‹ Le Château d'Eu (volume 5)Chapitre 27 sur 90 · PIERRE II · texte numérisé non relu

PIERRE II

DUC DE BOURBON

Pierre II , duc de Bourbon et d'Auvergne, comte de Clermont , seigneur de Beaujeu , etc. , pair et chambrier de France, quatrième fils de Charles I, duc de Bourbon et d'Agnès de Bourgogne, né en novembre i43c)? marié en i474 à Anne de France, fille aînée de Louis XI et de Charlotte de Savoie.

En 1472? ce prince fit une expédition en Gascogne contre le comte d'Armagnac; après un premier succès, il fut livré, ainsi que la ville de Lectoure , à son ennemi. Sorti de prison à la mort du comte d'Armagnac , le roi lui fit don du comté d'Armagnac pour l'indemniser de quinze mille écus d'or qu'il avait perdus à la surprise de Lectoure, et l'accueillit, à son retour, avec les plus grandes démonstrations de joie. Il avait de l'esprit, de la mo-

dération , et était dans un état de médiocrité de fortune que Louis XI désirait dans les princes du sang, afin de les tenir dans une plus humble dépendance. Le roi lui donna sa fille en mariage et le nomma chef de ses conseils en i47^.

Chargé de marcher contre le duc de Nemours , qui s'était révolté, il se récusa ensuite pour le juger; mais ce malheureux prince, après avoir été promené de prison en prison dans une cage de fer, fut condamné à mort en 1477. Monté sur un cheval couvert d'une housse noire , précédé du parlement en corps, il traversa toute la capitale, et monta sur un échafaud, au-dessous duquel on avait placé ses enfans vêtus de blanc...

Beaujeu, à la mort de Louis XI, demeura chargé, concurremment avec sa femme, Madame, de l'administration du royaume; mais on sait que c'était Madame qui gouvernait, et que c'est à ses hautes vertus plus encore qu'à la prudence de son époux que le royaume dut la prospérité dont il commença à jouir malgré tous les élémens de troubles et tous les dangers qui environnaient le trône.

Surpris par la fièvre à Cluny , Pierre se fît transporter dans son palais à Moulins; il soutint les approches de la mort avec ce courage que donne la

religion. Il avait obtenu du pape une bulle qui lui permettait d'avoir toujours dans ses appartemens une hostie consacrée ; il l'adorait avec la même foi que son aïeul saint Louis. Ses funérailles furent célébrées avec la même pompe que celles des rois. Il emporta au tombeau le surnom touchant de Prince de la Paix et de la Concorde.

C'est en lui que finit, en 1 5o3, la branche aînée de la maison de Bourbon.

ANNE DE FRANCE

Page 1