LE MARÉCHAL DE THEMINES
(Peint d'après un portrait qui est dans la collection du château de Beauregard. )
Pons de Lauzières, marquis de Thémines, chevalier des ordres du roi, maréchal de France, sénénéchal du Quercy , gouverneur de Bretagne , était fils de Jean de Thémines, seigneur de Lauzières, et de Jeanne de Puymisson. Il naquit vers i55a. Il suivit fort jeune la carrière des armes. Il montra le plus grand dévouement à Henri III et à Henri IV, et se distingua par sa valeur en servant sous eux. Sénéchal du Quercy, il conserva au roi cette province, et chassa les ligueurs du Rouergue et du Haut-Languedoc. En 1592, il se jeta dans Villemur, qu'assiégeait Joyeuse, défendit cette place avec intrépidité, et battit complètement le duc, qui, dans sa retraite précipitée, se noya avec plus de sept cents des siens.
Thémines fui nommé maréchal c\v France en
1G1G. Quoique ses services lui méritassent bien cette récompense | il parait certain qu'il ne la dut qu'à l'arrestation du prince de Condé. On \a même jusqu'à citer ces paroles de la reine-mère au nouveau maréchal : «Connue vous ne pouviez rien » faire qui fut plus utile à l'État, il est juste que !a » récompense soit proportionnée au service. » Fontenay-Mareuil dit, dans ses mémoires, qu'on lui donna encore plusieurs charges honorables pour ses fils, et cent mille écus, au lieu du gouvernement de Calais qu'on lui avait fait espérer.
L'année d'après, il fit reconnaître l'autorité royale dans presque toute ia Champagne. En 1621 il assislait, sous les ordres de Louis XIII, au siège de Montauban. Plus tard ilprit aux rebellesles places dont ils étaient maîtres dans le Languedoc, excepté Castres, que la duchesse de Rohan défendit en héroïne. Il échoua aussi devant le Mas-d' Asile.
En 1626, il fut nommé par Richelieu gouverneur de Bretagne, et mourut àAuray, le i€r novembre de l'année suivante, âgé de soixante-quatorze ans. Son corps fut transporté à Cahors, et inhumé dans le caveau de sa famille.
Thémines était libéral, magnifique , grand dissipateur, ne s'inquiélanl nullement du paiement de
ses dettes; il était rempli de grâce et d'affabilité, et, malgré sa bravoure, plus habile courtisan que «ranci guerrier; il cédait toujours au premier élan : dès qu'il avait jugé la position de l'ennemi, il l'attaquait, fût-il inférieur en forces.
Il avait épousé, en premières noces, Catherine d'Ébrard de Saint-Sulpice , et en secondes Marie
de La Noue.
Ses deux fils aînés furent tués de son vivant , l'un au siège de Montauban, l'autre à celui de Moulins.
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