‹ Le Château d'Eu (volume 3)Chapitre 7 sur 73 · FRANÇOIS DE BOURBON · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE BOURBON

COMTE D">ENGIIIEN.

(Peint sur bois.)

François de Bourbon, comte d'Enghien, gouverneur de Hainault, de Piémont et de Languedoc, étai t le troisième fils de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, et de Françoise d'Alençon, veuve de François d'Orléans , onzième du nom , duc d< Longueville.

Il naquit au château de La Fère, le a3 septembre i5icj.

En 1 543, le roi l'envoya prendre le commandement de l'armée de Piémont. L'arrivée de ce prince, qui avait une réputation de bravoure et de générosité, répandit la joie parmi les soldats, et leur donna une excitation nouvelle. Le comte d'Engbien brûlait de livrer combat; il en obtint enfin la permission du roi. Il gagna sur le marquis duGuast,

lieutenant-général de l'empereur, la bataille de Cerizoles, le 1 4 avril 1 544- Deux charges inconsidérées qu'il avait faites , et la lâcheté des habitans du comté de Gruyère, faillirent la lui faire perdre. Biaise de Montluc raconte ainsi, dans ses commentaires , la position critique du comte d'Enghien : « 11 estoit au désespoir, maudissant l'heure que ja- » mais il avoit esté né, voyant la fuite de ses gens » de pied , et qu'à peine lui restoit-il cent chevaux » pour soustenir le choc. M. de Pignan ( qui estoit » à lui), me dit que deux fois il se donna de la » pointe de l'espée dans son gorgerin (i), se vou- » lant offenser soi-mesme, et me dit au retour » qu'il s'estoit veu en tel estât lors, qu'il eût voulu » qu'on lui eust donné de l'espée dans la gorge. »

Cette victoire jeta l'effroi dans les villes ennemies , et beaucoup se rendirent à François de Bourbon, entre autres Carignan.

Ce jeune et malheureux prince termina à vingtsix ans, par un accident funeste, une vie dont les brillans commencemens annonçaient un bel avenir. Il mourut au château de la Roche-Guyon, le /> février 1 54"§? de la chute d'un coffre que quelques seigneurs qui jouaient lui ûrenl tombée sur la trie

i Monfai^nc rit»- oelte anecdote dans ses Essais

Son corps fui enterré dans l'église de Saint-Georg de Vendôme. Le roi et la cour montrèrent un grand

regret de sa perte.

François de Bourbon avait de nobles qualii Biaise de Montluc, que nous avons déjà cite, dit quV/ promettait beaucoup de luy pour astre doue d'infinies bonnes parties , estant doux, humain, vaillant, sage et libéral.

Ferrand de Bez, poète du temps, qui a laissé un abrégé de l'histoire de France dont plusieurs vieux auteurs font mention, imprima en 1 548, à Paris, parmi plusieurs autres pièces de vers, une déplora tion en forme d'églogue, puis un rondeau sur le trépas de François de Bourbon, comte dEnghien.

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