5 mars 1 588 , à Saint-Jean-d'Angely, empoisonné par ses domestiques. Sa jeune épouse , Charlotte de La Trémouille , qu'il laissait grosse, fut accusée d'avoir payé le crime pour cacher ses amours avec un page, d'autres disent avec Henri IV lui-même. Mais le Parle-1 ment reconnut son innocence. Henri IV avait, diton, fait jeter au feu les pièces du procès.

Henri de Condé était actif et vaillanl . el , quoique mort bien jeune, il marcha dignement sur les traces de son père, a Ce prince, dit LKstoile, étoit

» homme de bien en sa religion , et avoit un cœur » royal. »

Il avait épousé : i° en juillet iSyi, Marie de Clèves, fille de François I, duc de Nevers, et de Marguerite de Bourbon; i° le 16 mars i586, Charlotte-Catherine de La Trémouille, fille de Louis III, seigneur de La Trémouille, et de Jeanne de Montmorency.

FRANÇOIS DE BOCRRON ,

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