‹ Le Château d'Eu (volume 3)Chapitre 56 sur 73 · DUCHESSE DE JOYEUSE , DE MONTPEIVSIER ET DE GUISE · texte numérisé non relu

DUCHESSE DE JOYEUSE , DE MONTPEIVSIER ET DE GUISE

Henriette Catherine de Joyeuse, fille unique de Henri, comte du Bouchage, maréchal et duc de Joyeuse, et de Catherine de Nogaret de La Valette, naquit le 8 janvier 1 585. Henri, duc de Montpensier, n'ayant pu obtenir la main de Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV, épousa Catherine de Joyeuse le i5 mai 1 597 : elle n'était alors que dans sa douzième année. Restée veuve à vingt-deux ans, c'était un parti trop brillant pour n'être pas recherché par tout ce que la cour avait de plus distingué. Charles de Lorraine, duc de Guise, qui avait un moment rêvé la couronne de France promise par l'orgueil de Philippe II au prince français qui épouserait l'infante Isabelle sa fille, avant vu ren-

verser celle présomptueuse espérance, s'unit en 161 1 avec Catherine de Joyeuse.

Cette princesse n'eut d'autre enfant de son premier époux que Marie de Bourbon -Montpensier , première femme de Gaston de France , duc d'Orléans, et mère de la célèbre mademoiselle de Montpensier.

Elle avait partagé à la cour la faveur de son second époux ; elle partagea son exil lorsque le cardinal de Richelieu exigea du roi l'éloignement de ce prince. Elle l'accompagna à Florence, où il se retira ; et, après avoir recueilli à Cuna son dernier soupir, elle revint en France. Mademoiselle de Montpensier se plaint amèrement des efforts qu'elle fit pour la brouiller avec Gaston son père. « Sur la » fin du carnaval i656, dit cette princesse dans ses » Mémoires, il vint une méchante troupe de comé- » diens à Saint-Fargeau ; je les fis jouer peu de » temps , parce qu'on me manda que madame de » Guise était malade ; elle mourut quelques jours » après... On lut le testament, ensuite on me l'en- » voya : il était écrit de sa main , et derrière il y avait » une évaluation de ses biens pour montrer la jus- » liée el l'équité avec lesquelles elle en avait fait le » partage à ses enfans. Je me trouvai déshéritée ; ce

9 qui me surprit fort : je ne croyais pas <ju après » m'avoir ôté tant d'effets dans nus affaires avec » S. A.. R. t elle fui encore d'humeur à faire des libë-

» ralités à mes dépens à ses autres héritiers. »

Mais, par un singulier retour de fortune, mademoiselle de Montpensier hérita même de tous les biens des enfans qu'Henriette Catherine de Joyeuse avait eus du duc de Guise.

J/î6bis.

LA MÊME

CHARLES DE LORRAINE

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